Feuilleton NSEA roman sf – 2ème épisode

11102017

Feuilleton NSEA roman sf 2

A Houston.
Dans le prolongement du bâtiment « administration et opérations », d’énormes hangars assemblent les fusées en position horizontale. Devant le plus grand hangar on peut apercevoir un quai de débarquement avec des plates-formes qui ont pour fonction de soulever des pièces lourdes d’engins qui arrivent à cet endroit par camion-remorque à plate-forme surbaissée en provenance du port de Galveston dédié aux activités spatiales de Houston dans le Golfe du Mexique débouchant au loin sur l’Océan Atlantique. A partir du plus grand hangar se profilent sur une épaisse route bétonnée, des rails trois fois plus épais que des rails de chemin de fer, de 15 feet, (cinq mètres) d’écartement sur une longueur qui semble s’estomper au-delà de l’horizon au loin vers le Golfe, longs de deux kilomètres. Au bout de ce chemin, se dressent les quatre tours ascenseurs métalliques hautes de 75 mètres au milieu desquelles se tiennent parfois majestueusement des fusées de 115 mètres de haut. Aujourd’hui rien ne se profile à l’horizon. D’énormes travaux ont eu lieu à Houston, ils ont creusé deux puits profonds d’une centaine de mètres. Le tout ferraillé et bétonné avec d’imposants murs très épais. Tous les spécialistes autour du programme « Mars Pneuma » se connaissent. Beaucoup se rencontrent déjà devant le bâtiment, le temps s’y prête en ce mois d’août 2013, le 21 exactement. Au Texas, il fait toujours bon. A 10 heures 30 la salle se remplit de tous les acteurs de la plus grande aventure humaine qui va débuter sa première phase dans l’espace, dans un mois et dix jours. D’abord à partir de Kourou, avec les 2 vols VREN-3 et 4, puis d’ici de Houston les 2 vols VUSA-5 et VUSA-6 et les 3 vols VREN-7, VREN-8 et VREN-9 de Baïkonour. L’audience ressemble par les regards inquiets et l’habillement des hommes et des femmes présents à celle qui se tenait à Fontainebleau une dizaine de jours auparavant, d’ailleurs Léo et les spationautes européens ont reconnu quelques têtes rencontrées à ces premières festivités. Ici les conditions vont changer d’une manière draconienne. Le président de la NSEA, Orson Trueman prend la parole :
- Mesdames, Messieurs voici le moment venu de vous annoncer ce qui se passera inéluctablement au mois de novembre 2015 ici sur notre base spatiale de Houston. Nous lancerons VUSA-13H notre treizième vaisseau, le premier vaisseau habité de la NSEA le 20 novembre. Ce vaisseau emportera quatre astronautes, toujours avec notre procédure « d’opposition » non pas la version la plus courte, mais non plus la plus longue, pour une période d’absence de Terre de 930 jours.

C’est à bord d’un autre vaisseau que le véhicule à six roues le « S-6 » sera acheminé sur Mars, pour les déplacements sur son sol. Il est prévu que le véhicule parcourra au minimum 1000 km à la surface de Mars, pour explorer le sol, les rochers, la poussière et la glace qu’il trouvera. Ce véhicule possède à son bord une machine « drilling equipment » capable de forer le sous-sol jusqu’à 1000 mètres de profondeur. Nous savons qu’il y a incontestablement de l’eau sur Mars et en grande quantité, si l’eau glacée n’est pas assez limpide à la surface, nous irons la chercher jusque dans le permafrost. Nous aurons de l’eau et l’eau nous servira dans de très nombreuses applications. Le véhicule «S-6» voyagera à bord du vaisseau VUSA-15 avec d’autres équipements. Les quatre premiers astronautes atterriront à bord du vaisseau de l’étage « 4 » qui servira de descente et de remontée sur Mars, le VUSA-13H. Ils se serviront du troisième étage plein d’ergols à 50%. Les quatre hommes iront rejoindre le matériel qui se trouve déjà sur place, notamment les quatre modules d’habitation dans lesquels ils rentreront d’abord par le sas de décompression où de l’air respirable sera insufflé, puis ils enlèveront leur scaphandre et feront leur toilette. Les quatre premiers à fouler le sol martien rendront rapidement les deux autres modules non seulement habitables mais aussi accueillants pour les quatre astronautes suivants qui arriveront deux jours terrestres plus tard. Le véhicule « S-6 » sera déchargé et garé à l’abri d’un rocher touchant l’un des modules. Le « six roues S-6 » permet d’y loger aisément trois astronautes pendant les longues randonnées que nos hommes entreprendront. Il contient aussi une petite cabine sas pour les sorties des explorateurs. Lors des randonnées, si trois astronautes partent en mission, obligatoirement trois autres resteront en veille pour les télécommunications et aussi au cas où il faudrait porter assistance aux trois premiers. Equipes de trois est un minimum car il faudra compter en cas d’urgence sur tous les hommes présents sur Mars. Je donne la parole à Arnaud Rivière qui nous expliquera le déroulement des opérations concernant le vaisseau VUSA-14H, à vous Arnaud !
Arnaud prend la parole malgré que le vol suivant soit un vol US :
- Merci Orson ! VUSA-14H est le vol du quatorzième vaisseau de la NSEA, prévu inéluctablement pour reprendre vos mots, à bord duquel prendront place quatre astronautes sur les huit qui partiront vers Mars. Ce vaisseau sera essentiellement un transport de passagers, avec leur réserve de carburant spécial fusée ergol, de provisions alimentaires et d’eau en quantité limitée mais suffisante. N’oublions pas que l’usine qui sera bientôt sur le site, fabriquera le précieux carburant nécessaire au retour des deux vaisseaux, et celle-ci produira également en quantité appréciable, de l’eau rendue potable. Nous avons pris des précautions pour avoir à disposition tout le carburant nécessaire au retour des deux vaisseaux, nonobstant la production martienne. Mais avant de pouvoir nous rassasier à cette fontaine, un vaisseau de la NESA nous aura déjà apporté une cargaison d’H2O à bord du vol VREN-12 qui partira de Baïkonour le 18 novembre 2015. Ces premiers huit spationautes marsonautes se consacreront d’abord à rendre habitable et confortable le premier campement sur la planète rouge à l’aide des modules que nous aurons envoyés précédemment par notre méthode automatisée. A l’intérieur tout y est aménagé pour un confort maximal. A l’extérieur dans d’autres tentes containers gonflables qui seront acheminés par les mêmes vaisseaux cargo des vols VREN, se trouvent des quantités de provisions et d’eau suffisantes pour trois années. Le revêtement des modules d’habitation sont adaptés pour supporter des températures allant de 40°C à moins de –160°C, c’est une marge tout à fait convenable. Les panneaux solaires ne seront pas aussi efficaces que sur Terre mais suffisants pour les besoins immédiats. Nous avons évalué que le module « usine de raffinage » à partir du dioxyde de carbone combiné à de l’hydrogène, permettra en une dizaine de jours de bénéficier déjà de cette énergie d’origine gazeuse convertie à nos normes d’utilisation. Nous savons tous ici que les allumettes et les briquets sont interdits sur Mars – mais bien sûr, je plaisante car chacun revêtira un scaphandre totalement hermétique aux gaz environnants et isolant contre les températures plutôt très basses que hautes et très variables. Donc, sur deux semaines au mois de novembre 2015, un vaisseau suivra l’autre, ou si vous préférez le « 14ème » suivra le « 13ème ». La troisième et la quatrième semaine du mois de novembre 2015, nous offrent les meilleures fenêtres de tir sur une période évaluée à un mois. Après, il sera trop tard, nous ne pourrons plus envoyer de vaisseau vers Mars, faute de ne plus pouvoir rattraper la planète rouge ou difficilement en utilisant des réserves d’ergols prévues pour d’autres manœuvres. Nous aurons amplement le temps de procéder à tous nos lancements car le moindre détail a été prévu depuis longtemps à l’avance. Nous utilisons des moyens technologiques spécifiques précis qui utilisent un effet de fronde combiné à la gravité du Soleil, de la Terre et de Mars et parfois celle de Vénus qui manifeste aussi dans certains cas de figure son influence. Les trajectoires Terre-Mars et Mars-Terre sont déterminées par des données précises qui ressortent des résultats de calculs de nos ordinateurs surpuissants de Fontainebleau et le super-ordinateur américain « Franklin », ainsi que ceux de la NSEA en Europe. Le départ du vol VUSA-14H est calé pour le 22 novembre 2015. Si vous voulez bien, reprenons toute la série des vols de novembre 2015 en y incluant les vols habités, par dates de départ :

Départ de Baïkonour
VREN-10 départ le 14 novembre 2015 carburant SL100 tonnes orbite Mars.
VREN-11 départ le 16 novembre 2015 carburant SL100 tonnes Orbite Mars.
VREN-12 départ le 18 novembre 2015 Eau de source.

Départ de Houston
VUSA-13H départ le 20 novembre 2015 des 4 spationautes. 3ème étage atterrit sur Mars.
VUSA-14 départ le 22 novembre 2015 des 4 spationautes. 3ème étage atterrit sur Mars.
VUSA-15 départ le 24 novembre 2015 équipement, véhicule « S-6 » et produits alimentaires.
VUSA-16 départ le 26 novembre 2015 équipements divers et produits alimentaires.
Je vous remercie pour votre attention ! Termine Arnaud Rivière et Orson Trueman reprend la parole pour indiquer :
- Mesdames, Messieurs, notre conférence continue ce soir à partir de 19 heures. Nous traiterons du deuxième volet qui nous a amenés à pouvoir enfin réaliser notre programme « Mars Pneuma ». Des précisions et des explications seront portées à votre connaissance. J’invite maintenant tous les participants à rejoindre les groupes de travail et d’information pour les détails des opérations à venir autour des quelques tables dans les autres salles adjacentes. Merci pour votre attention et à ce soir !

Les journalistes se précipitent à l’extérieur et entament de longs monologues avec leur téléphone portable en faisant des gestes comme si leur interlocuteur les voyait pour mieux se faire comprendre. Certains tournent sur place, d’autres tapent du pied, d’autres lèvent un bras en l’air dont la main tient encore un papier. Les plus consciencieux s’installent aux petites tables dispersées un peu partout jusque dans les niches prévues pour eux et parlent dans le micro accroché à leur chemise ou chemisette pour les filles tout en tapant sur leur ordinateur portable leur article à sensation du jour. Tant pis pour les fautes la secrétaire reprendra le tout pour tout bien aligner sans faute aucune dans les colonnes de « Washington Gazette », le « London Scientist », « Daily comments », « New-York breaking news », « Algemien journal ab Amsterdam », « Les nouvelles du matin », « Le journal du jour » et bien d’autres.
« C’est tout de même quelque chose d’incroyable, quelque chose d’inhabituel ! » dit un commentateur devant une caméra de télévision et cela lui donne l’idée de rassembler immédiatement quelques spécialistes autour d’une table, comme on dit, pour discuter à vif d’un tel événement. Peu à peu les gens quittent Houston, mais des émissions de télévision en direct ont lieu aussi sur le champ. Arnaud Rivière est invité avec Léo Templer, Marc Peyratener, William Lorren, Hans Gotten et Stéphane Viardeau. Ils s’installent dans une des nombreuses salles audio visuelle autour d’une table. Sur le fond du studio passent des images très grandes de fusées qui décollent, des vaisseaux navigant dans l’espace, des sorties d’astronautes extra véhiculaires et continuellement le sigle de la NSEA. Le journaliste présentateur américain de la chaîne NACSF de San Francisco entame la conversation ne sachant pas trop par quel sujet commencer, nos interlocuteurs européens ont l’habitude de ces interviewes et ils parlent couramment l’anglais, même avec un accent américain, sauf William Lorren, bien entendu :
- Avant de commencer, laissez-moi vous dire que notre chaîne est regardée lors d’événements de grande importance par 80 millions de téléspectateurs. J’espère qu’aujourd’hui nous allons dépasser ce chiffre habituel et que nous approcherons de la centaine de millions de téléspectateurs. Nous transmettons aussi nos émissions avec vos collègues européens, nous travaillons ensemble, ils ont toujours quelqu’un qui traduit lorsque c’est nécessaire, mais la plupart du temps nous donnons le circuit image et vos journalistes prennent la parole en utilisant nos techniques.
Tout à coup, le signal rouge s’allume « on air in 2 minutes » et le décompte décroissant est entamé. Le présentateur dit « nous allons commencer, top ! »
- J’aimerais vous poser beaucoup de questions, mais vous vous doutez bien que nos astronautes américains nous ont déjà renseignés sur beaucoup de sujets, j’aimerais simplement avoir votre confirmation sur leurs points de vue en ce qui concerne cette nouvelle aventure dans le cosmos.
Arnaud Rivière lui répond :
- Nous allons peut-être vous décevoir un peu car nous répéterons la même chose que nos collègues américains.
Le présentateur journaliste reprend :
- Ce n’est pas tout à fait ce que je crois, car ils ne nous ont pas répondu à toutes les questions. Croyez-vous que le moment soit bien choisi depuis l’année 2012 d’envoyer 14 vaisseaux spatiaux, en plus des deux qui ont déjà placé deux satellites très coûteux en orbite martienne haute pour les télécommunications en relation avec le programme « Mars Pneuma » ? Sachant qu’il y a trois ans de cela, le projet était d’envoyer 7 vaisseaux spatiaux seulement. Les calculs montraient que l’expédition coûterait la somme colossale de 30 milliards de dollars. Vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement américain avait préféré suspendre l’exploration spatiale pour quelques années…
Arnaud Rivière répond :
- Vous n’êtes pas sans savoir que l’OMN a examiné ces questions en 2010 et que la décision avait été que seuls les pays concernés par le projet devaient prendre la responsabilité du programme, comme pour mon pays, la NSEA est une organisation internationale, mais indépendante des états. Les états participent et ont un droit de regard mais la gestion et les prises de décisions sont inhérentes à la NSEA. Notre organisation se trouve dans chacun de nos pays où des accords ont été trouvés avec le gouvernement de chacun des pays concernés et nous ne rencontrons pas de problèmes majeurs.
Le présentateur continue sur sa lancée :
- Vous dites que vous ne rencontrez pas de problèmes majeurs, mais les fonds, qu’en est-il des fonds, est ce que la NSEA a bien la possibilité de gérer des sommes aussi colossales et comment s’y prend-elle ? Arnaud Rivière répond :
- Mais votre question est celle qui a déjà été discutée et résolue en 2010 par l’OMN, maintenant nous gérons les capitaux dont nous avons la charge et de toute façon, comme vous le savez une grande partie de l’exploration spatiale est tombée dans le domaine privé depuis que les états ont proclamé que quarante neuf pour cent de ce domaine devait revenir aux sociétés privées.
William Lorren intervient :
- Vous savez bien que ces sociétés privées pour la plupart d’entre elles, sont aidées par les états de nombreuses façons, les états sont partie prenante.
L’interviewer s’adresse aux spationautes maintenant :
- Comment expliquez-vous, vous les astronautes qu’avant, envoyer une fusée dans l’espace coûtait des centaines de millions de dollars et maintenant vous vous permettez d’en envoyer seize ! Expliquez un peu, qu’on comprenne !
Stéphane Viardeau se lance :
- Ecoutez mister, vous ne voulez pas, semble t-il réfléchir sur le fait que la NSEA a pris une décision justement en 2010 pour adopter de nouvelles techniques qui ont révolutionné les habitudes en matière de lancement de fusées très lourdes comme votre « SAT » la plus lourde de toutes et qui place les plus grosses masses en orbite.
Le présentateur enchaîne sur les moteurs des fusées :
- Je ne suis pas un grand spécialiste comme vous, mais d’après ce que j’ai appris, aucune nouveauté n’a amélioré les performances des moteurs des fusées…
Marc Peyratener veut remettre les choses à leur place et il dit :
- Mister des améliorations, il y en a, mais nous ne pouvons pas vous en parler, je vous suggère de venir à la conférence de ce soir dans la grande salle, je crois que justement tous ces sujets seront abordés avec les représentants de la Commission internationale de l’Espace auprès de l’OMN.
Le présentateur de la chaîne NACSF de San Francisco remercie les spationautes et Arnaud Rivière, puis il promet d’assister à la conférence spéciale du soir. Léonard Templer vient rejoindre le petit groupe et tous ensemble vont casser la croûte au restaurant de leur hôtel « Flying Saucer ». Une serveuse arrive et leur demande:
- Can I help you gentlemen, I would suggest roastbeef with mash potatoes and mash celery, and this is our today’s main meal! (Puis-je vous aider Messieurs, je suggérerais le roastedbeef avec purée de pommes de terre et purée de céleri, c’est notre plat du jour !)
Arnaud Rivière est parti déjeuner avec le président de la NSEA de Houston Orson Trueman. Les spationautes Européens connaissent bien la serveuse, ils lui font confiance. Elle revient déjà avec deux assiettes du plat du jour et Marc lui dit :
- You know pretty, I feel like being at home, ici au « Flying Saucer » je me sent comme à la maison!
- Oh mais, c’est parce que vous venez souvent nous voir Marc !
Lui répond-elle, en mettant devant lui sur la table une belle assiette bien garnie et une autre devant Stéphane. Elle court en cuisine et sert les autres, avec son sourire gentil, mais qu’il ne faut surtout pas mal interpréter, nous sommes en Amérique. Le service continue jusqu’au désert, puis un café. Un petit repos chacun dans sa chambrée et on se prépare déjà pour la conférence exceptionnelle que donneront les directeurs de toutes les représentations de la NSEA. Vers 18heure 30 Kathy la réceptionniste du soir du « Flying Saucer » s’aperçoit que les Européens sont partis s’installer à leur grande table habituelle du restaurant, elle les rattrape et leur annonce :
- Gentlemen, la NSEA a avancé trois voitures pour vous sur le parking, voici les clés. Ah oui j’oubliais messieurs Vladimir Toumanov et Igor Samsonov viennent d’arriver, ils vont vous rejoindre !
- Merci Kathy, nous les attendons.
Répond Marc, puis les hommes commandent quelques plats légers, hamburgers, steak frites à Amanda la serveuse. Vladimir Toumanov et Igor Samsonov font leur apparition, ce sont d’agréables retrouvailles. Ils s’assoient à la grande table et après les salutations commandent des brochettes de mouton avec du riz. Léo dit à Vladimir :
- C’est donc toi qui commence tout à l’heure, d’après le programme et moi je continue comme d’habitude sur les charges embarquées par les vaisseaux et leur utilité à destination.
- En tout cas c’est un grand plaisir de vous revoir tous ici les gars. La prochaine sera à Baïkonour. Vous serez logés comme d’habitude à la gostinitsa « Les quatre vents ».
Dit Vladimir Toumanov. Le repas léger terminé, le groupe se rend en voiture à la grande salle des conférences de la NSEA dans le bâtiment central. La salle est pleine de monde, Arnaud Rivière avec Orson Trueman attendent Léo, Vladimir et Igor. Dans quelques secondes les trois montent à la tribune. Orson Trueman prend la parole devant l’assistance de tous les experts, les observateurs, les journalistes et les actionnaires liés aux gouvernements participants à ce vaste programme :
- Mesdames, Messieurs, après de longues discussions préliminaires entre experts de la logistique afin de choisir parmi tous les projets présentés depuis des décennies, la NSEA a arrêté son choix sur la stratégie que nous vous avons déjà explicitée. Ce soir Vladimir Toumanov et Igor Samsonov de notre représentation de Baïkonour vont vous parler des innovations déjà accomplies dans le programme « Mars Pneuma ». Je passe la parole à Vladimir Toumanov.
Vladimir Toumanov, tapote son micro et commence à donner des explications concernant le nouveau programme exceptionnel, le projet qui révolutionne l’aventure spatiale et qui sera dorénavant utilisé pour les missions spatiales de l’avenir.
- Mesdames, Messieurs, le programme « Mars Pneuma » vous est déjà connu dans beaucoup de détails. Ce soir nous allons aborder l’aspect « départ » de nos vols spatiaux. Notre équipe internationale de la NSEA apporte une innovation sans précédent dans nos techniques, celle du lancement de nos fusées fusionnées à nos vaisseaux. Les bases de départ seront celles que tout le monde connaît : Houston et Baïkonour. Kourou ne peut en être équipé du fait de sa proximité avec l’océan. Kourou a aussi la capacité de lancer les fusées russes dans l’espace et nous utiliserons bien entendu cette compétence. La presse en a longuement parlé ces derniers mois. Nos bases ont été transformées, ce ne sont plus les bases que vous connaissiez jusqu’à présent, les techniques du lancement des complexes fusée-vaisseau sont totalement différentes. Permettez-moi de détailler cette nouvelle conception de lancement au départ de la surface de la Terre. J’aimerais vous familiariser avec ce que nous appelons la « Propulsion primaire ».

La Corée du Nord vient de procéder le 12 décembre 2012 au lancement d’une fusée très spécifique. Ce sont les premières secondes du reportage qui interpellent, j’espère que les spécialistes européens et américains ont remarqué cette première étape inhabituelle. La fusée est partie comme, « d’un puits. Dans la perspective des voyages interplanétaires dans notre système solaire, et peut-être un jour, interstellaires intergalactiques dans notre Galaxie et peut-être un jour dans quelques centaines ou milliers d’années, extragalactiques, les lanceurs-fusées devront évoluer dès la toute première étape du lancement. Nous avons eu cette idée à l’automne 2005 et nous l’avons présentée à tous nos confrères des organisations d’exploration spatiale des nations. Ces organisations nationales ont adhéré à notre organisation qu’est devenue notre « NSEA ». Le projet a été examiné et étudié sous toutes les coutures, puis accepté en 2008. Des travaux colossaux s’en sont suivis sur nos bases de lancement. Au début, certains se sont demandés, « Mais, quel est ce concept ». Les techniques les plus efficaces pour construire les lanceurs-fusées, cela nous savons tous le faire, mais comment trouver les moyens, non seulement les moins onéreux mais aussi qui feront preuve d’économie de toutes sortes. C’est cette question primordiale que nous nous posions au préalable. N’avions-nous pas abandonné dans les années passées toute nouvelle tentative de nous aventurer à nouveau dans l’espace, comme à l’époque de l’odyssée « Appolo » à aller nous les hommes, de nouveau dans le cosmos à la recherche de quelque chose de nouveau à découvrir, aller sur une planète sur laquelle nous pourrions nous poser. Tout était en suspend du fait des coûts insupportables pour les nations qui voulaient s’investir dans ces projets. Seuls des sondes, des satellites et des observatoires spatiaux sont expédiés sur des orbites terrestres ou autour de quelques autres planètes. Si une économie de 20 à 30% dans les coûts d’exploitation pouvait être réalisée, les nations pourraient de nouveau se lancer à la conquête de l’espace. Aujourd’hui nous avons résolu une partie de nos problèmes. La force de poussée la plus importante d’une fusée en partance est celle qui agit au décollage. Lorsque le compte à rebours s’arrête au zéro, déjà l’impulsion de la mise à feu a été enclenchée- on peut l’arrêter avant le point de non retour, mais seulement avant ce point. Donc on ne peut pas arrêter la mise à feu après la première fraction de seconde du zéro car là déjà, les boosters ont reçu l’impulsion de la mise en action. La fusée comporte trois étages de carburant, hydrogène, oxygène ou poudre ou autre « L », « LL », « SL », « ergols », cela représente 87% de la masse totale d’une grosse fusée, parfois légèrement moins. C’est à la première étape de la longue mission où toute la force de la poussée est la plus intense. Au décollage, déjà la fusée se soulève de 1 cm, ça bouge, ça tangue, les deux, trois ou quatre boosters avec leurs tuyères directionnelles s’ajustent par les impulsions des ordres des ordinateurs de bord qui calculent en temps réel les manœuvres prévisionnelles nécessaires à appliquer pour garantir la stabilité du complexe lanceur-fusée-vaisseau et surtout une position parfaitement verticale – primordiale de toute cette masse, avec son centre de gravité au beau milieu de l’ensemble et qui se déplace par rapport à la combustion. Et oui la masse du carburant diminuant, le centre de gravité monte en direction du sommet. Toute cette force et cette minutie dès les premiers instants de l’opération pour continuer chaque étape de la mission du complexe lanceur-fusée-vaisseau sont incontournables après le point de non retour. Toute cette évaluation, ces calculs extrêmement précis sans faille pour mener la mission jusqu’à l’altitude voulue, en octroyant une vitesse supérieure croissante pour atteindre 4km/sec, jusqu’à 11,2km/sec pour se dégager de l’attraction terrestre, soit pour terminer la course et se placer en géostationnaire, soit pour poursuivre une mission sidérale. Ce sont ces premiers instants du décollage du complexe lanceur-fusée jusqu’à une altitude déterminée de 95 secondes à quelques 40 km d’altitude qu’agissent les boosters. C’est à dire plus de 200 tonnes, comme pour les fusées européennes « Ariane » 230 tonnes de carburant utilisé ou 600 tonnes pour les « Saturne-V » ou « Ares » américaines. Loin de moi l’idée d’entrer dans les détails mathématiques des forces de libération par rapport à l’énergie cinétique qui doit être supérieure pour dépasser l’énergie potentielle de l’attraction terrestre, cela est évident mais pour atteindre cette altitude, lorsque les boosters du premier étage sont largués, on a consumé entre 200 et 600 tonnes de poids que représente le carburant quel qu’il soit, selon les lanceurs. On peut éventuellement économiser, entre 50 et 120 tonnes de carburant embarqué au profit d’équipements et matériels toujours utiles et nécessaires. On n’encombre jamais bien assez sa maison, ou pour plus simplement alléger les complexes lanceurs-fusées. Pour ne pas embarquer ces 50 à 120 tonnes de carburant complémentaires, il faudra placer ce « potentiel d’énergie » autre part. Il faudra déterminer l’endroit où pouvoir le « stocker » et aussi déterminer le moyen de l’utiliser. Si l’on décide que ce « potentiel énergétique » est soustrait aux boosters des lanceurs, il faut effectivement le « corréler » dans un endroit différent, d’où il produira une énergie équivalente, voire supérieure. Les Russes avaient utilisé leur avion à six réacteurs le « Mryia » pour lancer leur navette « Bourane », les Américains avaient utilisé pour le « Pégase » un « Tristar B-52 » à des altitudes de 13,000 mètres. Les navettes spatiales américaines étaient emportées par les fusées Atlas et les autres à l’aide des fameux gros boosters. Dans notre nouvelle conception mise en œuvre par la NSEA, l’énergie soustraite aux boosters ou autre étage d’un complexe lanceur-fusée est logée en sous-sol à cent mètres de profondeur, selon de très nombreux critères qui ont été sujets à toutes les évaluations théoriques et mathématiques. Les puits sont larges d’une douzaine de mètres, quatre rails courent du haut du puits jusqu’au fond. A ces rails sont arrimés des chariots coulissants à roulements capables de ne subir aucune usure, d’un alliage de conception à supporter de hautes températures, comme bien graissés. Un puits de service a été construit en parallèle au puits principal. Il comporte ascenseurs et monte-charge. Au fond un poste dédié à tous les assemblages spécifiques et les préparatifs techniques avec couloir menant à la chambre basse du puits principal, la chambre des machines d’une part et la chambre à explosion à réaction pyrotechnique qui animera la plate-forme hydraulique jusqu’au sommet du puits au moment de la mise à feu du premier étage du complexe spatial. Les chariots sur les rails du puits principal servent à descendre le complexe lanceur-fusée-vaisseau de 2500 tonnes ou de 3050 tonnes jusqu’au fond du puits. Au tout début de l’opération, le complexe spatial est bien entendu parfaitement positionné et arrimé sur la plate-forme pour la descente. Le déploiement d’une force de propulsion qu’on évalue à un minimum de 1g est le fruit de l’ingéniosité de nos ingénieurs pour ce qui concerne le lancement primaire du complexe lanceur-fusée avec son vaisseau et tous ses composants. Nous avons donc opté pour ce mode de « catapultage ». Nous utilisons un mode de propulsion à réaction pyrotechnique de départ enclenchant une mécanique hydraulique capable de déplacer verticalement 3200 tonnes à vitesse croissante, jusqu’à l’extrémité du puits à la surface du sol. Quelques fractions de seconde auparavant, au moment précis, l’étage propulseur et les boosters allégés de plusieurs dizaines de tonnes sont mis à feu. Un équilibre est déterminé entre le « catapultage » et la mise à feu des boosters pour ne rien perdre en force dynamique jusqu’au moment de la première séparation, celle du complexe spatial d’avec la terre. Des systèmes d’évacuation des gaz sont bien entendu mis en place tout le long du système « catapultage/puits ». Le complexe lanceur-fusée-vaisseau est placé sur la plate-forme ajustée à son système hydraulique résistant aux hautes températures. La plate-forme est aussi capable de résister à 3200x10exp4Newton de poussée pendant la montée progressive de plus en plus rapide à l’intérieur du puits. Cette poussée représente celle de nos fusées de type « SAT ». La plate-forme sert de base à la propulsion primaire terrestre du lanceur-fusée qui se bloque à un niveau juste en-dessous de la surface du sol, alors que le complexe lanceur-fusée-vaisseau a commencé sa propre propulsion en ascension déjà à 25 mètres avant la surface du sol. Atteignant le niveau du sol, le complexe tend à se déplacer vers des vitesses constamment croissantes. Sa propre propulsion a gagné l’énergie qu’elle aurait dépensée entre 0 et 1cm d’élévation, estimée à une cinquantaine de tonnes jusqu’à 120 tonnes de carburant. Correctement propulsée, l’énergie déduite de la masse du complexe est celle qui a été appliquée sur terre à l’encontre de l’attraction terrestre favorisant la libération du complexe en remplaçant une partie du carburant par une autre charge utile. Ce procédé permet donc au complexe de ne pas traîner des containers plus lourds en train de se vider jusqu’à la séparation des boosters, du premier étage. Ces containers de carburant sont autant d’entrave complémentaire à la « propulsion croissante ». Nous avons fait le choix pour un catapultage hydraulique à réaction pyrotechnique qui nous a convaincus pour son efficacité et qui s’avère être le plus fiable. Cette conception est une nécessité car, elle représente de l’énergie utilisée avant la surface terrestre qui sera inhérente à notre planète et non une entrave supplémentaire au complexe lanceur-fusée. Cette énergie est avantageuse en matière de poids embarqué, son application est issue de la conception et de la construction d’équipements certes très coûteux au départ, mais il s’agit d’une énergie, je vous le répète « non embarquée » dont les réserves sont à terre et réutilisables à l’infini – les pannes ne doivent même pas être envisageables. Il s’agit de matériels très lourds, dans lesquels chaque élément est rigoureusement testé, contrôlé, adopté, certifié et homologué. On réduit ainsi le poids à vide du complexe, en plus du poids du carburant complémentaire dans une mesure optimale. En matière d’économie de masse, toute idée, toute proposition doit être prise en considération et c’est ce que nous avons précisément fait. Des fusées sont lancées en direction de l’Ouest, pour se placer à 700 ou 1000km d’altitude en géostationnaire pour obtenir une position immobile, d’autres au contraire profitent de l’effet de fronde positif pour se lancer en direction de l’Est pour les lointains voyages cosmiques avec de nombreuses corrections de trajectoire. Avec l’effet de fronde ou contre, la correction de trajectoire se fait après une altitude déterminée et l’allégement du complexe est un avantage déterminant. Les ingénieurs et tous les techniciens à l’aide d’ordinateurs ont planché pour trouver les meilleures solutions pour aider au décollage d’une fusée jusqu’à l’instant de son arrachement du sol terrestre. On pourra dès 2030, installer ce système « catapulteur » sur Mars, mais avec un puits peu profond, car la gravité est de 0,38 par rapport à celle de la Terre, l’attraction martienne étant presque trois fois moindre. Un « catapulteur » pourra aussi être installé sur la Lune qui deviendra peu à peu la première base de la première étape des voyages cosmiques. Le système de catapultage est adopté pour des fusées à étages, des complexes associés à des doubles ou quadruples boosters. Un lanceur-fusée longitudinale forme un cylindre de plus ou moins de 100 mètres, plutôt plus que moins avec ses boosters, il épouse parfaitement le diamètre constant du puits du fond jusqu’à son expulsion glissant sur les rails, par la force de catapultage et l’enclenchement des tuyères des boosters. Les fusées à boosters nous ont dicté la nécessité incontournable de construire des puits de gros diamètre pour laisser le passage de l’ensemble du complexe le long du système de rails ajusté pour ce type de lancement. Encore une fois, la force déployée pour élever, décoller le complexe lanceur-fusée avec son vaisseau contribue à réduire un certain poids de carburant. La fusée surmontée de son vaisseau continuant son ascension, à l’aide de ses boosters, dès qu’elle quitte la surface de la Terre, a déjà gagné une part de poussée d’arrachement de l’ordre de 20%. Le système « PCHP » (puits catapulte hydraulique pyrotechnique) est prêt à opérer sur nos deux bases de Baïkonour et de Houston. Un nouveau lancement peut rapidement avoir lieu après le précédent. Le système « PCHP » est extrêmement puissant. Je rends la parole à Orson Trueman et je vous remercie pour votre attention.

Orson Trueman assis au milieu de la petite tribune reprend la parole en ajoutant des informations complémentaires de première importance :
- Avec notre système « PCHP » nous avons acquis la possibilité de lancer davantage de masse dans l’espace pour en bénéficier plus, soit en orbite terrestre, lunaire ou martienne, soit sur à la surface d’une autre planète comme celle vers laquelle nous nous lançons avec notre mission « Mars Pneuma ». Comme promis, lors de notre conférence de Fontainebleau, étant arrivés à la conclusion de ce que sera notre aventure martienne, nous vous annonçons que le vol VUSA-17H est prévu au départ de Mars le 10 décembre 2017 pour une arrivée avec ses quatre astronautes sur Terre le 25 juin 2018. Enfin le vol VUSA-18H partira au plus tard deux jours terriens après, c’est à dire le 12 décembre 2017 pour une arrivée avec ses quatre astronautes sur Terre le 27 juin 2018. Mais il n’est pas exclus que le deuxième vaisseau suive plus rapidement que prévu le premier, cette liberté est laissée à l’appréciation des deux commandants. Demain sera une journée consacrée justement à la visite de notre puits « PCHP » sur notre site de lancement pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de se familiariser avec la première étape du programme « Mars Pneuma ». La prochaine conférence se tiendra à Baïkonour et les sujets traités seront les moteurs de nos lanceurs-fusées parmi bien d’autres comme des réflexions sur le choix de nos trajectoires et le calendrier que nous avons mis en place. A mon tour je vous remercie pour votre attention.
Près de deux cents personnes ont assisté à cette nouvelle réunion qui a apporté des détails sur les nombreux sujets de réflexion, aux curieux mais aussi à tous les spécialistes présents ainsi qu’aux journalistes qui s’empressent de répercuter ce qu’ils ont enregistré, dans les pages de leurs journaux. Les résumés des reporters de télévision sont transmis en direct, en soulignant constamment la nouvelle technique mise en place favorisant la reprise de l’aventure spatiale des nations. Certains reviendront le lendemain matin pour avoir quelques explications complémentaires au sujet du nouveau système de « catapultage hydraulique pyrotechnique» le « PCHP ». En attendant, tout le monde se disperse. De longues files de voitures se profilent sur la route de Houston et peu à peu les feux rouges arrière disparaissent dans la nuit. De nombreux taxis emmènent leurs clients, à plusieurs par véhicule, à travers une grande étendue désertique sur laquelle pousse une herbe brûlée par le soleil de l’été qu’on voit se refléter à la lumière des lampadaires, jusqu’à la grande ville qu’ils traversent pour prendre la route de l’aéroport. La traversée de Houston est complexe pour les chauffeurs qui évitent à tout instant des piétons qui veulent traverser les avenues bordées de palmiers, sans utiliser les passages pour piétons. Parfois un coup de Klaxon retentit et les piétons s’arrêtent ostensiblement avec des invectives flagrantes envers les taxis drivers qui doivent faire un écart ou freiner précipitamment. Sur les avenues fortement éclairées des boutiques sont encerclées de néon de toutes les couleurs. Les palmiers accompagnent les voitures tout le long de la route jusqu’à l’aéroport où chacun prend son vol de retour avec pleins d’images et de choses à raconter.

Le lendemain matin à 9 heures précises, les quatre astronautes potentiels européens, Marc Peyratener, Stéphane Viardeau, Hans Gotten et le Britannique William Lorren s’en vont à la base où de nombreux exercices les attendent. Là ils rejoignent les astronautes américains, avec qui les positions de chacun seront discutées et les informations globales coordonnées de façon à ce que l’ensemble travaille exactement sur les mêmes données et dans une seule langue, l’anglais. Cela n’empêche pas les astronautes d’avoir leur machine à traduire simultanément ainsi que leur dictionnaire, si cela s’avère nécessaire ; le cas devra être rare, car tous sont entraînés et habitués à la seule langue de travail, ce qui les a rendus depuis longtemps déjà, bilingues. Dans l’espace la poésie et la musique seront des passe-temps personnels et certainement pas partagés avec les collègues pendant leurs activités primordiales de tout instant. Les Américains Robert Hick, Frank Guillem, Oliver Fergusson et Jimmy Strattford accueillent les Européens et le Britannique comme d’habitude amicalement et chaleureusement. Inévitablement chacun passe à la centrifugeuse qu’on tend à pousser à 5g jusqu’aux limites supportables, mais les avertissements sont tels qu’il ne sera jamais exclus que les « g » pourraient être dépassés selon des circonstances nécessaires ou inattendues – tout le monde le sait et chacun redoute ce terrible mal de tête qui pourrait survenir brutalement à donner la sensation que les yeux vont éclater et la tête toute entière après. Les appareils de mesure médicaux, capteurs de tension artérielle, capteurs de tension cérébrale, capteurs de tension musculaires, capteurs cardiaques, tous atteignent les limites à ne pas dépasser et il devient impératif de descendre de régime pour arrêter peu à peu le dangereux processus. L’astronaute descend de l’engin le blanc des yeux ensanglanté, le regard hagard, titubant avec des gestes incohérents, la tête qui tourne en vertiges insurmontables, des infirmiers viennent le recueillir et un repos de plusieurs heures est nécessaire. « Dans l’espace, » leur dit-on, « des situations inattendues pires que tout ce que vous avez expérimenté et enduré peuvent survenir, votre entraînement est justement prévu pour vous attendre à ce genre de problème ». Dans la journée, vers 15 heures Léonard Templer, le vieux français, quitte la base après le repas de 13 heures, dit au revoir à tous les astronautes européens et américains et aussi à tous ceux qui sont présents, puis il prend sa valise à roulettes et une limousine l’emmène à l’aéroport où il attrape le vol AF-033 de 16 heures 30 qui le ramène tranquillement après quelques heures de somnolence à Paris CDG. C’est donc le lendemain matin, qu’il arrive à la rue du Fer à Moulin à 11 heures moins le quart, sa femme l’attend. Il lui dit :
- Je repars le 4 septembre à Baïkonour ! Et Béatrice lui répond instantanément :
- Oui bon, en attendant tu ne vas pas nous embêter avec ton boulot, alors que tu es à la retraite, tu ferais mieux de te reposer. On mange dans une demi heure, vas te laver les mains après les transports !

4 septembre 2013 Conférence de Baïkonour. Orson Trueman habite avec sa famille à Boston lorsqu’il ne doit pas être présent à Houston. Orson Trueman a atteint l’âge d’être à la retraite depuis des années, mais la passion de ses activités a fait de lui malgré ses réticences le « chairman » de la NSEA de Houston. C’est un homme au regard jovial, presque chauve, avec des restes de cheveux blancs sur les cotés, qu’il fait légèrement tailler par son coiffeur de temps en temps, les yeux marrons aux sourcils bizarrement en pointe, ayant subit l’opération de la cataracte il ne porte plus de lunettes, souriant, de corpulence impressionnante du haut de son 1 mètre 90, il est bedonnant, c’est un gourmet. Il a été passionné toute sa vie par un travail très prenant et sa compagnie est très agréable pour ceux qui le connaissent. Sa présence n’est pas nécessaire d’une manière quotidienne à la base de lancement texane et son titre est plutôt honorifique mais il connaît les moindres détails de tous les programmes qu’il a étudiés, promus à la réalisation et qu’il suit de près. Nous sommes le 4 septembre 2013. Orson Trueman embrasse sa femme, donne deux coups de fil à ses deux filles et part à 14 heures en taxi pour l’aéroport. Il saute dans l’avion de 15 heures pour New-York. A 16h30 il se trouve à JFK au terminal 1 dans le salon d’embarquement pour le vol SU-316. Il attend l’annonce de l’hôtesse russe pour embarquer à bord d’un avion à eux, aux Américains, le Boeing-767 que les Russes leurs ont acheté parmi d’autres comme l’incontournable Boeing-737. A l’international, rares sont les avions russes se dit Orson, c’est dommage ils en ont de très performants et tout à fait confortables, mais il semble qu’ils aient décidé de les utiliser sur les lignes internes de leur pays ainsi que sur des destinations de la CEI, de ce qu’étaient auparavant les républiques soviétiques. Orson se dit, c’est leur affaire. L’annonce a été faite et Orson se présente aux contrôle, il monte dans le B-767 où une gentille hôtesse blonde lui indique sa place. Départ à 18 heures (locales). Pendant le vol Orson a le temps de somnoler, de regarder un peu la télévision, manger du poulet aux ceps accompagné de riz avec pour dessert une part de vatrouchka, le tout arrosé tout de même de vin de Californie. Un petit déjeuner, un petit repos, puis après neuf heures de vol, arrivée à Moscou Sheremetyevo-2 pile à 11 heures (locales). En utc se dit Orson ça fait, départ de JFK à 23heures utc et arrivée à 8 heures utc, ouais, ça fait bien neuf heures. Des gars envoyés par la NSEA l’attendent juste après le contrôle douanier :
- Bonjour Monsieur Trueman, vous avez eu un bon vol ?
Et ils l’emmènent à bord d’une limousine, directement à l’aéroport de Domodedovo pour le vol sur Baïkonour. Le chauffeur dit à son collègue :
- Dis au grand-père qu’on n’aura pas le temps de se promener aujourd’hui !
- Mais tais-toi crétin, et s’il comprenait, hein ?
- Mais, j’dis rien de mal, la dernière fois tu te rappelles bien qu’on avait fait la tournée des grands ducs avec lui et ses copains de la NSEA de Houston !
- Mais bien sûr que si, qu’il comprend le pépé, p’tit gars, t’en fais donc pas, on se baladera au retour !
S’exclame tout à coup Orson Trueman, dans un russe approximatif.
- Mais monsieur Trueman, avant vous ne disiez aucun mot en russe, qu’est ce qui vous est arrivé ?
- En réalité, nous sommes toujours en contact les uns avec les autres et avec nos collègues russes, tous les jours. Parfois ils nous apprennent quelques mots et même quelques phrases, d’ailleurs nous avons depuis toujours, plusieurs fois par semaine des cours de russe à Houston. Bien entendu pas pour tous ceux qui travaillent sur la base, mais pour tous ceux qui un jour auront quelque chose à voir avec Baïkonour et la cité des étoiles ou votre base de Plessetsk. Ça y est, on arrive, je reconnais le paysage. C’est joli chez vous, nous avons aussi des sapins et des bouleaux à Boston !
- Tous les pays sont beaux monsieur Trueman, ce sont les gens dont il faut toujours se méfier !
- Moi je ne suis jamais sur mes gardes ! Réplique Orson.
- C’est parce que vous êtes grand et fort monsieur Trueman, mais chez vous, vous avez tous des « guns », chez nous seuls les chasseurs sont autorisés à avoir des fusils chez eux à la maison. Ici dans la région de Moscou c’est interdit et encore, les chasseurs doivent avoir des permis spéciaux…
- Oh il y en a bien qui ont des « guns » chez eux et les dissimulent comme partout…s’exclame Orson.
- Je ne crois pas, trop dangereux vis à vis des autorités, ça ne se fait pas, non !
- Chez nous c’est un droit, et tout le monde défend ce droit, c’est le droit de se défendre en cas d’agression, il y a tellement de gens mauvais, qui aiment faire le mal. Ma femme est seule en ce moment et je me sens tranquille parce qu’elle peut se défendre avec ce que nous avons à la maison, vois-tu !
- Oh, ici aussi, et puis il y a des règlements de compte et c’est dangereux pour la population qui n’a rien à voir avec ces gens, ce sont bien souvent des règlements de comptes entre bandes…enfin, voici le terminal de Domodedovo que vous connaissez bien. Je vous accompagne à l’embarquement, d’ailleurs il y a d’autres passagers pour Baïkonour que vous connaissez.
- Oh c’est pas la peine de m’accompagner, je vois déjà William Lorren et Léo Templer, tiens voilà aussi Marc Peyratener et Stéphane Viardeau…merci, c’est quoi ton nom déjà ?
- Moi, c’est Vassili et lui c’est Anton, et bien bon vol et à bientôt, pour votre retour on m’enverra vous chercher ici « A la maison de grand père » !
- D’accord, à bientôt, à « la maison de grand père » !
Orson sait très bien, depuis le temps qu’il vient en Russie que « Domodedovo » veut dire « maison de grand père » et il utilise l’expression nonchalamment comme les Russes lorsqu’ils font une pointe d’humour. Il s’approche du petit groupe :
- Hi guies ! il faut aller s’enregistrer…
- Oui, c’est juste là au comptoir ! dit Marc et Orson annonce sa présence en présentant son billet.
– Embarquement à 14 heures 30 sur la « Touchka » dans quinze minutes guies ! Dit Orson.
– On le sait !
Répondent les autres. Une vingtaine de minutes après, le Tupolev-154 du vol spécial « Spetz-rejs » pour le cosmodrome de Baïkonour entame la piste de décollage. Dix minutes après le décollage, l’avion « Touchka » se positionne pour sa vitesse de croisière et les hôtesses s’affairent à apporter des plateaux repas, des brochettes réchauffées avec de la « gretchnevaya kasha » du sarrasin façon russe, vodka et jus de fruit à la framboise ou au cassis. Léonard fait la remarque suivante :
- Sur ce vol, l n’y a que des gars pour Baïkonour, il n’y a pas de passagers normaux, j’veux dire des habitants de la ville.
- Ouais, des Russes, des Américains, des Anglais des allemands et des Français ça fait déjà pas mal, je crois qu’il y a aussi des journalistes, comme d’habitude !
Répond Stéphane. En fait tous les passagers spéciaux de ce vol sont toujours des personnes qui ont quelque chose à faire ou à voir avec le cosmodrome de Baïkonour – des employés de tous les corps de métier, des spécialistes de tout ce qu’on peut imaginer et aussi des cosmonautes potentiels. C’est un vol vraiment spécial le « Spetz-rejs ». Parfois des sujets de conversation sont abordés et des passagers des rangs même éloignés de l’appareil viennent y prendre part. Ils s’expriment, parlent, font de l’humour surtout après quelques petits verres de vodka, disent leur angoisse ou décrivent leurs problèmes techniques et personnels, c’est une ambiance particulière à bord de chaque « Spetz-rejs » Moscou Domodedovo-Baïkonour. A travers les hublots, même à haute altitude, on aperçoit la forêt infinie de sapins parsemée de bouleaux, puis au bout de quatre heures de vol, des pins font leur apparition, puis trente minutes plus tard ce sont comme des garrigues aux arbustes à ras du sol et soudain d’immenses paysages ocres sans qu’on ne voit plus la moindre verdure ; paysage désertique agrémentés de quelques collines qui disparaissent peu à peu pour ne laisser apparaître que les étendues ocres de sable mêlées à de la glaise et de la terre permettant à l’herbe de la steppe de pousser. C’est à ce moment crépusculaire que le commandant annonce la descente sur l’aéroport de « Krayniy-Baïkonour ». Quelques soubresauts font tanguer les ailes dans un ciel limpide et l’on aperçoit d’immenses troupeaux de moutons qui broutent aux abords de la longue piste. Le « Spetz-rejs » roule et vient s’immobiliser tout près de l’aérogare. Descente de la « Touchka Spetz-rejs », au revoir aux gentilles hôtesses, contrôle rapide, il n’y a rien de vraiment spécial en ce qui concerne les passagers du « Spetz-rejs » sauf que des minibus attendent des cosmonautes potentiels. Nombreux sont ceux qui prennent le bus pour le « Spoutnik Hôtel » mais notre petit groupe prend celui de l’hôtel « Quatre vents ». « Kraynij Baïkonour » est une ville de cent mille habitants, elle se situe au sud-ouest du site immense de Baïkonour au bord de la rivière « Syr Daria » et c’est près des hôtels que se trouve la base vie de tous les personnels sur plus de 16 km2 de superficie. A l’hôtel des « Quatre vents » les occidentaux sont bien connus et ils sont accueillis comme s’ils revenaient au bercail. Chacun s’installe dans sa chambrée, et malgré une bonne douche revigorante, il fait très chaud le soir. Les voyageurs descendent dans la salle à manger vers 20 heures. Ici ce n’est pas un bon repas qui est servi, car c’est le « shvedski stol » la table suédoise, comme on dit ici pour le « self service » qui est rempli de bons hors d’œuvres et de desserts, les plats chauds sont servis par les marmitons qui font les cuisiniers l’air de jouer au piano. Une fois restaurés, rendez-vous est fixé pour le lendemain au centre des cosmonautes à 9 heures précises. Après une bonne nuit réparatrice d’un long voyage, Léonard Templer et Orson Trueman se séparent des jeunes qui s’en vont à leurs multiples occupations sur le cosmodrome, tous deux vont rejoindre la grande salle de conférence où déjà de nombreux spécialistes de tout acabit et des journalistes attendent, comme à Fontainebleau et à Houston. C’est la dernière conférence avant le début réel des opérations. Léo Templer monte rejoindre ses collègues et amis à la tribune. Dans la salle un certain brouhaha règne. Des personnes se parlent, d’autres cherchent leur place, d’autres encore invitent leur voisine à prendre place en dépliant le bras faisant signe de s’asseoir avec la paume de la main les doigts tendus indiquant le siège à côté d’eux. Sur la tribune présidée par Vladimir Toumanov se trouvent à sa droite, Igor Samsonov et à sa gauche Orson Trueman et Léonard Templer, puis une « directrice » toujours prête à faire l’animatrice de Baïkonour, Nadejda Feodorova. Les lumières baissent d’intensité, Nadejda Feodorova se lève en tenant un micro à la main, habituée à s’adresser aux auditoires, elle regarde en direction des techniciens à sa gauche sur la tribune l’air implorant, réclamant ostensiblement le son au départ de son micro qu’elle tient à la main gauche. Elle fait toc, toc avec les ongles de sa main droite et porte le micro près de sa bouche ; quelques mots de bienvenue et :
- Mesdames, Messieurs, le président de notre organisation de la NSEA de Baïkonour Monsieur Vladimir Toumanov !
Suivent les applaudissements et un silence attentif. Vladimir Toumanov est assis au centre de la tribune, il remercie Nadejda et entame son discours sur les derniers thèmes qui rassemblent l’auditoire.
- Mesdames, Messieurs, ici à Baïkonour les dernières informations de notre programme « Mars Pneuma » concernant différents sujets qui n’ont pas encore été évoqués auparavant, vous seront données aujourd’hui. La NSEA étant présente sur trois bases de lancement à l’échelle de notre planète, chacune des bases vous dévoile une part de son programme à partir de sa situation géographique, cela permet au monde d’avoir une vision globale de toutes nos activités et nous espérons en même temps, obtenir le soutien de toutes les bonnes volontés à notre égard. Les lancements de nos fusées-vaisseaux spatiaux se feront comme indiqué à Fontainebleau, notre quartier général de commandement européen, à partir de la base française de Kourou, sur des critères que la NSEA a partagés entre les pays participant au programme « Mars Pneuma ». Les quatre modules d’habitation construits à Stuttgart vont partir à Kourou le 20 septembre prochain par un avion cargo russe, Antonov-124. C’est par souci du respect des délais, que nous avons opté pour un embarquement non pas à bord d’un navire cargo comme cela avait été prévu auparavant, mais par un avion cargo, car nous voulons avoir une marge de manœuvre de quelques jours supplémentaires. Nos lanceurs sont de type « EN » tout comme les « SAT », ils bénéficient d’un moteur alternatif ionique qui prend très peu de volume et qui se situe en bout de vaisseau avec ses quatre petites tuyères latérales escamotables. Ce moteur n’occasionne absolument aucune gène à l’ensemble lanceur-fusée-vaisseau, mais au contraire nous permet de faire l’économie, pendant le transfert, de se mettre en action, au lieu de puiser sur nos précieuses réserves d’ergols nécessaires à l’atterrissage sur Mars et surtout pour le retour de nos deux fusées-vaisseaux. Leur départ se fera par nos techniques habituelles, premier étage suivi du deuxième étage qui placera l’ensemble après un tour de Terre, sur l’orbite martienne profitant de l’effet de fronde. Toutes les manœuvres sont prévues par les calculs de nos ordinateurs en ce qui concerne les horaires, les impulsions données aux moteurs, la mise sur orbite et tout le suivi en général. L’ensemble de l’opération de mise sur orbite doit être accomplie en 16 minutes exactement. Le deuxième étage ayant consommé la totalité de sa capacité est largué sur une orbite qui le fera redescendre comme d’habitude dans l’atmosphère terrestre où il se consumera. Le troisième étage servira à l’atterrissage sur Mars. Pendant le transfert, le moteur ionique consomme peu de carburant, qu’il va puiser dans la fission des atomes de gaz xénon pour expulser un flux ionique pas puissant du tout, comparable à votre souffle par la bouche sur votre main placée à 20 centimètres devant vous, disent les techniciens atomistes, mais suffisant pour corriger la trajectoire de nos vaisseaux et même favorisant une accélération qu’il faudra réfréner à mi chemin pour atteindre une vitesse raisonnable à l’approche de la planète rouge. L’atterrissage se fera à l’aide du troisième étage plein d’ergols. Le troisième étage servira encore plus tard. Nous verrons que les étages « 3 » des vaisseaux « VUSA » et « VREN » sont interchangeables. L’atterrissage de l’ensemble troisième étage et vaisseau ou plutôt container cargo se fera en douceur sur le « Site de Gale près du Mont Sharp ». Ce site étant déjà connu, nous avons décidé de nous y poser. Les autres vaisseaux suivront la même trajectoire à quelques jours d’intervalle, suivis des vaisseaux habités par nos cosmonautes en novembre de l’année 2015. Le retour des cosmonautes au départ de Mars vers la Terre aura lieu le 10 décembre 2017 pour une arrivée sur Terre le 25 juin 2018 et le 12 décembre 2017 pour une arrivée sur Terre le 27 juin 2018. Voilà ainsi résumé le complément de notre programme « Mars Pneuma ». Je passe maintenant la parole à Igor Samsonov notre directeur du programme de Baïkonour !

Igor Samsonov est un camarade de longue date de tous les astronautes, cosmonautes. Il suit tous les entraînements, avec le précieux concours de tous les experts russes, américains et européens qu’ils soient physiciens, médecins spécialisés dans la santé des hommes en apesanteur, spécialistes des engins spéciaux semblables à ceux qui serviront dans des conditions totalement différentes de ce qu’on peut imaginer à la surface de la terre et tous les autres techniciens qui travaillent dans les moindres détails de l’ingéniosité humaine, dans un seul but : celui de la réussite des voyages spatiaux. Igor Samsonov tient des discours toujours en relation avec tous ses collègues européens et américains. Voici son intervention :
- Mesdames, messieurs, honorable assemblée (comme disent les Russes), vous vous posez inévitablement des questions qui se basent sur vos connaissances techniques existantes, celles que vous avez connues jusqu’à présent en ce qui concerne les lanceurs que nous allons très bientôt utiliser pour nos vaisseaux en direction de Mars. Rassurez-vous, nous allons utiliser pour les hommes que nous enverrons vers Mars, nos amis, nos frères terriens, les meilleures techniques les plus élaborées, comme si nous-mêmes nous participions à cette grande aventure pour l’Humanité. Nous utiliserons les fusées-lanceurs vaisseaux que nous considérons comme étant les plus sécurisants. De tout ce que l’Homme a inventé et expérimenté, seuls les moyens les plus fiables et les plus sécurisants sont retenus – ce sont ceux-là mêmes qui enverront nos équipements et surtout nos frères terriens sur Mars qui reviendront en toute sécurité en juin 2018. Les moyens que les nations ont décidé de mettre à la disposition de la NSEA sont considérables à tel point, que notre programme statuera définitivement sur une décision irrévocable, pour des centaines d’années et peut-être pour le futur en général, de continuer ou non l’aventure de la recherche dans le domaine spatial, l’exploration de mondes extra terrestres. Nous devons explorer Mars pour nous persuader que des nuances existent dans l’univers, ou tout au moins dans notre système stellaire, d’une possibilité de domptage des conditions locales de ces mondes pour nous les approprier, et nous adapter à eux pour un temps intermédiaire. Poursuivons le raisonnement un peu plus loin, vivre en symbiose avec des créatures autres que celles qui nous sont familières, par exemple sur une autre planète, ou un jour découvrir des conditions égales à celles de notre Terre permettant aux Terriens de s’y installer, comme sur Gliese-581g près de son étoile Gliese-581. Le système de Gliese est bien trop éloigné pour nous ; 20,5 années-lumière, cela représenterait des centaines d’années de voyage extrastellaire dans notre propre Galaxie. Pour les centaines d’années à venir ce rêve est loufoque, donc bien entendu irréalisable et abandonné. Cela ne veut pas dire qu’à l’avenir l’être humain ne trouvera jamais la possibilité de propulser des engins à une vitesse proche de la lumière. Mais admettons qu’il l’atteigne cette vitesse, posons-nous la question : « Servira t-elle vraiment et pourra t-on vraiment l’exploiter ? ». A notre avis la réponse est simplement « non ». A cet effet, permettez-moi de faire une petite parenthèse. En ce qui concerne les voyages cosmiques, prenons l’exemple de la périphérie de notre système stellaire ou de celle de toute autre étoile. Certaines étoiles comme un vaisseau spatial pourraient prendre la tangente et s’éloigner dans le cosmos vers de lointaines destinations. Dans les galaxies spirales comme la notre, il existe des étoiles à la périphérie qui ont une vitesse de rotation autour du centre gravitationnel galactique étrangement supérieure à celles qui se trouvent à l’intérieur de cette même Galaxie. Ces étoiles périphériques sont en quelque sorte aspirées par d’autres champs gravitationnels et aussi par l’énergie sombre. Parvenu dans l’espace un objet ou une fusée de création humaine subit d’abord une propulsion pour échapper à l’attraction terrestre. Puis pour échapper à tout champ gravitationnel dû aux autres corps célestes comme les planètes, le Soleil, les étoiles et surtout le centre galactique qu’on situe dans la direction de la constellation du Sagittaire, notre fusée file à grande vitesse qui semble imperceptible aux spationautes, astronautes à l’intérieur de leur vaisseau. La fusée semble tout simplement immobile. En donnant des impulsions répétées, la fusée subit des accélérations toujours croissantes augmentant ainsi sa vitesse. Elle pourrait continuer les accélérations et s’approcher de la vitesse de la lumière pourrait-on espérer, mais elle ne l’atteindra jamais, pas même de 50% et ses réserves de carburant ne lui donnerait qu’un champ d’action très réduit du fait qu’il faille conserver de l’énergie pour d’autres manœuvres et surtout pour le retour. Bref, certaines étoiles périphériques, au lieu de suivre tous les autres corps célestes sans jamais les rattraper et qui se dirigent plutôt à l’intérieur du trou noir, finalité de toute la Galaxie dans quatre milliards et demi d’années, s’échappent de ce flux galactique. Notre fusée s’écarte de cette attraction et trouve un parcours divergent à l’exemple de ces étoiles. Celui de s’éloigner pour aller vers l’espace et à grande vitesse – en tout cas à une vitesse nécessairement supérieure aux corps attirés par le trou noir, devrait-on penser, et bien non leur vitesse est la même, mais leur espoir c’est d’échapper à la couche périphérique supérieure du champ gravitationnel entourant le trou noir. En d’autres mots notre fusée comme de nombreuses étoiles sont suffisamment éloignées et se trouvent « hors champ ». Ces étoiles avec leurs planètes et autres corps célestes, comme notre fusée envoyée dans le cosmos, prennent un chemin déviant échappatoire, avec un effet de fronde, attirés aussi par l’énergie sombre. Auparavant au sein de notre système stellaire notre fusée prend des trajectoires telles, qu’elle frôle Mercure en s’approchant du Soleil, puis revient vers Vénus et subit le fameux effet de fronde sur une trajectoire gravitationnelle elliptique de laquelle elle prend la « tangente » et s’en va vers le bord de notre système stellaire solaire pour bénéficier d’un autre effet de fronde et peut maintenant se diriger par exemple dans le système stellaire de « Gliese-581 » découvert par une équipe d’astronomes portugais et suisses le 4 avril 2007, découverte dont on sera déçu quelques années plus tard, en 2015. Nous prenons l’exemple de l’étoile Gliese-581 qui abrite plusieurs planètes comme « Gliese-581g » sur lesquelles les conditions atmosphériques ressemblent à celles de notre système solaire, y compris la Terre (il n’en était rien, Gliese avait été comme un mirage, une malinterprétation). Notre aventure martienne pourra servir à de futures explorations si l’humanité améliore ses moyens de propulsion, mais tant que ces moyens restent ceux que nous maîtrisons, nous pourrons tout de même « terraformer » Mars et installer une base habitable sur la Lune. Au sujet de la Lune, les lois internationales des Terriens doivent être respectées, ce n’est pas parce que les Chinois y installeront bientôt une base que toute la Lune leur appartiendra, non. Dans ce cas les Américains y ont déjà un territoire depuis le programme « Appolo ». Il existe des lois internationales, les Chinois se tiennent à part mais ils doivent respecter ces lois, je voudrais simplement à cette occasion le leur rappeler. Quels type de lanceurs sont à notre disposition, pourriez-vous vous demander…Nous avons testé et expérimenté depuis des décennies tous les moteurs les plus puissants, les plus, économiques, les moins dangereux, les plus performants. Nous utiliserons les lanceurs classiques consommant un carburant classique « les ergols » utilisés aussi bien sur les lanceurs-fusées « EN » que « SAT » ou « AR ». Selon les pays les carburants ont quelques nuances, néanmoins pour les besoins communs la « raffinerie » que nous installerons sur Mars produira un carburant adapté à tous nos besoins. Ces besoins se résument d’abord aux réserves qui serviront (éventuellement) en ergols pour les fusées-vaisseaux de retour vers la Terre, qui resteront 18 mois sur une orbite basse martienne et aussi aux besoins immédiats pour nos cosmonautes sur place sur la planète rouge. Nous vous communiquerons tous les détails le moment venu. Comme vient de préciser Vladimir Toumanov, nos fusées seront tout de même munies d’un moteur ionique qui nous permettra une certaine économie déjà répertoriée dans le calcul des charges. Les nations membres de l’OMN ont octroyé tous les moyens à notre disposition pour le programme unique « Mars Pneuma » tous les autres programmes spatiaux seront pris en charge par chaque nation individuellement à l’avenir, si tel en sera son souhait, seul notre programme est commun à titre exceptionnel. Nous aurions pu faire preuve d’économie sur ce programme mais le caractère exceptionnel de notre démarche nous permet d’envoyer des équipements supplémentaires en comparaison avec toutes les autres alternatives, c’est à dire 16 vaisseaux spatiaux à la surface de Mars ou en orbite de Mars au lieu des sept prévus auparavant. Neuf vaisseaux supplémentaires apporteront davantage de sécurité, d’approvisionnement et aussi de carburant pour le retour sur Terre. Nous avons déjà évoqué la nature des contenus de chaque vaisseau. VREN-3 et VREN-4 feront atterrir quatre modules d’habitation pour nos cosmonautes. Ils partiront de la base européenne de Kourou. A l’intérieur des modules pliés seront stockés six tonnes de produits alimentaires français dans chacun des deux vaisseaux. Ces deux vaisseaux munis du dernier étage moteur atterriront sur le sol martien et resteront intactes sur le site, en réserve. VUSA-5 apportera sur Mars « l’unité-usine » qui fabriquera du carburant à partir de l’atmosphère carbonique de Mars combinée à l’hydrogène que nous enverrons avec le vol VREN-7. VUSA-5 atterrira à l’aide de son moteur du dernier étage à rétro-réacteur. VUSA-6 atterrira toujours à l’aide de son moteur et de ses rétro-réacteurs pour déposer en douceur « l’usine nucléaire » de fabrication américaine. Cette usine miniature sera placée par les astronautes dès leur arrivée sur Mars à un kilomètre du campement de la base des Terriens, il est très probable que VUSA-6 la placera au bon endroit au moment de son atterrissage. VREN-7 et VREN-8, départs prévus les 12 et 14 octobre 2013 de Baïkonour. Ils apporteront dans des containers en priorité tous les produits chimiques, la réserve d’hydrogène et quelques équipements fabriqués en Allemagne et en Russie. Ces deux vaisseaux atterriront également en douceur sur le site martien et les vaisseaux seront parqués et bien protégés des vents violents, près des autres, toujours « en réserve ». VREN-9 départ le 16 octobre 2013 de Baïkonour, débarquera le carburant de Plutonium sous forme de barrettes en containers BU pour l’alimentation de l’unité nucléaire. Ces containers avec quelques équipements spéciaux justifient un seul vol VREN. Les vaisseaux VUSA-15 et VUSA-16 partiront de la base de Houston les 24 et 26 novembre 2015 avec des chargements d’équipements de vie et de confort, comme les bouteilles de gaz des scaphandres et autres en plus d’un chargement de produits alimentaires permettant aux huit astronautes-cosmonautes de vivre sur Mars comprenant aussi les réserves de retour sur Terre pour des périodes supérieures à 1000 journées. VREN-10 et VREN-11 partiront également d’ici, de Baïkonour départ les 14 et 16 novembre 2015, ils transporteront le carburant « SL ». VREN-10 et VREN-11 resteront en orbite martienne basse pendant presque 18 mois – les corrections se feront depuis la base martienne. Ces deux vaisseaux auront chacun 120 tonnes de carburant en orbite pour le retour sur Terre prévu le 10 décembre 2017 et le 12 décembre 2017 Ces deux vaisseaux réservoirs font partie de notre nouvelle procédure. VREN-12 aura pour seul chargement 8,3 tonnes d’H2O, de l’eau par mesure de sécurité. Cette eau servira uniquement de réserve de boisson en cas de nécessité absolue, mais dans notre programme, nous comptons sur la production locale le plus rapidement possible. L’eau sur Mars est notre meilleure garantie de mener à son terme notre mission avec confiance. Mesdames, Messieurs, VUSA-17H et VUSA-18H seront les numéros de vol des deux vaisseaux qui rapatrieront nos huit astronautes-cosmonautes. Chacun de ces deux vaisseaux sera arrimés à deux étages restés en orbite martienne basse. Les aller et retour entre les vaisseaux et Mars se feront à l’aide de nos deux puissants vaisseaux-modules intermédiaires. Les trajectoires que la NSEA a choisies sont celles des périodes favorables d’opposition déjà mentionnées à Fontainebleau et à Houston. Quelques mots sur notre nouvelle conception de lancement de nos fusées-vaisseaux. Les raisons sont simples. Les puits catapulteurs « PCHP » de Houston et de Baïkonour nous font économiser jusqu’à 20% de carburant. Nous avons pu augmenter nos réserves sur Mars, pour ne manquer de rien ; Alimentation, eau, carburant en quantités plus importantes par mesure de sécurité. Les vols d’après pourront être plus « légers » car la production martienne d’eau et de carburant s’améliorera avec le temps et les réserves apportées de Terre pourront être plus importantes. Nous vous invitons à venir visiter cet après-midi le « PCHP » de Baïkonour qui se trouve à 16 km d’ici sur la nouvelle base. Comme vous le savez certainement, nous construisons notre nouvelle base de lancement de Krasnoyarsk où les travaux ont commencé et le puits « PCHP » deviendra fonctionnel très prochainement. Nous transférons déjà bon nombre de nos équipements sur le nouveau site car nous voulons l’exploiter au plus tôt. Baïkonour avait été choisi pour sa position géographique plus proche de l’équateur, bien que très éloigné tout de même, alors avec notre système « PCHP » nous gagnons en puissance d’extraction de l’attraction terrestre, ce qui nous permettra aussi d’exploiter notre site de Plessetsk au nord de Moscou. Pour l’instant Baïkonour est notre base principale, car la plus fonctionnelle. Merci pour votre attention.

Igor Samsonov se lève et quitte la salle de conférence pendant que Vladimir Toumanov invite l’assistance se restaurer dans les restaurants de la base et pour ceux qui le souhaitent, aller visiter le site du « PCHP ». En dehors de la salle de conférence, tous les astronautes, cosmonautes se trouvent ensemble dans des réunions de travail et à 13 heures, les cosmonautes russes suggèrent à leurs collègues européens et américains d’aller tous ensemble au restaurant « Tchaïka ». En réalité c’est Igor Samsonov qui avait préparé l’invitation et le personnel du restaurant les attendait déjà. Igor Samsonov accompagne une délégation américaine, tandis que Léo Templer accompagne Vladimir Toumanov et une délégation européenne dans deux autres restaurants éloignés de la base. Il faut dire que tous ceux qui viennent en visite à Baïkonour sont toujours étonnés par l’environnement presque désertique à perte de vue, où la couleur ocre du plat terrain domine, où le ciel est souvent bleu et sans nuages. Un curieux tournis leur saisit la tête et un vertige à perdre pied les envahit devant l’immensité de l’ocre steppe à l’infini. Trois groupes se départagent dans quatre limousines qui emmènent les hommes de l’espace, par l’ocre route parsemée d’herbe sèche, sans arbres à l’horizon jusqu’au restaurant « Tchaïka », à une vingtaine de minutes du centre d’étude et d’entraînement des cosmonautes de Baïkonour. Les douze hommes montent les uns près des autres les quelques marches en marbre d’un long perron et pénètrent dans le hall du restaurant. Des jeunes femmes habillées en uniforme chemisette blanche et jupe bleu-nuit avec un petit tablier blancs et un bavolet blanc également dans les cheveux, leurs souhaitent la bienvenue. Elles les connaissent tous, mais mieux tout de même, leurs compatriotes.
- Bonjour les garçons, venez rentrez, dehors il fait si chaud, ici l’air conditionné vous fera du bien !
- Bonjour, bonjour mesdemoiselles ! Répondent les cosmonautes russes, comment allez-vous, comment vont les affaires, êtes vous de bonne humeur…
- Mais oui tout va bien venez dans la grande salle, nous avons installé deux longues tables pour que vous soyez tous ensemble et à l’aise.
Dans la grande salle, les fenêtres donnent sur la steppe d’un côté, au-dessus des fenêtres se trouvent des rebords en prolongation du toit qui protègent aussi bien de la pluie que des rayons chauds du soleil. Sur la longue table plusieurs petits bouquets de fleurs, une nappe exagérément rouge. La chaleur extérieure est atténuée par les ventilateurs et l’air conditionné ainsi que l’atmosphère tamisée de la salle aux rideaux épais en velours bleu. De l’autre côté, à travers des fenêtres on aperçoit les hangars et les rampes de lancement des fusées aux colonnes métalliques. Une serveuse arrive et dit :
- Vous retournez au travail vers quelle heure ?
Et la réponse se fait unanime, celle-ci est traduite par Mikhaïl Avkcentiev :
- Galia, ne plaisantes pas on reste avec toi !
- Cela veut dire que vous ne travaillez pas cet après midi, ai-je bien compris ? Dans ce cas vous voulez faire le lunch à la russe, n’est-ce pas ?
- Tu as tout compris Galia, notre Galina ! Apportes tout ce que vous avez de bon et mets tout ça sur la table, nos amis ont l’habitude et c’est ce qu’ils aiment le plus, choisir dans la multitude !
S’exclame Sergueï Koniakov et Galia demande :
- Oui d’accord, mais qu’allez-vous boire ?
- Nous allons boire ce que les cosmonautes boivent lorsqu’ils sont sur terre, apportes-nous vodka et vin du Caucase et des jus de fruit, cassis, orange et un peu d’eau gazeuse, vous êtes d’accord les gars ?
Là, même les Français, l’Anglais, l’Allemand et les Américains répondent :
- Da ! Davaï, c’est bien ce que nous voulons, yes we’ll have that…
Ils connaissent tous le restaurant « Tchaïka » et d’après leurs expériences passées dans cet endroit, loin de tout, c’est là qu’ils se sentent mieux. Ils savent que les serveuses vont apporter toutes les zakouskis disponibles et que des plats chauds suivront, des plats de toutes sortes, il ne restera qu’à choisir. Alors Galia, Valia, Katia, Sveta, Irina, Natacha, Macha, Nadia, Liouba, chacune apporte quelque chose, dans des plats qu’elles dévoilent en les posant sur la longue table, quant au sommelier Alekseï, il les suit et apporte dans un beau panier en osier quatre bouteilles de vin de Géorgie, plus quatre bouteilles de 75cl de vodka et une bouteille de whisky. Dans la salle spacieuse, autour d’eux quelques jeunes gens du site de Baïkonour avec des camarades de travail ou d’autres avec leur compagne se regardent dans les yeux et discutent tranquillement. Le restaurant est loin d’être bondé et les serveuses ainsi que le personnel en cuisine tous se mettent au service des cosmonautes. Les hors d’œuvres arrivent dans de longs plats certains en inox, d’autres en porcelaine, jambon fumé en tranches, tranches de saucissons divers, sur des feuilles de salade avec des bouquets d’aneth et de persil, des pots en terre contenant des terrines de différents pâtés, notamment le pâté aux champignons sauvages de Sibérie, des pots de champignons marinés, des plats ovales en terre cuite contenant des filets de harengs fumés entouré d’aneth et d’oignons blancs dans l’huile, des longs plats en inox avec des tranches de saumon fumé sur lit d’aneth. La longue table arrangée avec deux tables l’une à la suite de l’autre est envahie par toutes ces bonnes choses. Alekseï revient, il apporte plusieurs paniers contenant des tranches de pain de seigle, du pain blanc et aussi du pain noir parfumé. Galia et Natacha reviennent encore pour poser chacune deux pots contenant des cornichons salés et marinés dans leur jus. Les verres sont remplis à moitié, il s’agit de vodka, les Américains prennent leur whisky et inévitablement quelqu’un comme Anatoli Volkov lève son verre en se levant lui même et il déclame :
- Nos très chers amis astronautes, spationautes, ici à Baïkonour vous êtes chez vous, nous sommes tous les douze entre-nous chez nous, frères de l’aventure qui attend ceux qui seront désignés très bientôt, nous sommes persuadés que huit d’entre-nous partiront, c’est à dire pratiquement nous tous sauf quatre. Je lève ce verre en vous souhaitant à tous ce que je souhaite aussi pour moi, une aventure extraordinaire et un retour sain et sauf pour chacun d’entre nous, pour pouvoir revenir ici à la fin du mois de juin 2018 revoir nos gentilles serveuses ! – à vous tous !
Et Anatoli avale d’un coup sec le contenu de son verre et s’assoit pour s’en resservir un deuxième. Les toasts continuent. Robert Hick lève le sien et dit :
- Tu as raison Anatoli, je partage tes vœux mais avec du whisky, à la votre chers amis !
Hans Gotten avale sa vodka comme du schnaps et prend immédiatement un morceau de hareng fumé sur du pain noir, il partage son plaisir avec les autres :
- Alors ça, ça réchauffe le cœur !
Stéphane Viardeau se verse un verre de vin et Marc qui connaît bien les vins du sud le suit. Stéphane a une idée précise :
- Moi ces alcools forts, je les garde pour les grands froids, d’après ce que j’ai pu entendre à Fontainebleau on en aura sur Mars, parce que là haut, la nuit il y fait bien plus froid qu’à Verkhoïansk.
- Bien sûr qu’on en aura sur Mars, sinon nous ne pourrons pas survivre, le seul moyen de faire repartir la circulation par grand froid sera l’alcool fort, la vodka sera un véritable remède mes amis, alors ceux qui n’ont pas l’habitude, il faut vous exercer dès maintenant.
Dit Mikhaïl Avkcentiev, en reprenant des zakouskis, tout à coup Jimmy Strattford se lance dans une discussion en rapport direct avec la mission de Mars :
- Nous savons nous autres, tout ce qu’ils racontent pendant les conférences puisque nous sommes en plein dans la mission, nous savons que les gouvernements ont donné tous les moyens pour permettre aux hommes de réaliser la conquête de Mars, nous savons qu’ils veulent se rendre compte une fois pour toute que les expéditions d’exploration spatiale pourront déboucher sur une véritable conquête d’exoplanètes pour l’avenir de l’humanité ou bien, au contraire se rendre à l’évidence qu’on ne pourra jamais y parvenir, voilà ce que je pense ! (this what I think personally).
Sergueï Koniakov veut répondre, car Sergueï est cosmonaute potentiel et aussi chercheur en astrophysique :
- Jimmy, tu as raison, tiens passe-moi du pâté là, merci – tu as raison en ce sens qu’aller sur la planète Mars est bien du domaine du possible, toutes les estimations et les calculs précis nous ont permis de mettre en application un projet parmi des centaines de propositions et les nations ont pris la décision de mettre en chantier depuis des décennies la construction de nos lanceurs, nos fameuses fusées américaines, russes et européennes et en plus tous les équipements nécessaires connexes pour non plus aller sur la Lune, mais bien plus loin, sur Mars. Je pense à titre personnel, cela n’engage absolument personne, ni moi-même d’ailleurs, je pense que plus loin, nous n’irons jamais. Encore une fois c’est mon opinion personnelle !
Marc Peyratener le spationaute français n’est pas de cet avis, il voit les choses d’une manière plus large :
- Tu sais pourquoi je ne suis pas d’accord avec toi Sergueï, c’est parce que tu t’arrêtes sur les seules acquis techniques contemporains, je crois qu’il faut laisser les hommes du futurs, qui seront toujours des terriens d’aller au-delà de nos connaissances, au-delà de nos techniques qui paraîtront bien naïves dans cent ans ou mieux dans cinq cents ans, tu comprends ce que je veux dire, ils découvriront des choses dont nous n’avons pas encore la moindre idée, comme le fond diffus de l’univers que nous avons découvert à 380,000 ans après le « big bang », que nous avons réussi à répertorier et photographier – l’univers tout entier en une image qui nous fait découvrir des recoins qu’on ne soupçonnait pas.
- Oui tu parles des exploits de la « WMAP » Willkinson Microwave Anisotropy Probe de la NASA et de la fantastique sonde « PLANK » de l’ESA avec leurs résultats de 2010 et 2012. C’est vrai que c’est fantastique et je pense qu’on ne pourra plus jamais aller au-delà de tout ce que nous avons découvert, nous allons améliorer certaines données, mieux les expliquer quant à découvrir les mystères du cosmos, nous ne le pourrons jamais, moi aussi c’est mon avis personnel, à moi !
S’exclame William Lorren et Oliver Fergusson dit :
- Et attendez, voilà qu’on nous apporte les plats chauds !
Nadia et Katia enlèvent les longs plats qui contenaient les zakouskis et simultanément Galia, Sveta, Natacha et Marina déposent encore sur de longs plats des « schachliks », des brochettes de viande de mouton, des morceaux accrochés à des morceaux de poivrons, d’aubergines et de courgettes, des demi poulets grillés sur d’autres plats le tout avec des garnitures de pommes de terre, de haricots verts et de la semoule de sarrasin bien cuite à la vapeur qu’affectionne particulièrement l’équipe russe ; des sauces à la menthe et des sauces tomate à coté de la ratatouille. Les serveuses retirent les bouteilles de vodka et de whisky et remplissent maintenant les verres à vin. Chacun se sert et les conversations continuent. Frank Guillem arrache avec ses dents les morceaux de viande grillée de sa brochette, avale une rasade de vin de Géorgie et regardant ses amis et collègues, tantôt à gauche, tantôt à droite du milieu de la grande table où il est assis, leur dit :
- Je vais vous dire une bonne chose, sur tout ce que vous racontez, ce que vous dites est absolument sensé, vous avez tous raison, car vous savez que tout ce qui touche au cosmos est si peu connu de nous autres terriens, et que tout ce qui reste à découvrir est mystérieux. Le mystère en matière de cosmologie, pour notre compréhension a trois critères déterminés. D’abord le premier critère est le fait de se pencher sur la science, d’être à l’écoute de la science de faire de notre mieux pour comprendre ce qui a été découvert par l’homme, considérer les découvertes, les études, les analyses et les explications en gardant toujours la tête froide – cela est le premier critère. Le deuxième critère est celui de la psychologie de l’homme, de sa compréhension de ce qu’il est convenu d’appeler le « réel », la réalité des choses, de ce qu’on voit, de ce qu’on entend, de ce qu’on touche, le « cogito ergo som » de Descartes, sans oublier qu’il est très possible que chacun voit les choses à sa manière et là encore le verbe « voir » est pris dans le sens large de ce que je veux dire, mes amis – autrement dit, chacun peut avoir une conception des choses de la vie à sa manière qui lui est propre et toujours au moins légèrement différente du voisin. Le troisième critère est celui qui est commun à nous tous. Nous, dans notre formation spécifique, nous avons tous cette aptitude qui nous a dégagés sur une voie assez exceptionnelle, celle d’être devenus des cosmonautes ou astronautes pour vous nos amis américains. Si je vous dis que c’est Einstein qui a fait la part des choses en faisant de nous ce que nous sommes devenus, oui ce troisième critère est bien celui de la relativité. C’est par les mathématiques et aussi par la réflexion mathématique que nous sommes devenus des cosmonautes. La réflexion mathématique effleure la philosophie et aussi la psychologie.
- D’accord avec toi Frank, mais pourquoi fais-tu appel à la relativité d’Albert ?
Dit Guenadi Vorobiev grand blond aux yeux bleus qui fixent toujours son interlocuteur. Il est assis presqu’au bout de la table à la droite de Frank et il ajoute :
- Tiens passe-moi du poulet s’il te plaît, laissez-moi vous dire une chose sur la relativité d’Albert Einstein. Quelque chose qui me fait justement penser à la relativité dans les possibilités que nous avons à notre disposition pour aller toujours plus loin dans le cosmos. Nous parlons souvent du niveau technologique que l’humanité a atteint. Certains affirment qu’on ne pourra plus jamais aller au-delà de toutes les découvertes humaines en matière de physique et de chimie, mais que dans les sciences, nous ne pourrons qu’améliorer nos connaissances et nos réalisations. Il n’y a rien de mal dans le souhait d’améliorer les choses, au contraire dirais-je, car par exemple ne croyez-vous pas qu’il faille justement améliorer les conditions de vie de toute l’humanité sur notre Terre avant toute autre aventure, ne croyez-vous pas qu’il faille combattre la famine dans le monde, la criminalité, l’injustice, la pollution répandue sur toute la planète, dans les océans et dans l’atmosphère. Ne croyez-vous pas qu’il faille assurer la distribution de l’eau potable à tous les humains sur notre Terre – tout cela est la vraie priorité, mais comme le disent nos présidents de la NSEA à Fontainebleau à Houston et ici à Baïkonour, une autre priorité a pris une place importante – celle de l’exploration spatiale car déjà notre planète est surpeuplée, nous devons examiner les possibilités de trouver d’autres endroits dans le cosmos pour y loger une partie de l’humanité – d’ailleurs ce que j’ai compris de cette bonne intention éventuelle de sauver l’humanité, c’est que seulement quelques centaines, au mieux un millier ou deux pourraient s’exiler sur une exoplanète dans mille ans ou plus. Il n’y aura jamais de grands vaisseaux spatiaux pour déménager toute l’humanité à n’importe quel moment du futur. Mais, voici ce que je voudrais vous dire justement au sujet de la relativité, c’est en relation avec les transports spatiaux, c’est Albert Einstein qui avait donné cet exemple marrant : Un homme se promène avec son chien. Tandis qu’il marche posément sur la route, le chien va et vient, fait cent mètres devant lui et revient, fait cent mètre derrière lui en courant à vive allure. La longue queue du chien s’agite rapidement de gauche à droite, de droite à gauche. Quand son maître fait un kilomètre, le chien en fait cinq, tandis que la queue du chien en fait vingt-cinq. Le soir venu un constat se fait : le chien est plus jeune que son maître et la queue du chien est plus jeune que le chien !
Tous les hommes se mettent à rire. Marc Peyratener assis en face de Guenadi lui dit :
- Mais où veux-tu en venir Guenadi, moi je pourrais te parler des jumeaux de Langevin, il y en a un qui s’en va dans sa fusée pendant trois mois à l’horloge terrienne, il fait un grand tour dans notre galaxie à une vitesse proche de la lumière à frôler d’autres étoiles, mais lorsqu’il revient sur Terre un siècle a passé et il est reçu par les petits-fils de son frère jumeau depuis des années disparu. Lui n’a vieilli que de trois mois, t’as vu ça toi, où est la relativité. La notion du temps et celle de l’espace sont directement influencées par la vitesse.
Guenadi répond :
- Tout cela nous le savons, toi, moi, nous tous ici mais ce que je voulais mentionner c’est que nos fusées se déplacent pour le moment à une vitesse relativement semblable à celle du chien, tandis que dans le futur, les vaisseaux spatiaux se déplaceront à une vitesse relativement semblable à celle de la queue du chien ! Tu comprends, c’est ça la relativité en matière de transport spatial. Je suis certain que nous aurons de nombreuses occasions de parler de tous ces sujets passionnants pendant le voyage Terre-Mars, sur la planète rouge et aussi pendant le retour Mars-Terre. Nous devrons occuper notre temps. Peut-être rapporterons-nous de nouvelles notions des choses générales de notre expérience. C’est un peu prétentieux de dire cela, mais je suis persuadé que nous ne serons plus les mêmes lorsque nous reviendrons, c‘est ce qu’il me semble. Macha, apporte-nous du vin, c’est la fête aujourd’hui !
Sergueï Koniakov demande :
- Cela fait combien de temps que nous sommes ici chez « Tchaïka », vous avez raison, je ne m’en rends pas compte, mais on est bien ici au frais, dehors il fait une chaleur insupportable – hé les gars, faut pas sortir sous cette chaleur, malgré nos entraînements, on tomberait comme des mouches !
Robert Hick lui répond :
- Mais qui t’a dit qu’on va sortir, nous restons ici jusqu’à la nuit, on est bien là. Tiens on nous apporte des desserts et de la glace.
Dans une atmosphère détendue, les hommes de l’espace dégustent leur dessert et des glaces, finissent les vins de Géorgie qui paraissent légèrement doux et commencent à boire de l’eau gazeuse rafraîchissante. Ils vont prendre place dans des fauteuils confortables, continuent leurs discussions et regardent les chaînes de télévision, parfois par groupe de pays.

Dehors dans l’aridité des étendues de Baïkonour se profilent au loin des bus qui s’en vont en direction du « PCHP ». Trois bus climatisés arrivent sur le « site numéro 8 » celui du « PCHP ». Nadejda Feodorova la dynamique, demande aux personnes présentes de se regrouper autour d’elle, car elle n’a pas de microphone. Il faut dire que sa voix autoritaire est assez puissante surtout lorsqu’elle atteint ses notes basses de contralto et que c’est à ce moment là que son menton s’efface dans son cou agrémenté d’un collier de perles, montrant le haut de sa tête enchignonée brune aux petits yeux qu’on aperçoit à travers des fentes bien asiatiques et qu’adore son mari kazakh, c’est ce que disent d’elle les cosmonautes qui l’adorent aussi. Nadejda dans sa robe noire à grand décolleté commence ses explications :
- « Devotchki, molodoï tchelovek » (les filles, jeune homme) approchez-vous. Le « PCHP » se trouve à seize kilomètres des installations principales. A en croire certaines sources bien informées le « PCHP » deviendra rapidement le centre stratégique principale de la base de Baïkonour et cela est compréhensible, la plupart des fusées emportant vaisseaux ou containers spéciaux pour Mars partiront de cet endroit. Comme vous pouvez le voir, les bâtiments techniques sont éloignés comme sur la base principale. Ici dépassent du sol ces murs en béton armé insensibles aux hautes températures – les bétons ayant reçu un additif spécial lors de la coulée. Il faut dire qu’à la base du puits les bétons sont proportionnellement d’autant plus renforcés qu’en haut, car on a tenu compte, comme vous vous en doutez de la chaleur intense ainsi que de la pression qui atteint les limites de ce qu’on a jamais imaginé auparavant en force hydraulique. La force que le système hydraulique doit supporter est semblable à celle des turbines des plus importants barrages hydrauliques sur les fleuves. Ce que vous voyez en direction du puits c’est son orifice d’expulsion. Durant des semaines des essais avaient eu lieu pour tester l’efficacité du système « PCHP » et surtout sa compatibilité avec les lanceurs-fusées qui partiront d’ici dans l’espace. Lors des essais on faisait retomber les fusées à quelques kilomètres d’ici dans la steppe. Tout fonctionne à merveille avec des charges égales à celles qui partiront d’ici dans quelques semaines. Longtemps nous avons eu de l’appréhension pour ce système qui fonctionne à l’aide de plusieurs composants, tels qu’un explosif qui donne l’impulsion au système hydraulique pour se déployer à une vitesse puissante et croissante jusqu’à 20 mètres en dessous du sol. C’est à 25 mètres au-dessous du sol que la fusée est portée par ses propres réacteurs qui la font s’élever plus rapidement dans le ciel. Vous comprendrez que l’impulsion première de catapultage, fait bouger le complexe lanceur-fusée-vaisseau, lui donne cette force pour s’élever à transporter en trois secondes à vitesse croissante sa masse jusqu’au niveau du sol d’où le complexe prend son envol en puisant avec un petit retard sur ses réserves emmagasinées. Ce que je veux vous dire, c’est ce que vous ont expliqué nos directeurs de projet, c’est qu’en utilisant notre propulseur « PCHP » nous économisons aux alentours de 20% de carburant et ces 20% sont utilisés autrement. Ces 20% sont pris en charge, absorbés par la Terre, déduits de l’attraction terrestre immédiate. Dans son lancement le complexe lanceur-fusée-vaisseau ne peut en aucun cas subir le moindre retard sur le programme précis de la mise à feu des réacteurs du premier étage, en aucun cas car le lancement pourrait avoir des conséquences dramatiques pour notre programme « Mars Pneuma ». Nous allons maintenant descendre pour ceux qui le veulent bien par l’ascenseur du puits parallèle, jusqu’à la salle des machines. Suivez-moi. Douze personnes à la fois, l’ascenseur reviendra autant de fois que nécessaire pour chercher les autres, les chauffeurs vous guideront. Allons les douze premiers venez avec moi.
Les douze premiers prennent l’ascenseur et descendent avec Nadejda. L’impression est comme si on descend d’un immeuble d’une trentaine d’étages, on ne voit même pas les parois et on peut se parler, on ne ressent presque rien. Arrivés en bas, Nadejda éloigne le petit groupe dans une salle technique et donne rapidement quelques explications complémentaires :
- Par ce couloir, on arrive à une pièce étanche, complètement isolée du puits de lancement mais à partir de laquelle on contrôle le déroulement de la mise à feu du système hydraulique. Le vitres ont une épaisseur de quatre mètres et résistent aux plus hautes pressions. Au-dessus vous pouvez voir la plate-forme sur laquelle reposera le complexe lanceur-fusée-module à Baïkonour. A Houston la troisième partie sera le vaisseau habité. Voilà, vous pouvez remonter, et envoyez moi le groupe suivant.
Nadejda Feodorova donne trois fois les mêmes explications et remonte avec le troisième groupe de journalistes et de personnes autorisées. La visite terminée, les trois groupes remontent à la surface. Les bus ramènent les curieux à leur point de départ. Tout le monde se disperse chacun de son côté et les départs se font par bus vers l’aéroport pour prendre l’avion du soir le « Spetz-rejs » du retour sur Moscou certains s’en vont vers la gare de Baïkonour pour prendre le train de nuit qui mettra trois jours pour arriver à Moscou. Léonard Templer revient à son hôtel des « Quatre vents ». Les quatre spationautes européens, qui sont revenus dans la soirée après avoir passé toute l’après midi au restaurant « Tchaïka », Hans Gotten, William Lorren, Stéphane Viardeau et Marc Peyratener sont descendus prendre une légère collation accompagnée de thé dans la salle à manger en compagnie de leur ami Léonard qui leur explique qu’il a signé tous les protocoles selon les dispositions prises d’avance par Arnaud Rivière, les quatre jeunes gens suivront quelque entraînement à Baïkonour pour une dernière répétition pour se familiariser avec le matériel russe qu’ils retrouveront sur Mars. Le maniement, les mises en route, les façons de procéder, le suivi, les notes techniques, les pièces détachées de secours, le maniement des scaphandres en tous points semblables aux scaphandres américains, les schémas électriques, les tuyauteries des vaisseaux, les circuits de secours en cas de diverses pannes, les instruments d’observation optiques et radar. Dix journées d’absence de Fontainebleau et de leur centre de Bons en Châblais sous la montagne et bientôt les tout derniers préparatifs du suivi des vols non habités de l’année 2013.
Léonard Templer leur dit :
- Hé les gars d’ici novembre 2015, on a le temps, il y en a qui parmi vous voudront peut-être rester avec leur famille, ou une femme, plutôt que de se lancer dans cette aventure. C’est encore loin la prochaine fenêtre de tir pour Mars par rapport à la Terre, c’est dans 27 mois, c’est vrai tout peut arriver avec des événements imprévus. Bon quant à moi je vais téléphoner à Béatrice, roupiller un peu et demain après le p’tit dej, j’vous dirai au revoir. J’irai prendre le « Spetz-rejs » du retour sur Moscou, le « Touchka ». Nous ferons le voyage ensemble avec Orson qui regagnera Boston.
L’équipe européenne est bien fatiguée, les responsables des projets également et chacun s’endort au « Quatre vents » jusqu’au lendemain matin. Léonard descend avec sa valise à roulettes parmi les premiers, vers sept trente du matin. A peine qu’il s’assoit à la table habituelle, arrivent un à un les spationautes européens suivis des astronautes américains. Orson dit bonjour et va immédiatement se servir à la grande table du buffet suédois comme ils l’appellent ici ; les astronautes le suivent et prennent tous des corn flakes avec du lait. Orson et Léonard déjeunent tranquillement, devant leur café. Le petit déjeuner terminé, ils disent au revoir avec les encouragements habituels à tous les jeunes gens qui s’entraîneront pendant quelque temps avec les cosmonautes russes de Baïkonour. Une limousine vient chercher Orson et Léonard – direction de l’aéroport de Baïkonour. On devine la tour de contrôle à l’horizon ainsi que la silhouette du « Touchka » assurant le vol « Spetz-rejs » pour Moscou.
Arrivés à Moscou Domodedovo, Orson demande à Léonard :
- Tu savais toi que Domodedovo c’est la maison du grand-père ?
- Tu me prends pour qui, bien sûr que je le sais et depuis longtemps déjà, tiens v’la les jeunes qui viennent se charger de nous !
- Bonjour, bonjour, vous avez fait un bon vol ?
Disent-ils comme d’habitude en prenant les valises qu’ils mettent dans le coffre, puis ils assurent le transfert sur Sheremetyevo-2 dans le nord de Moscou. Le chauffeur demande :
- Vous rentrez directement ou vous voulez faire un tour à Moscou Monsieur Trueman avec votre collègue ?
- Non, non Vassili, nous sommes fatigués et nous devons prendre chacun notre vol du soir.
- Comment connais-tu son nom ?
Demande Léonard. Et Orson lui répond :
- Comment je le connais, comment je le connais, je le connais c’est tout et l’autre son copain, c’est Anton !
- Oui d’accord l’autre c’est Anton, moi aussi ils m’avaient accompagné, mais avec un minibus, puisqu’il y avait nos quatre spationautes que j’accompagnais. Ils ne m’avaient pas donné leur nom à moi.
- Oui, mais moi j’avais fait la fête avec eux il y a deux ans, quand j’étais venu avec mes hommes à moi.
- Ah bon, je comprends.
Au terminal de SVO-2 Vassili et Anton disent au revoir, tandis que Léo dit au revoir à Orson. Chacun prend son vol de son côté.
Orson attrape son Boeing-767 et Léonard son Airbus-320.

19 septembre 2013 de Stuttgart airport à Kourou. La NSEA de Baïkonour a fait appel à la compagnie russe qui possède huit gros avions qu’ils appellent le « Ruslan » c’est à dire l’Antonov-124. Naguère ces avions étaient destinés aux transports de troupes soviétiques et au matériel de guerre, tanks, camions mitrailleurs, canons, hélicoptères et avions de chasse en pièces détachées. Un autre avion, l’Ilyouchine-76 construit en bien plus grandes quantités avait les mêmes fonctions, la plupart avaient des visières parfois équipées de mitrailleuses en cas de nécessité, mais sa lourdeur malgré son élégance dans les airs, ne lui permet pas de faire la course avec un avion de chasse ennemi qui s’adonne aux acrobaties. Ces gros avions ont été construits par deux constructeurs russes différents. Ils n’en construisent plus, mais s’occupent plutôt de leur maintenance et ils ont aussi d’autres projets aéronautiques, d’ailleurs comme les Américains avec leur « Galaxy ». Ces avions sont en priorité à la disposition du ministère de la défense russe et à cet effet ils sont opérationnels immédiatement. Depuis le début des années 1990 la guerre froide entre l’est et l’ouest n’existe plus et les relations entre les deux grandes puissances ne laissent pas penser qu’un conflit dramatique puisse se créer, sauf des railleries assez habituelles dues au franc parler des dirigeants et aux informations indéniables circulant notamment par le biais d’Internet. Certains de ces avions sont rendus disponibles au commerce aéronautique – il faut simplement les louer. Le centre de contrôle de Baïkonour de la NSEA a un bureau qui s’occupe de la logistique terrestre. Jusqu’à dix wagons chargés de citernes aux parois métalliques épaisses de 6 centimètres arrivent chaque jour dans la gare de Baïkonour. Les trains convoyant ces citernes transportent au départ des grandes villes industrielles russes de l’hydrogène et de l’oxygène liquide et autres gaz dont le xénon en plus petites quantités. Ces gaz sont stockés pour remplir les réservoirs des étages des fusées. Le xénon est transvasé dans les petits réservoirs des moteurs ioniques à bord de chaque vaisseau spatial. Lorsque de grosses pièces de fusée sont fabriquées dans les villes industrielles russes et qu’un certain retard se fait sentir, immédiatement le service logistique terrestre fait une demande spéciale pour utiliser l’Antonov-124 et les pièces sont acheminées pour l’assemblage sans aucun retard sur le programme. Cet avion peut traverser l’Atlantique au départ de Stuttgart avec aisance jusqu’à Kourou. Afin de faciliter la tâche de chacun, la décision avait été prise d’utiliser le « Ruslan » et c’est chose faite, toutes les dispositions sont prises depuis plusieurs semaines. « Ruslan » s’envole de sa base d’Ulyanovsk le 19 septembre à 12heures locales (9heures ut). Le personnel de la « Spacien Konstruktzion Gessellshaft » attend près des hangars où sont entreposés les quatre modules d’habitation destinés à Mars. Les opérateurs de la tour de contrôle viennent d’indiquer que l’An-124 est en approche. Les gens sur la piste regardent au loin sur leur droite et voient effectivement un petit avion avec une légère traînée qui s’approche et qui devient de plus en plus gros – soudain, juste devant eux, une grosse masse volante sombre est à deux mètres du sol, puis le touche. Le crissement des 26 pneus de ses roues sur le tarmac font penser à un monstre vivant ayant légèrement souffert de l’impact et le bruit assourdissant de ses réacteurs se combine au souffle de son immense stature. Le spectacle fait plier les personnes qui l’attendent en faisant voler leur tablier blanc, leur imperméable et une ou deux jupes. L’avion atterrit sur la piste Est de l’aéroport de Stuttgart à 14 heures locales (13h.gmt). L’équipage prend son temps pour descendre. Les portes latérales s’ouvrent dix minutes après l’atterrissage et le « Loadmaster » descend avec la sangle de son cartable sur l’épaule et un bloc note sur lequel volettent des documents agrafés. La douane arrive, accompagnée de quelques autres officiels et responsables. Des conversations aboutissent à des accords et quelques minutes plus tard le hayon arrière se déplie, puis le hayon avant sous le nez de l’appareil, des vérins stabilisateurs hydrauliques glissent de son corps, se déplient pour toucher le sol en quatre endroits, l’équilibre est parfait et les roues ne souffrent pas de surpoids d’une manière isolée par essieu – on voit le jour au bout d’un tunnel de plus de quatre mètres de haut et long de 36 mètres. C’est dans ce volume de 1000m3 que seront chargés les modules emballés sur des palettes en bois, spécialement conçues pour ce transport exceptionnel. Deux des quatre modules sur palette sont acheminés vers le hayon avant du « Ruslan ». Chacune des palettes est tirée par un tracteur des services aéroportuaires. Le premier tracteur monte jusqu’en haut du hayon à deux mètres cinquante du sol et roule le long de la carlingue de l’avion cargo, jusqu’à un point au milieu, où l’arrête un technicien. Le tracteur est détaché, le module « 1 » fixé sur sa palette est solidement arrimé avec sangles et filets aux crochets-taquets de la plate forme du plancher. Le tracteur roule et descend par le hayon arrière. Il traverse la carlingue d’un bout à l’autre. Le module « 2 » est poussé par un deuxième tracteur toujours par le hayon avant jusqu’au premier module sans le toucher, et sur sa palette il est arrimé comme le « 1 ». Le hayon avant se referme et le nez de l’appareil reprend sa forme naturelle. Le troisième module est poussé par un autre tracteur par le hayon arrière et arrimé sur sa palette comme les deux premiers. Le tracteur roule en marche arrière et le quatrième module est à son tour chargé et arrimé – sangles, filets et crochets taqués fixés au plancher. Le hayon arrière se referme. Quelques responsables de l’appareil après avoir fait une petite promenade sur le terrain pour se délasser, viennent maintenant discuter avec deux agents aéroportuaires qui viennent brancher sous le ventre de l’avion dans une trappe, d’abord la grosse prise à cinq cosses pour recharger certaines batteries et assurer l’électricité à bord et aussi la prise du tuyau à crans d’arrêt qui assure la recharge en air comprimé des bonbonnes qui n’ont plus leur pression maximale. Le générateur fonctionnera le temps du stationnement. Les hommes membres de l’équipage remontent à bord après la petite promenade. Des plateaux repas chauds du service « catering » de l’aéroport de Stuttgart leur sont apportés en queue de l’avion où sont situées les plus grandes cabines. L’avion reste sur sa place de parking, comme au repos pendant des heures. A dix huit heures trente, Le commandant, tranquille avec le copilote, le navigateur et deux ingénieurs s’en vont avec plusieurs membres de l’équipage guidés par les responsables de la firme allemande, dîner dans une brasserie en ville. Ils passent la nuit dans un hôtel trois étoiles pour se reposer d’une journée bien remplie. Le réveil sonne à 6 heures le lendemain et après un petit déjeuner copieux, un minibus les ramène à leur « karable » comme ils disent pour désigner un vaisseau. Un navire fend l’eau, un avion fend l’air. A bord de l’AN-124 l’équipage débarque les dernières poubelles après avoir terminé le petit déjeuner et s’affaire déjà, chacun à son poste. Le générateur qui a fonctionné toute la nuit est déconnecté et un signe de la main d’un des agents indique à l’équipage que la manœuvre est bien effectuée. Les portes arrière et avant sont encore ouvertes. Le commandant et ses équipiers, chacun est à son poste. Les dernières mises au point se font d’une façon bien rodée. Dans la cabine de pilotage la check-list est égrenée, l’heure du départ est confirmée par un agent d’escale de l’autorité portuaire qui dit au revoir et descend de l’avion. Le départ est confirmé une nouvelle fois par radio par la tour de contrôle et le copilote donne l’instruction de fermer toutes les portes. Il est 9 heures. Les techniciens de bord exécutent toutes les manœuvres. Au sol le gros générateur déconnecté est tiré au loin par un tracteur. Un signal de l’imminence de départ est donné par la « tour » et les quatre réacteurs sont mis en marche, l’un après l’autre : le quatre, le un, le trois et le deux. Quelques minutes pour réchauffer tous les circuits, quelques mots entre la cabine et la « tour », toutes les coordonnées sont rentrées dans l’ordinateur de bord, les derniers réglages sont effectués, les sabots qui entravent le train d’atterrissage sont enlevés par les agents au sol habillés de jaune. Le « Ruslan » bouge, il est tracté par le plus gros tracteur de l’aérodrome qui le manœuvre et vient le positionner en bout de parking. Le tracteur se déconnecte, le chauffeur fait un signe au commandant sur le côté gauche – au loin devant le nez de l’avion, le pilote de piste fige ses deux panonceaux vers le ciel et se sauve vers le tracteur. Encore une minute freins bloqués, puis les moteurs montent en puissance presque maximale – le paysage défile de plus en plus vite, les roues du train cognent la piste, les oreilles encaissent le bruit qui s’estompe dès que le décollage prend effet, au bout d’une minute un bruit sourd indique que le train d’atterrissage est rentré avec ses nombreuses roues, une quinzaine de minutes de montée jusqu’au palier « 110 » et un vol de croisière commence en direction de Kourou.

Le premier épisode sera effacé à la suite du troisième.




science fiction un livre

1072017

Jeunesse – science-fiction – aventures terrestres et spatiales – technologies – voyages
Répertorié à la Bibliothèque du MUSÉE de L’AIR et L’ESPACE du BOURGET

Répertorié dans Science Fiction, Fantasy

Voir plus d’articles de Wladimir Vostrikov

Comme au Ciel sur la… Par Wladimir Vostrikov Couverture souple : 12,50 € + frais d’envoi

science fiction un livre dans Libraires

Cliquer sur le lien :




NSEA is a book

14062017

Disponible chez tous les distributeurs:

N S E A Agence d’exploration spatiale des nations
Par Wladimir Vostrikov

Aventures et technologies avancées dans le domaine spatial international. Les pays qui ont développé des programmes spatiaux, ou qui contribuent aux lancements de fusées avec plusieurs étages, contenant les vaisseaux spatiaux et les réserves de comburant (carburant pour les lanceurs) font partie d’une organisation connue: la NSEA mais dont les activités demeurent secrètes pour la bonne marche des projets jusqu’à leur réalisation. Des équipes de chaque pays concerné collaborent pour la construction des infrastructures terrestres comme la nouvelle base de lancement aux techniques inédites à « Falaise Crevaux » avec une station géostationnaire au-dessus de la Guyane française, une région liée à la mémoire de l’aventurier Jules Crevaux ancien médecin des armées du dix-huitième siècle qui perdit la vie sur le fleuve Amazone…. Plus voir descriptif Edition lulu.

Voir la page Focus
Couverture souple, 430 Pages

Prix catalogue : 25,49 €
à l’occasion du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget juin 2017IMGP0115Ariane_5_liftoff_on_flight_VA222_small
Imprimé en 3 à 5 jours ouvrés

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Salon du Livre et de la BD de mennecy les 4 et 5 février 2017

6022017

‌‌Un petit « bonjour » de Wladimir parmi 120 auteurs au Salon du Livre et de la BD d’Île de France de Mennecy, les 4 et 5 février 2017

​cliquer sur le lien : http://77direct.fr/91mennecy/ ci-dessous:

pendant les quelques premières images du clip. La vidéo reprend la totalité des auteurs présents ainsi que les animations.

Nouveaux titres présentés:

Nouvelles- Essai
« La particule spirituelle »
​ »Comme au Ciel sur la Terre »
« NSEA  Agence d’exploration spatiale des nations »




Boeing 747-400 mis à l’écart

28042016

Impressionnant, un vol quotidien, dit-on d’un A-380 entre Mexico et Paris-CDG, c’est très bien mais quelle est la raison parmi bien d’autres de ces vols quotidiens vers la France. Chaque vol représente dans les 350 passagers x 7 = 2450 personnes par semaine, seulement en provenance de Mexico, qui l’eût cru ! Mais pourquoi pourrait-on se demander, et bé, on ne sait pas – tous, des hommes et des femmes d’affaire, des touristes – les touristes semblent plus intéressés par les Etats Unis d’où ils sont continuellement refoulés. Sans être grand voyageur, chacun a déjà vu des avions pratiquement vides sur leur chemin de retour ou l’inverse – les flux humains sont inattendus et parfois inexplicables, c’est ainsi et c’est tout. A part Mexico il y a des centaines d’autres provenances et destinations.

Le Boeing 747-400 paraît comme neuf, remotorisé avec ses beaux moteurs et sa belle silhouette et pourtant il est écarté.

L’avion Boeing-747-400 d’Air France qui avait effectué son dernier vol aurait transporté 250,000,000 de passagers (deux cent cinquante millions) depuis 1970 jusqu’au début 2016 disent les médias.

250,000,000 / 250 passagers en moyenne (vide plein, vols vides tenant compte des périodes d’inspection générales et intermédiaires) = 1,000,000 vols entre 1970 et début 2016.
250,000,000 pax / 45 ans = 5,555,555 pax par an comme approx.:
1,000,000 vols / 45 ans = 22,222 vols par an.
22,222 x 250 pax = 5,555,500 pax par an ( à 55 pax près).
5,555,500 pax / 12 mois = 462,958 pax par mois
462,958 / 4 semaines = 115,740 pax par semaine
à raison de 250 pax à bord x 8 vols max par semaine = 2,000 maximum et non 14,467 pax par vol ce qui est impossible. Les médias se trompent quelque part ! Dans le nombre de Boeing 747.

Voici le calcul réel:
45 années de service – max 280 passagers § 300… mais tenant compte des places souvent inoccupées et périodes d’inspections techniques – comptons raisonnablement 250 pax par vol.
Comptons large huit vols aller ou retour, vol unique par semaine. C’est à dire quatre rotations aller-retour long courrier de l’appareil, dont les compagnies n’aiment les « AOG » (Aircraft on ground).
45 ans x 52 semaines x 8 vols semaine x 250 pax = 4,680,000 passagers !
contre calcul : 8 vols semaine – 52 semaines – 45 années – 250 passagers. soit 8x52x45x250 = 4,680,000 pax
Bien loin de ce qu’ont annoncé les médias. Ils ont omis de dire qu’il s’agit d’une cinquantaine de Boeing-747-400 mis à l’écart, rendus au loueur ou vendus.
Leo Temp




la conquête de Mars possible mais internationale

5032016

La conquête de Mars est tout à fait réalisable, les spécialistes le savent et ils admettent que pour réussir il faut agir ensemble en utilisant les techniques de toutes les nations qui se sont lancées dans l’extraordinaire aventure de la conquête spatiale. NASA, Mars One, Elon Musc, ESA, ROSCOSMOS, les Chinois, les Japonais. Nations et entreprises publiques ou privées.

Le roman de la conquête de la planète Mars, « Mars conquête décisive » correspond étrangement au lancement « d’ExoMars » la sonde Russo-Européenne de l’ESA et de Roscosmos. Le lancement a eu lieu au mois de mars 2016 et l’atterrissage est prévu en octobre 2016 – sept mois de voyage à travers le système solaire.

Les données techniques de « Mars conquête décisive » et « CosmoS-21″ sont correctes. C’est une aventure terrestre et spatiale, un « threaller ». Une aventure prenante, distrayante et amusante, le tout à la fois. Des personnages atypiques. La conquête de Mars a commencé déjà bien avant avec des sondes comme « Curiosity » non seulement avec la NASA mais aussi avec l’ESA et Roscosmos. Dans les romans SF « Mars conquête décisive » et « CosmoS-21″ les choses ont commencé en 2008 et 2015 et se prolongent jusqu’en 2018.

Commander chez: vladex@sfr.fr
et http://www/leseditionsdunet.fr/

et bien d’autres libraires.




CosmoS 21 – Distractions Mathématiques et Physiques

18112015

FNAC – Paris et autres magasins FNAC

Demander, commander : « CosmoS 21 – de Jules Crevaux à Constantin Tsiolkovski »

Un livre lucide des sciences exploratrices de l’espace. Conquête du cosmos, jusqu’à quelles limites.
Pourra-t-on aller plus loin que les limites du système solaire, au-delà de Mars, traverser la ceinture d’astéroïdes, sur les lunes de Jupiter ou celles de Saturne ou même plus loin? Rien n’est moins sûr. Pourra-t-on un jour rêver d’envahir l’univers tout entier comme rêvent certains spécialistes, rien n’est moins sûr. Même à l’aide de nouvelles conceptions révolutionnaires en matière de transport dans l’espace, trous de ver y compris.




ASTROCYCLORAIL de Charny

5112015

Adresses utiles

loisirsadherents

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aCyclorail

Cyclorail

Vous cherchez une façon originale de découvrir la Puisaye tout en vous amusant ? Découvrez l’ancienne voie ferrée en vélorail entre Charny et Villiers Saint Benoit… Avec l’ASTRO-CYCLORAIL : découvrez notre système solaire et toutes ses planètes à l’échelle exacte des distances en pédalant à 3 fois la vitesse de la lumière ( unique en Europe).
Patrick BERTRAND
Mob. : 00 33 (0)6 32 45 63 91
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2 Messages de forum

Cyclo-rail 15 avril 14:11, par Wladimir Vostrikov

Astro Cyclo Rail de CHARNY – Il faut y aller samedi ou dimanche !

Je crois qu’il faut réserver d’avance !

C’est ce que j’avais écrit dans mon blog le 29 juin de l’an passé.

Sur des rails d’un chemin de fer désaffecté, une idée géniale est mise en place. Le 28 juin, c’était l’inauguration par Hubert Reeves. Un trajet à raison d’une seconde par mètre, une draisine emmène plusieurs passagers dont certains doivent pédaler jusqu’à la première étape avec une représentation de la Terre proportionnellement à la vitesse de la lumière, à 8 minutes (18 secondes) du départ. Et le trajet continue pendant plus de 15 km parsemé des planètes de notre système solaire. C’est l’idée géniale des associations de Charny avec le parrainage du génial Hubert Reeves, astrophysicien, poète, philosophe amoureux de la grande musique des arts et de la nature – la preuve l’initiative d’Humanité et Biodiversité de réaliser et accrocher des perchoirs d’oiseaux « Oiseaux merveilleux oiseaux »…

Je suis content pour cette ville pour l’événement extraordinaire où j’ai des amis.

Hubert Reeves est le parrain de cette formidable idée qui fera la joie des enfants et aussi des adultes.

Le parcours en draisine tout en pédalant sur de vieux rails fera découvrir les planètes du système solaire avec tous les détails concernant chacun des astres croisé sur des distances exactement proportionnelles aux distances réelles.

C’est une idée donnera une activité certaine à la région, les gens viendront de partout pour se déplacer à un mètre seconde à travers la jolie campagne du Puisaye.

C’est avec joie que j’exprime mon enthousiasme à la municipalité, et aux initiateurs et je suis convaincu des remerciements de tous envers Monsieur Hubert Reeves. Je viendrai un de ces jours prochains en famille pour faire le parcours. En attendant, il s’agit d’une grande fête dans votre ville et sa région et la bonne ambiance continuera.

http://www.vladex.unblog.fr

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Cyclo-rail 25 avril 10:02, par audrey

Bonjour Wladimir,

Merci pour votre présentation de cette activité, au plaisir de vous accueillir prochainement dans notre région.

Cordialement.

Répondre à ce message

New-York, Nietzsche, pont de Brooklin, clochard, Armée du Salut dans le Bronx.

Vous voulez un extrait de CosmoS 21 ?

Voilà qu’Orson s’y met aussi car après un bon repas terminé par le champagne toutes les langues se délient :
- Nous sommes tous d’accord Hans et Arnaud. Dans la vie courante nous travaillons sur du tangible et du concret, quant aux rêves, personnes ne peut s’immiscer dans notre intimité. L’autre jour j’avais rêvé que j’étais clochard et que je dormais sous les arcades du pont de Brooklin, et que la nuit, des bénévoles de l’Armée du Salut, la «Salvation Army» étaient venus me chercher pour m’emmener dans leur centre du Bronx. Je m’étais réveillé brusquement en hurlant et ma femme s’était mise à me consoler : « What’s the matter darling ? Oh you had a nightmare, I see !» M’avait-elle dit et je lui avais répondu, « yes honey, again a nightmare ». Oui chérie, encore un cauchemar, toujours le même, le bien contre le mal, le faible face au puissant. Et elle m’a rétorqué « Oh darling, mais c’est toi le puissant et tu fais le bien ! ». Avant de me rendormir je lui avais répondu : « et si j’étais le faible et que je faisais le mal – ou que j’étais le puissant et que je faisais le mal – ou que j’étais le faible et que je faisais le bien – ou que j’étais le riche, le puissant et que je faisais le bien… ou le mal. Elle s’était rendormie en me disant, « Dès demain, tu arrêtes de lire ton Nietzsche ».

Il n’y a pas qu’aventure spatiale et fusées…




Musée SAFRAN de REAU

30112014

Traveler DC 120Traveler DC 120Une splendeur des techniques françaises et européennes de l’aéronautique et de l’espace près de tous les habitants de l’Ile de France

Ne jamais omettre un génie né au dix neuvième siècle et décédé en 1935 : Constantin Tsiolkovski, c’est lui le plus grand de tous les concepteurs en avance sur son temps, il avait tout préparé et conçu des stratagèmes qui avaient donné des idées réalisées par Von Braun dès les premières fusées (déjà inventées il y a très longtemps par les Chinois). Son portrait est le premier de la série des génies de l’aéronautique et de l’aérospatiale du magnifique Musée SAFRAN de Réau, Melun-Villaroche. Avant eux, les précurseur de l’aviation, ceux avaient osé affronter la force permettant aux avions de planer dans l’atmosphère en ayant eu totalement confiance en la surface planaire de leur engin savamment conçu, fragile et difficilement maniable qu’il fallait d’abord avoir eu la témérité et le courage de maitriser – les fous volants.
Au Musée SAFRAN les moteurs d’avion avec leur hélice de SEPT CYLINDRES, puis de NEUF CYLINDRES et beaucoup plus jusqu’aux moteurs en ligne, les réacteurs d’avions de chasse, un réacteur de CONCORDE, réacteur d’un Boeing 737 dont la construction se fait parallèlement conjointement aux USA et à la SNECMA – tous ces engins d’une complexité incroyable avec leurs tuyaux, tuyères, clapets, volets, turbopompes, fils éblouis par des projecteurs rouges, bleus, verts dans la pénombre, un mystérieux étonnement envahit le visiteur et lui donne le tournis. Dans les salles de fond après les innombrables motos toutes aussi étonnantes, les moteurs de fusées. Ariane-4 avec son premier étage à 4 moteurs tuyères dont le fonctionnement ne dure que seulement 7 minutes et 10 secondes alors que les deux boosters allumés simultanément ne durent que 6 minutes et deux secondes avant de retomber vers la surface de la terre. A 115km d’altitude le premier étage se détache et retombe également sur terre, le deux deuxième étage « Moteur Vulcain » continue l’ascension à 1.5km/sec jusqu’à 200km d’altitude. Après, c’est le jeu d’acquisition des orbites. Ariane-5 avec un seul gros moteur « Vulcain » directionnel, avec ses deux boosters – puis écrans avec les explications du fonctionnement des moteurs ioniques et tant d’autres choses passionnantes avec des messieurs comme Jean-Pierre Livy qui expliquent d’une manière vivante la passion qu’ils ont depuis toujours. Ah oui, les boosters contiennent un comburant « poudre » tandis que dans le moteur numéro « 1″ il s’agit d’un système dit « cryogénique » car les gros réservoirs contiennent les ergols suivants: de l’hydrogène liquide LH2 à -250° celsius et de l’oxygène liquide LOX à -180° celsius. Les deux composants savamment dosés donnent une impulsion à la fusée l’équivalent au même moment de la puissance d’une centrale nucléaire. J’y vais et j’y retourne !

Les titres suivants disponibles sur Amazon allemand et Amazon Great Britain et autres Kindle pour tablettes:

Le projet Vladikite
Le songe d’Anne de Kiev
Fin du monde à Bugarach
Conceptions cosmologiques – essai
Mars conquête décisive

Copier/coller le lien pour lire quelques pages sur Amazon allemand :

http://www.amazon.de/Mars-Conqu%C3%AAte-D%C3%A9cisive-French-Edition-ebook/dp/B00DS4YY66




Mars conquête décisive dans « Air Actualités »

14102014

Mars conquête décisive » est mentionné dans le magazine de l’Armée de l’Air.
Voir « Air Actualités » d’octobre 2014

Ce livre est une simulation d’un voyage vers Mars à l’échelle des préparatifs, de l’accomplissement du voyage aller, du séjour sur la planète rouge et aussi du retour de deux équipages. Voulez-vous une suite?

Infos recrutement: http://www.air-touteunearmee.fr
pour recevoir gratuitement une documentation d’information.

Des articles passionnants et des photos saisissantes, toute l’actualité sur l’Armée de l’Air

Quelques pages de « MARS CONQUETE DECISIVE » sur Amazon, cliquer sur le lien ou copier coller sur moteur de recherche:

http://www.amazon.de/Mars-Conqu%C3%AAte-D%C3%A9cisive-French-Edition-ebook/dp/B00DS4YY66







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