Feuilleton NSEA roman sf – 2ème épisode

11102017

Feuilleton NSEA roman sf 2

A Houston.
Dans le prolongement du bâtiment « administration et opérations », d’énormes hangars assemblent les fusées en position horizontale. Devant le plus grand hangar on peut apercevoir un quai de débarquement avec des plates-formes qui ont pour fonction de soulever des pièces lourdes d’engins qui arrivent à cet endroit par camion-remorque à plate-forme surbaissée en provenance du port de Galveston dédié aux activités spatiales de Houston dans le Golfe du Mexique débouchant au loin sur l’Océan Atlantique. A partir du plus grand hangar se profilent sur une épaisse route bétonnée, des rails trois fois plus épais que des rails de chemin de fer, de 15 feet, (cinq mètres) d’écartement sur une longueur qui semble s’estomper au-delà de l’horizon au loin vers le Golfe, longs de deux kilomètres. Au bout de ce chemin, se dressent les quatre tours ascenseurs métalliques hautes de 75 mètres au milieu desquelles se tiennent parfois majestueusement des fusées de 115 mètres de haut. Aujourd’hui rien ne se profile à l’horizon. D’énormes travaux ont eu lieu à Houston, ils ont creusé deux puits profonds d’une centaine de mètres. Le tout ferraillé et bétonné avec d’imposants murs très épais. Tous les spécialistes autour du programme « Mars Pneuma » se connaissent. Beaucoup se rencontrent déjà devant le bâtiment, le temps s’y prête en ce mois d’août 2013, le 21 exactement. Au Texas, il fait toujours bon. A 10 heures 30 la salle se remplit de tous les acteurs de la plus grande aventure humaine qui va débuter sa première phase dans l’espace, dans un mois et dix jours. D’abord à partir de Kourou, avec les 2 vols VREN-3 et 4, puis d’ici de Houston les 2 vols VUSA-5 et VUSA-6 et les 3 vols VREN-7, VREN-8 et VREN-9 de Baïkonour. L’audience ressemble par les regards inquiets et l’habillement des hommes et des femmes présents à celle qui se tenait à Fontainebleau une dizaine de jours auparavant, d’ailleurs Léo et les spationautes européens ont reconnu quelques têtes rencontrées à ces premières festivités. Ici les conditions vont changer d’une manière draconienne. Le président de la NSEA, Orson Trueman prend la parole :
- Mesdames, Messieurs voici le moment venu de vous annoncer ce qui se passera inéluctablement au mois de novembre 2015 ici sur notre base spatiale de Houston. Nous lancerons VUSA-13H notre treizième vaisseau, le premier vaisseau habité de la NSEA le 20 novembre. Ce vaisseau emportera quatre astronautes, toujours avec notre procédure « d’opposition » non pas la version la plus courte, mais non plus la plus longue, pour une période d’absence de Terre de 930 jours.

C’est à bord d’un autre vaisseau que le véhicule à six roues le « S-6 » sera acheminé sur Mars, pour les déplacements sur son sol. Il est prévu que le véhicule parcourra au minimum 1000 km à la surface de Mars, pour explorer le sol, les rochers, la poussière et la glace qu’il trouvera. Ce véhicule possède à son bord une machine « drilling equipment » capable de forer le sous-sol jusqu’à 1000 mètres de profondeur. Nous savons qu’il y a incontestablement de l’eau sur Mars et en grande quantité, si l’eau glacée n’est pas assez limpide à la surface, nous irons la chercher jusque dans le permafrost. Nous aurons de l’eau et l’eau nous servira dans de très nombreuses applications. Le véhicule «S-6» voyagera à bord du vaisseau VUSA-15 avec d’autres équipements. Les quatre premiers astronautes atterriront à bord du vaisseau de l’étage « 4 » qui servira de descente et de remontée sur Mars, le VUSA-13H. Ils se serviront du troisième étage plein d’ergols à 50%. Les quatre hommes iront rejoindre le matériel qui se trouve déjà sur place, notamment les quatre modules d’habitation dans lesquels ils rentreront d’abord par le sas de décompression où de l’air respirable sera insufflé, puis ils enlèveront leur scaphandre et feront leur toilette. Les quatre premiers à fouler le sol martien rendront rapidement les deux autres modules non seulement habitables mais aussi accueillants pour les quatre astronautes suivants qui arriveront deux jours terrestres plus tard. Le véhicule « S-6 » sera déchargé et garé à l’abri d’un rocher touchant l’un des modules. Le « six roues S-6 » permet d’y loger aisément trois astronautes pendant les longues randonnées que nos hommes entreprendront. Il contient aussi une petite cabine sas pour les sorties des explorateurs. Lors des randonnées, si trois astronautes partent en mission, obligatoirement trois autres resteront en veille pour les télécommunications et aussi au cas où il faudrait porter assistance aux trois premiers. Equipes de trois est un minimum car il faudra compter en cas d’urgence sur tous les hommes présents sur Mars. Je donne la parole à Arnaud Rivière qui nous expliquera le déroulement des opérations concernant le vaisseau VUSA-14H, à vous Arnaud !
Arnaud prend la parole malgré que le vol suivant soit un vol US :
- Merci Orson ! VUSA-14H est le vol du quatorzième vaisseau de la NSEA, prévu inéluctablement pour reprendre vos mots, à bord duquel prendront place quatre astronautes sur les huit qui partiront vers Mars. Ce vaisseau sera essentiellement un transport de passagers, avec leur réserve de carburant spécial fusée ergol, de provisions alimentaires et d’eau en quantité limitée mais suffisante. N’oublions pas que l’usine qui sera bientôt sur le site, fabriquera le précieux carburant nécessaire au retour des deux vaisseaux, et celle-ci produira également en quantité appréciable, de l’eau rendue potable. Nous avons pris des précautions pour avoir à disposition tout le carburant nécessaire au retour des deux vaisseaux, nonobstant la production martienne. Mais avant de pouvoir nous rassasier à cette fontaine, un vaisseau de la NESA nous aura déjà apporté une cargaison d’H2O à bord du vol VREN-12 qui partira de Baïkonour le 18 novembre 2015. Ces premiers huit spationautes marsonautes se consacreront d’abord à rendre habitable et confortable le premier campement sur la planète rouge à l’aide des modules que nous aurons envoyés précédemment par notre méthode automatisée. A l’intérieur tout y est aménagé pour un confort maximal. A l’extérieur dans d’autres tentes containers gonflables qui seront acheminés par les mêmes vaisseaux cargo des vols VREN, se trouvent des quantités de provisions et d’eau suffisantes pour trois années. Le revêtement des modules d’habitation sont adaptés pour supporter des températures allant de 40°C à moins de –160°C, c’est une marge tout à fait convenable. Les panneaux solaires ne seront pas aussi efficaces que sur Terre mais suffisants pour les besoins immédiats. Nous avons évalué que le module « usine de raffinage » à partir du dioxyde de carbone combiné à de l’hydrogène, permettra en une dizaine de jours de bénéficier déjà de cette énergie d’origine gazeuse convertie à nos normes d’utilisation. Nous savons tous ici que les allumettes et les briquets sont interdits sur Mars – mais bien sûr, je plaisante car chacun revêtira un scaphandre totalement hermétique aux gaz environnants et isolant contre les températures plutôt très basses que hautes et très variables. Donc, sur deux semaines au mois de novembre 2015, un vaisseau suivra l’autre, ou si vous préférez le « 14ème » suivra le « 13ème ». La troisième et la quatrième semaine du mois de novembre 2015, nous offrent les meilleures fenêtres de tir sur une période évaluée à un mois. Après, il sera trop tard, nous ne pourrons plus envoyer de vaisseau vers Mars, faute de ne plus pouvoir rattraper la planète rouge ou difficilement en utilisant des réserves d’ergols prévues pour d’autres manœuvres. Nous aurons amplement le temps de procéder à tous nos lancements car le moindre détail a été prévu depuis longtemps à l’avance. Nous utilisons des moyens technologiques spécifiques précis qui utilisent un effet de fronde combiné à la gravité du Soleil, de la Terre et de Mars et parfois celle de Vénus qui manifeste aussi dans certains cas de figure son influence. Les trajectoires Terre-Mars et Mars-Terre sont déterminées par des données précises qui ressortent des résultats de calculs de nos ordinateurs surpuissants de Fontainebleau et le super-ordinateur américain « Franklin », ainsi que ceux de la NSEA en Europe. Le départ du vol VUSA-14H est calé pour le 22 novembre 2015. Si vous voulez bien, reprenons toute la série des vols de novembre 2015 en y incluant les vols habités, par dates de départ :

Départ de Baïkonour
VREN-10 départ le 14 novembre 2015 carburant SL100 tonnes orbite Mars.
VREN-11 départ le 16 novembre 2015 carburant SL100 tonnes Orbite Mars.
VREN-12 départ le 18 novembre 2015 Eau de source.

Départ de Houston
VUSA-13H départ le 20 novembre 2015 des 4 spationautes. 3ème étage atterrit sur Mars.
VUSA-14 départ le 22 novembre 2015 des 4 spationautes. 3ème étage atterrit sur Mars.
VUSA-15 départ le 24 novembre 2015 équipement, véhicule « S-6 » et produits alimentaires.
VUSA-16 départ le 26 novembre 2015 équipements divers et produits alimentaires.
Je vous remercie pour votre attention ! Termine Arnaud Rivière et Orson Trueman reprend la parole pour indiquer :
- Mesdames, Messieurs, notre conférence continue ce soir à partir de 19 heures. Nous traiterons du deuxième volet qui nous a amenés à pouvoir enfin réaliser notre programme « Mars Pneuma ». Des précisions et des explications seront portées à votre connaissance. J’invite maintenant tous les participants à rejoindre les groupes de travail et d’information pour les détails des opérations à venir autour des quelques tables dans les autres salles adjacentes. Merci pour votre attention et à ce soir !

Les journalistes se précipitent à l’extérieur et entament de longs monologues avec leur téléphone portable en faisant des gestes comme si leur interlocuteur les voyait pour mieux se faire comprendre. Certains tournent sur place, d’autres tapent du pied, d’autres lèvent un bras en l’air dont la main tient encore un papier. Les plus consciencieux s’installent aux petites tables dispersées un peu partout jusque dans les niches prévues pour eux et parlent dans le micro accroché à leur chemise ou chemisette pour les filles tout en tapant sur leur ordinateur portable leur article à sensation du jour. Tant pis pour les fautes la secrétaire reprendra le tout pour tout bien aligner sans faute aucune dans les colonnes de « Washington Gazette », le « London Scientist », « Daily comments », « New-York breaking news », « Algemien journal ab Amsterdam », « Les nouvelles du matin », « Le journal du jour » et bien d’autres.
« C’est tout de même quelque chose d’incroyable, quelque chose d’inhabituel ! » dit un commentateur devant une caméra de télévision et cela lui donne l’idée de rassembler immédiatement quelques spécialistes autour d’une table, comme on dit, pour discuter à vif d’un tel événement. Peu à peu les gens quittent Houston, mais des émissions de télévision en direct ont lieu aussi sur le champ. Arnaud Rivière est invité avec Léo Templer, Marc Peyratener, William Lorren, Hans Gotten et Stéphane Viardeau. Ils s’installent dans une des nombreuses salles audio visuelle autour d’une table. Sur le fond du studio passent des images très grandes de fusées qui décollent, des vaisseaux navigant dans l’espace, des sorties d’astronautes extra véhiculaires et continuellement le sigle de la NSEA. Le journaliste présentateur américain de la chaîne NACSF de San Francisco entame la conversation ne sachant pas trop par quel sujet commencer, nos interlocuteurs européens ont l’habitude de ces interviewes et ils parlent couramment l’anglais, même avec un accent américain, sauf William Lorren, bien entendu :
- Avant de commencer, laissez-moi vous dire que notre chaîne est regardée lors d’événements de grande importance par 80 millions de téléspectateurs. J’espère qu’aujourd’hui nous allons dépasser ce chiffre habituel et que nous approcherons de la centaine de millions de téléspectateurs. Nous transmettons aussi nos émissions avec vos collègues européens, nous travaillons ensemble, ils ont toujours quelqu’un qui traduit lorsque c’est nécessaire, mais la plupart du temps nous donnons le circuit image et vos journalistes prennent la parole en utilisant nos techniques.
Tout à coup, le signal rouge s’allume « on air in 2 minutes » et le décompte décroissant est entamé. Le présentateur dit « nous allons commencer, top ! »
- J’aimerais vous poser beaucoup de questions, mais vous vous doutez bien que nos astronautes américains nous ont déjà renseignés sur beaucoup de sujets, j’aimerais simplement avoir votre confirmation sur leurs points de vue en ce qui concerne cette nouvelle aventure dans le cosmos.
Arnaud Rivière lui répond :
- Nous allons peut-être vous décevoir un peu car nous répéterons la même chose que nos collègues américains.
Le présentateur journaliste reprend :
- Ce n’est pas tout à fait ce que je crois, car ils ne nous ont pas répondu à toutes les questions. Croyez-vous que le moment soit bien choisi depuis l’année 2012 d’envoyer 14 vaisseaux spatiaux, en plus des deux qui ont déjà placé deux satellites très coûteux en orbite martienne haute pour les télécommunications en relation avec le programme « Mars Pneuma » ? Sachant qu’il y a trois ans de cela, le projet était d’envoyer 7 vaisseaux spatiaux seulement. Les calculs montraient que l’expédition coûterait la somme colossale de 30 milliards de dollars. Vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement américain avait préféré suspendre l’exploration spatiale pour quelques années…
Arnaud Rivière répond :
- Vous n’êtes pas sans savoir que l’OMN a examiné ces questions en 2010 et que la décision avait été que seuls les pays concernés par le projet devaient prendre la responsabilité du programme, comme pour mon pays, la NSEA est une organisation internationale, mais indépendante des états. Les états participent et ont un droit de regard mais la gestion et les prises de décisions sont inhérentes à la NSEA. Notre organisation se trouve dans chacun de nos pays où des accords ont été trouvés avec le gouvernement de chacun des pays concernés et nous ne rencontrons pas de problèmes majeurs.
Le présentateur continue sur sa lancée :
- Vous dites que vous ne rencontrez pas de problèmes majeurs, mais les fonds, qu’en est-il des fonds, est ce que la NSEA a bien la possibilité de gérer des sommes aussi colossales et comment s’y prend-elle ? Arnaud Rivière répond :
- Mais votre question est celle qui a déjà été discutée et résolue en 2010 par l’OMN, maintenant nous gérons les capitaux dont nous avons la charge et de toute façon, comme vous le savez une grande partie de l’exploration spatiale est tombée dans le domaine privé depuis que les états ont proclamé que quarante neuf pour cent de ce domaine devait revenir aux sociétés privées.
William Lorren intervient :
- Vous savez bien que ces sociétés privées pour la plupart d’entre elles, sont aidées par les états de nombreuses façons, les états sont partie prenante.
L’interviewer s’adresse aux spationautes maintenant :
- Comment expliquez-vous, vous les astronautes qu’avant, envoyer une fusée dans l’espace coûtait des centaines de millions de dollars et maintenant vous vous permettez d’en envoyer seize ! Expliquez un peu, qu’on comprenne !
Stéphane Viardeau se lance :
- Ecoutez mister, vous ne voulez pas, semble t-il réfléchir sur le fait que la NSEA a pris une décision justement en 2010 pour adopter de nouvelles techniques qui ont révolutionné les habitudes en matière de lancement de fusées très lourdes comme votre « SAT » la plus lourde de toutes et qui place les plus grosses masses en orbite.
Le présentateur enchaîne sur les moteurs des fusées :
- Je ne suis pas un grand spécialiste comme vous, mais d’après ce que j’ai appris, aucune nouveauté n’a amélioré les performances des moteurs des fusées…
Marc Peyratener veut remettre les choses à leur place et il dit :
- Mister des améliorations, il y en a, mais nous ne pouvons pas vous en parler, je vous suggère de venir à la conférence de ce soir dans la grande salle, je crois que justement tous ces sujets seront abordés avec les représentants de la Commission internationale de l’Espace auprès de l’OMN.
Le présentateur de la chaîne NACSF de San Francisco remercie les spationautes et Arnaud Rivière, puis il promet d’assister à la conférence spéciale du soir. Léonard Templer vient rejoindre le petit groupe et tous ensemble vont casser la croûte au restaurant de leur hôtel « Flying Saucer ». Une serveuse arrive et leur demande:
- Can I help you gentlemen, I would suggest roastbeef with mash potatoes and mash celery, and this is our today’s main meal! (Puis-je vous aider Messieurs, je suggérerais le roastedbeef avec purée de pommes de terre et purée de céleri, c’est notre plat du jour !)
Arnaud Rivière est parti déjeuner avec le président de la NSEA de Houston Orson Trueman. Les spationautes Européens connaissent bien la serveuse, ils lui font confiance. Elle revient déjà avec deux assiettes du plat du jour et Marc lui dit :
- You know pretty, I feel like being at home, ici au « Flying Saucer » je me sent comme à la maison!
- Oh mais, c’est parce que vous venez souvent nous voir Marc !
Lui répond-elle, en mettant devant lui sur la table une belle assiette bien garnie et une autre devant Stéphane. Elle court en cuisine et sert les autres, avec son sourire gentil, mais qu’il ne faut surtout pas mal interpréter, nous sommes en Amérique. Le service continue jusqu’au désert, puis un café. Un petit repos chacun dans sa chambrée et on se prépare déjà pour la conférence exceptionnelle que donneront les directeurs de toutes les représentations de la NSEA. Vers 18heure 30 Kathy la réceptionniste du soir du « Flying Saucer » s’aperçoit que les Européens sont partis s’installer à leur grande table habituelle du restaurant, elle les rattrape et leur annonce :
- Gentlemen, la NSEA a avancé trois voitures pour vous sur le parking, voici les clés. Ah oui j’oubliais messieurs Vladimir Toumanov et Igor Samsonov viennent d’arriver, ils vont vous rejoindre !
- Merci Kathy, nous les attendons.
Répond Marc, puis les hommes commandent quelques plats légers, hamburgers, steak frites à Amanda la serveuse. Vladimir Toumanov et Igor Samsonov font leur apparition, ce sont d’agréables retrouvailles. Ils s’assoient à la grande table et après les salutations commandent des brochettes de mouton avec du riz. Léo dit à Vladimir :
- C’est donc toi qui commence tout à l’heure, d’après le programme et moi je continue comme d’habitude sur les charges embarquées par les vaisseaux et leur utilité à destination.
- En tout cas c’est un grand plaisir de vous revoir tous ici les gars. La prochaine sera à Baïkonour. Vous serez logés comme d’habitude à la gostinitsa « Les quatre vents ».
Dit Vladimir Toumanov. Le repas léger terminé, le groupe se rend en voiture à la grande salle des conférences de la NSEA dans le bâtiment central. La salle est pleine de monde, Arnaud Rivière avec Orson Trueman attendent Léo, Vladimir et Igor. Dans quelques secondes les trois montent à la tribune. Orson Trueman prend la parole devant l’assistance de tous les experts, les observateurs, les journalistes et les actionnaires liés aux gouvernements participants à ce vaste programme :
- Mesdames, Messieurs, après de longues discussions préliminaires entre experts de la logistique afin de choisir parmi tous les projets présentés depuis des décennies, la NSEA a arrêté son choix sur la stratégie que nous vous avons déjà explicitée. Ce soir Vladimir Toumanov et Igor Samsonov de notre représentation de Baïkonour vont vous parler des innovations déjà accomplies dans le programme « Mars Pneuma ». Je passe la parole à Vladimir Toumanov.
Vladimir Toumanov, tapote son micro et commence à donner des explications concernant le nouveau programme exceptionnel, le projet qui révolutionne l’aventure spatiale et qui sera dorénavant utilisé pour les missions spatiales de l’avenir.
- Mesdames, Messieurs, le programme « Mars Pneuma » vous est déjà connu dans beaucoup de détails. Ce soir nous allons aborder l’aspect « départ » de nos vols spatiaux. Notre équipe internationale de la NSEA apporte une innovation sans précédent dans nos techniques, celle du lancement de nos fusées fusionnées à nos vaisseaux. Les bases de départ seront celles que tout le monde connaît : Houston et Baïkonour. Kourou ne peut en être équipé du fait de sa proximité avec l’océan. Kourou a aussi la capacité de lancer les fusées russes dans l’espace et nous utiliserons bien entendu cette compétence. La presse en a longuement parlé ces derniers mois. Nos bases ont été transformées, ce ne sont plus les bases que vous connaissiez jusqu’à présent, les techniques du lancement des complexes fusée-vaisseau sont totalement différentes. Permettez-moi de détailler cette nouvelle conception de lancement au départ de la surface de la Terre. J’aimerais vous familiariser avec ce que nous appelons la « Propulsion primaire ».

La Corée du Nord vient de procéder le 12 décembre 2012 au lancement d’une fusée très spécifique. Ce sont les premières secondes du reportage qui interpellent, j’espère que les spécialistes européens et américains ont remarqué cette première étape inhabituelle. La fusée est partie comme, « d’un puits. Dans la perspective des voyages interplanétaires dans notre système solaire, et peut-être un jour, interstellaires intergalactiques dans notre Galaxie et peut-être un jour dans quelques centaines ou milliers d’années, extragalactiques, les lanceurs-fusées devront évoluer dès la toute première étape du lancement. Nous avons eu cette idée à l’automne 2005 et nous l’avons présentée à tous nos confrères des organisations d’exploration spatiale des nations. Ces organisations nationales ont adhéré à notre organisation qu’est devenue notre « NSEA ». Le projet a été examiné et étudié sous toutes les coutures, puis accepté en 2008. Des travaux colossaux s’en sont suivis sur nos bases de lancement. Au début, certains se sont demandés, « Mais, quel est ce concept ». Les techniques les plus efficaces pour construire les lanceurs-fusées, cela nous savons tous le faire, mais comment trouver les moyens, non seulement les moins onéreux mais aussi qui feront preuve d’économie de toutes sortes. C’est cette question primordiale que nous nous posions au préalable. N’avions-nous pas abandonné dans les années passées toute nouvelle tentative de nous aventurer à nouveau dans l’espace, comme à l’époque de l’odyssée « Appolo » à aller nous les hommes, de nouveau dans le cosmos à la recherche de quelque chose de nouveau à découvrir, aller sur une planète sur laquelle nous pourrions nous poser. Tout était en suspend du fait des coûts insupportables pour les nations qui voulaient s’investir dans ces projets. Seuls des sondes, des satellites et des observatoires spatiaux sont expédiés sur des orbites terrestres ou autour de quelques autres planètes. Si une économie de 20 à 30% dans les coûts d’exploitation pouvait être réalisée, les nations pourraient de nouveau se lancer à la conquête de l’espace. Aujourd’hui nous avons résolu une partie de nos problèmes. La force de poussée la plus importante d’une fusée en partance est celle qui agit au décollage. Lorsque le compte à rebours s’arrête au zéro, déjà l’impulsion de la mise à feu a été enclenchée- on peut l’arrêter avant le point de non retour, mais seulement avant ce point. Donc on ne peut pas arrêter la mise à feu après la première fraction de seconde du zéro car là déjà, les boosters ont reçu l’impulsion de la mise en action. La fusée comporte trois étages de carburant, hydrogène, oxygène ou poudre ou autre « L », « LL », « SL », « ergols », cela représente 87% de la masse totale d’une grosse fusée, parfois légèrement moins. C’est à la première étape de la longue mission où toute la force de la poussée est la plus intense. Au décollage, déjà la fusée se soulève de 1 cm, ça bouge, ça tangue, les deux, trois ou quatre boosters avec leurs tuyères directionnelles s’ajustent par les impulsions des ordres des ordinateurs de bord qui calculent en temps réel les manœuvres prévisionnelles nécessaires à appliquer pour garantir la stabilité du complexe lanceur-fusée-vaisseau et surtout une position parfaitement verticale – primordiale de toute cette masse, avec son centre de gravité au beau milieu de l’ensemble et qui se déplace par rapport à la combustion. Et oui la masse du carburant diminuant, le centre de gravité monte en direction du sommet. Toute cette force et cette minutie dès les premiers instants de l’opération pour continuer chaque étape de la mission du complexe lanceur-fusée-vaisseau sont incontournables après le point de non retour. Toute cette évaluation, ces calculs extrêmement précis sans faille pour mener la mission jusqu’à l’altitude voulue, en octroyant une vitesse supérieure croissante pour atteindre 4km/sec, jusqu’à 11,2km/sec pour se dégager de l’attraction terrestre, soit pour terminer la course et se placer en géostationnaire, soit pour poursuivre une mission sidérale. Ce sont ces premiers instants du décollage du complexe lanceur-fusée jusqu’à une altitude déterminée de 95 secondes à quelques 40 km d’altitude qu’agissent les boosters. C’est à dire plus de 200 tonnes, comme pour les fusées européennes « Ariane » 230 tonnes de carburant utilisé ou 600 tonnes pour les « Saturne-V » ou « Ares » américaines. Loin de moi l’idée d’entrer dans les détails mathématiques des forces de libération par rapport à l’énergie cinétique qui doit être supérieure pour dépasser l’énergie potentielle de l’attraction terrestre, cela est évident mais pour atteindre cette altitude, lorsque les boosters du premier étage sont largués, on a consumé entre 200 et 600 tonnes de poids que représente le carburant quel qu’il soit, selon les lanceurs. On peut éventuellement économiser, entre 50 et 120 tonnes de carburant embarqué au profit d’équipements et matériels toujours utiles et nécessaires. On n’encombre jamais bien assez sa maison, ou pour plus simplement alléger les complexes lanceurs-fusées. Pour ne pas embarquer ces 50 à 120 tonnes de carburant complémentaires, il faudra placer ce « potentiel d’énergie » autre part. Il faudra déterminer l’endroit où pouvoir le « stocker » et aussi déterminer le moyen de l’utiliser. Si l’on décide que ce « potentiel énergétique » est soustrait aux boosters des lanceurs, il faut effectivement le « corréler » dans un endroit différent, d’où il produira une énergie équivalente, voire supérieure. Les Russes avaient utilisé leur avion à six réacteurs le « Mryia » pour lancer leur navette « Bourane », les Américains avaient utilisé pour le « Pégase » un « Tristar B-52 » à des altitudes de 13,000 mètres. Les navettes spatiales américaines étaient emportées par les fusées Atlas et les autres à l’aide des fameux gros boosters. Dans notre nouvelle conception mise en œuvre par la NSEA, l’énergie soustraite aux boosters ou autre étage d’un complexe lanceur-fusée est logée en sous-sol à cent mètres de profondeur, selon de très nombreux critères qui ont été sujets à toutes les évaluations théoriques et mathématiques. Les puits sont larges d’une douzaine de mètres, quatre rails courent du haut du puits jusqu’au fond. A ces rails sont arrimés des chariots coulissants à roulements capables de ne subir aucune usure, d’un alliage de conception à supporter de hautes températures, comme bien graissés. Un puits de service a été construit en parallèle au puits principal. Il comporte ascenseurs et monte-charge. Au fond un poste dédié à tous les assemblages spécifiques et les préparatifs techniques avec couloir menant à la chambre basse du puits principal, la chambre des machines d’une part et la chambre à explosion à réaction pyrotechnique qui animera la plate-forme hydraulique jusqu’au sommet du puits au moment de la mise à feu du premier étage du complexe spatial. Les chariots sur les rails du puits principal servent à descendre le complexe lanceur-fusée-vaisseau de 2500 tonnes ou de 3050 tonnes jusqu’au fond du puits. Au tout début de l’opération, le complexe spatial est bien entendu parfaitement positionné et arrimé sur la plate-forme pour la descente. Le déploiement d’une force de propulsion qu’on évalue à un minimum de 1g est le fruit de l’ingéniosité de nos ingénieurs pour ce qui concerne le lancement primaire du complexe lanceur-fusée avec son vaisseau et tous ses composants. Nous avons donc opté pour ce mode de « catapultage ». Nous utilisons un mode de propulsion à réaction pyrotechnique de départ enclenchant une mécanique hydraulique capable de déplacer verticalement 3200 tonnes à vitesse croissante, jusqu’à l’extrémité du puits à la surface du sol. Quelques fractions de seconde auparavant, au moment précis, l’étage propulseur et les boosters allégés de plusieurs dizaines de tonnes sont mis à feu. Un équilibre est déterminé entre le « catapultage » et la mise à feu des boosters pour ne rien perdre en force dynamique jusqu’au moment de la première séparation, celle du complexe spatial d’avec la terre. Des systèmes d’évacuation des gaz sont bien entendu mis en place tout le long du système « catapultage/puits ». Le complexe lanceur-fusée-vaisseau est placé sur la plate-forme ajustée à son système hydraulique résistant aux hautes températures. La plate-forme est aussi capable de résister à 3200x10exp4Newton de poussée pendant la montée progressive de plus en plus rapide à l’intérieur du puits. Cette poussée représente celle de nos fusées de type « SAT ». La plate-forme sert de base à la propulsion primaire terrestre du lanceur-fusée qui se bloque à un niveau juste en-dessous de la surface du sol, alors que le complexe lanceur-fusée-vaisseau a commencé sa propre propulsion en ascension déjà à 25 mètres avant la surface du sol. Atteignant le niveau du sol, le complexe tend à se déplacer vers des vitesses constamment croissantes. Sa propre propulsion a gagné l’énergie qu’elle aurait dépensée entre 0 et 1cm d’élévation, estimée à une cinquantaine de tonnes jusqu’à 120 tonnes de carburant. Correctement propulsée, l’énergie déduite de la masse du complexe est celle qui a été appliquée sur terre à l’encontre de l’attraction terrestre favorisant la libération du complexe en remplaçant une partie du carburant par une autre charge utile. Ce procédé permet donc au complexe de ne pas traîner des containers plus lourds en train de se vider jusqu’à la séparation des boosters, du premier étage. Ces containers de carburant sont autant d’entrave complémentaire à la « propulsion croissante ». Nous avons fait le choix pour un catapultage hydraulique à réaction pyrotechnique qui nous a convaincus pour son efficacité et qui s’avère être le plus fiable. Cette conception est une nécessité car, elle représente de l’énergie utilisée avant la surface terrestre qui sera inhérente à notre planète et non une entrave supplémentaire au complexe lanceur-fusée. Cette énergie est avantageuse en matière de poids embarqué, son application est issue de la conception et de la construction d’équipements certes très coûteux au départ, mais il s’agit d’une énergie, je vous le répète « non embarquée » dont les réserves sont à terre et réutilisables à l’infini – les pannes ne doivent même pas être envisageables. Il s’agit de matériels très lourds, dans lesquels chaque élément est rigoureusement testé, contrôlé, adopté, certifié et homologué. On réduit ainsi le poids à vide du complexe, en plus du poids du carburant complémentaire dans une mesure optimale. En matière d’économie de masse, toute idée, toute proposition doit être prise en considération et c’est ce que nous avons précisément fait. Des fusées sont lancées en direction de l’Ouest, pour se placer à 700 ou 1000km d’altitude en géostationnaire pour obtenir une position immobile, d’autres au contraire profitent de l’effet de fronde positif pour se lancer en direction de l’Est pour les lointains voyages cosmiques avec de nombreuses corrections de trajectoire. Avec l’effet de fronde ou contre, la correction de trajectoire se fait après une altitude déterminée et l’allégement du complexe est un avantage déterminant. Les ingénieurs et tous les techniciens à l’aide d’ordinateurs ont planché pour trouver les meilleures solutions pour aider au décollage d’une fusée jusqu’à l’instant de son arrachement du sol terrestre. On pourra dès 2030, installer ce système « catapulteur » sur Mars, mais avec un puits peu profond, car la gravité est de 0,38 par rapport à celle de la Terre, l’attraction martienne étant presque trois fois moindre. Un « catapulteur » pourra aussi être installé sur la Lune qui deviendra peu à peu la première base de la première étape des voyages cosmiques. Le système de catapultage est adopté pour des fusées à étages, des complexes associés à des doubles ou quadruples boosters. Un lanceur-fusée longitudinale forme un cylindre de plus ou moins de 100 mètres, plutôt plus que moins avec ses boosters, il épouse parfaitement le diamètre constant du puits du fond jusqu’à son expulsion glissant sur les rails, par la force de catapultage et l’enclenchement des tuyères des boosters. Les fusées à boosters nous ont dicté la nécessité incontournable de construire des puits de gros diamètre pour laisser le passage de l’ensemble du complexe le long du système de rails ajusté pour ce type de lancement. Encore une fois, la force déployée pour élever, décoller le complexe lanceur-fusée avec son vaisseau contribue à réduire un certain poids de carburant. La fusée surmontée de son vaisseau continuant son ascension, à l’aide de ses boosters, dès qu’elle quitte la surface de la Terre, a déjà gagné une part de poussée d’arrachement de l’ordre de 20%. Le système « PCHP » (puits catapulte hydraulique pyrotechnique) est prêt à opérer sur nos deux bases de Baïkonour et de Houston. Un nouveau lancement peut rapidement avoir lieu après le précédent. Le système « PCHP » est extrêmement puissant. Je rends la parole à Orson Trueman et je vous remercie pour votre attention.

Orson Trueman assis au milieu de la petite tribune reprend la parole en ajoutant des informations complémentaires de première importance :
- Avec notre système « PCHP » nous avons acquis la possibilité de lancer davantage de masse dans l’espace pour en bénéficier plus, soit en orbite terrestre, lunaire ou martienne, soit sur à la surface d’une autre planète comme celle vers laquelle nous nous lançons avec notre mission « Mars Pneuma ». Comme promis, lors de notre conférence de Fontainebleau, étant arrivés à la conclusion de ce que sera notre aventure martienne, nous vous annonçons que le vol VUSA-17H est prévu au départ de Mars le 10 décembre 2017 pour une arrivée avec ses quatre astronautes sur Terre le 25 juin 2018. Enfin le vol VUSA-18H partira au plus tard deux jours terriens après, c’est à dire le 12 décembre 2017 pour une arrivée avec ses quatre astronautes sur Terre le 27 juin 2018. Mais il n’est pas exclus que le deuxième vaisseau suive plus rapidement que prévu le premier, cette liberté est laissée à l’appréciation des deux commandants. Demain sera une journée consacrée justement à la visite de notre puits « PCHP » sur notre site de lancement pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de se familiariser avec la première étape du programme « Mars Pneuma ». La prochaine conférence se tiendra à Baïkonour et les sujets traités seront les moteurs de nos lanceurs-fusées parmi bien d’autres comme des réflexions sur le choix de nos trajectoires et le calendrier que nous avons mis en place. A mon tour je vous remercie pour votre attention.
Près de deux cents personnes ont assisté à cette nouvelle réunion qui a apporté des détails sur les nombreux sujets de réflexion, aux curieux mais aussi à tous les spécialistes présents ainsi qu’aux journalistes qui s’empressent de répercuter ce qu’ils ont enregistré, dans les pages de leurs journaux. Les résumés des reporters de télévision sont transmis en direct, en soulignant constamment la nouvelle technique mise en place favorisant la reprise de l’aventure spatiale des nations. Certains reviendront le lendemain matin pour avoir quelques explications complémentaires au sujet du nouveau système de « catapultage hydraulique pyrotechnique» le « PCHP ». En attendant, tout le monde se disperse. De longues files de voitures se profilent sur la route de Houston et peu à peu les feux rouges arrière disparaissent dans la nuit. De nombreux taxis emmènent leurs clients, à plusieurs par véhicule, à travers une grande étendue désertique sur laquelle pousse une herbe brûlée par le soleil de l’été qu’on voit se refléter à la lumière des lampadaires, jusqu’à la grande ville qu’ils traversent pour prendre la route de l’aéroport. La traversée de Houston est complexe pour les chauffeurs qui évitent à tout instant des piétons qui veulent traverser les avenues bordées de palmiers, sans utiliser les passages pour piétons. Parfois un coup de Klaxon retentit et les piétons s’arrêtent ostensiblement avec des invectives flagrantes envers les taxis drivers qui doivent faire un écart ou freiner précipitamment. Sur les avenues fortement éclairées des boutiques sont encerclées de néon de toutes les couleurs. Les palmiers accompagnent les voitures tout le long de la route jusqu’à l’aéroport où chacun prend son vol de retour avec pleins d’images et de choses à raconter.

Le lendemain matin à 9 heures précises, les quatre astronautes potentiels européens, Marc Peyratener, Stéphane Viardeau, Hans Gotten et le Britannique William Lorren s’en vont à la base où de nombreux exercices les attendent. Là ils rejoignent les astronautes américains, avec qui les positions de chacun seront discutées et les informations globales coordonnées de façon à ce que l’ensemble travaille exactement sur les mêmes données et dans une seule langue, l’anglais. Cela n’empêche pas les astronautes d’avoir leur machine à traduire simultanément ainsi que leur dictionnaire, si cela s’avère nécessaire ; le cas devra être rare, car tous sont entraînés et habitués à la seule langue de travail, ce qui les a rendus depuis longtemps déjà, bilingues. Dans l’espace la poésie et la musique seront des passe-temps personnels et certainement pas partagés avec les collègues pendant leurs activités primordiales de tout instant. Les Américains Robert Hick, Frank Guillem, Oliver Fergusson et Jimmy Strattford accueillent les Européens et le Britannique comme d’habitude amicalement et chaleureusement. Inévitablement chacun passe à la centrifugeuse qu’on tend à pousser à 5g jusqu’aux limites supportables, mais les avertissements sont tels qu’il ne sera jamais exclus que les « g » pourraient être dépassés selon des circonstances nécessaires ou inattendues – tout le monde le sait et chacun redoute ce terrible mal de tête qui pourrait survenir brutalement à donner la sensation que les yeux vont éclater et la tête toute entière après. Les appareils de mesure médicaux, capteurs de tension artérielle, capteurs de tension cérébrale, capteurs de tension musculaires, capteurs cardiaques, tous atteignent les limites à ne pas dépasser et il devient impératif de descendre de régime pour arrêter peu à peu le dangereux processus. L’astronaute descend de l’engin le blanc des yeux ensanglanté, le regard hagard, titubant avec des gestes incohérents, la tête qui tourne en vertiges insurmontables, des infirmiers viennent le recueillir et un repos de plusieurs heures est nécessaire. « Dans l’espace, » leur dit-on, « des situations inattendues pires que tout ce que vous avez expérimenté et enduré peuvent survenir, votre entraînement est justement prévu pour vous attendre à ce genre de problème ». Dans la journée, vers 15 heures Léonard Templer, le vieux français, quitte la base après le repas de 13 heures, dit au revoir à tous les astronautes européens et américains et aussi à tous ceux qui sont présents, puis il prend sa valise à roulettes et une limousine l’emmène à l’aéroport où il attrape le vol AF-033 de 16 heures 30 qui le ramène tranquillement après quelques heures de somnolence à Paris CDG. C’est donc le lendemain matin, qu’il arrive à la rue du Fer à Moulin à 11 heures moins le quart, sa femme l’attend. Il lui dit :
- Je repars le 4 septembre à Baïkonour ! Et Béatrice lui répond instantanément :
- Oui bon, en attendant tu ne vas pas nous embêter avec ton boulot, alors que tu es à la retraite, tu ferais mieux de te reposer. On mange dans une demi heure, vas te laver les mains après les transports !

4 septembre 2013 Conférence de Baïkonour. Orson Trueman habite avec sa famille à Boston lorsqu’il ne doit pas être présent à Houston. Orson Trueman a atteint l’âge d’être à la retraite depuis des années, mais la passion de ses activités a fait de lui malgré ses réticences le « chairman » de la NSEA de Houston. C’est un homme au regard jovial, presque chauve, avec des restes de cheveux blancs sur les cotés, qu’il fait légèrement tailler par son coiffeur de temps en temps, les yeux marrons aux sourcils bizarrement en pointe, ayant subit l’opération de la cataracte il ne porte plus de lunettes, souriant, de corpulence impressionnante du haut de son 1 mètre 90, il est bedonnant, c’est un gourmet. Il a été passionné toute sa vie par un travail très prenant et sa compagnie est très agréable pour ceux qui le connaissent. Sa présence n’est pas nécessaire d’une manière quotidienne à la base de lancement texane et son titre est plutôt honorifique mais il connaît les moindres détails de tous les programmes qu’il a étudiés, promus à la réalisation et qu’il suit de près. Nous sommes le 4 septembre 2013. Orson Trueman embrasse sa femme, donne deux coups de fil à ses deux filles et part à 14 heures en taxi pour l’aéroport. Il saute dans l’avion de 15 heures pour New-York. A 16h30 il se trouve à JFK au terminal 1 dans le salon d’embarquement pour le vol SU-316. Il attend l’annonce de l’hôtesse russe pour embarquer à bord d’un avion à eux, aux Américains, le Boeing-767 que les Russes leurs ont acheté parmi d’autres comme l’incontournable Boeing-737. A l’international, rares sont les avions russes se dit Orson, c’est dommage ils en ont de très performants et tout à fait confortables, mais il semble qu’ils aient décidé de les utiliser sur les lignes internes de leur pays ainsi que sur des destinations de la CEI, de ce qu’étaient auparavant les républiques soviétiques. Orson se dit, c’est leur affaire. L’annonce a été faite et Orson se présente aux contrôle, il monte dans le B-767 où une gentille hôtesse blonde lui indique sa place. Départ à 18 heures (locales). Pendant le vol Orson a le temps de somnoler, de regarder un peu la télévision, manger du poulet aux ceps accompagné de riz avec pour dessert une part de vatrouchka, le tout arrosé tout de même de vin de Californie. Un petit déjeuner, un petit repos, puis après neuf heures de vol, arrivée à Moscou Sheremetyevo-2 pile à 11 heures (locales). En utc se dit Orson ça fait, départ de JFK à 23heures utc et arrivée à 8 heures utc, ouais, ça fait bien neuf heures. Des gars envoyés par la NSEA l’attendent juste après le contrôle douanier :
- Bonjour Monsieur Trueman, vous avez eu un bon vol ?
Et ils l’emmènent à bord d’une limousine, directement à l’aéroport de Domodedovo pour le vol sur Baïkonour. Le chauffeur dit à son collègue :
- Dis au grand-père qu’on n’aura pas le temps de se promener aujourd’hui !
- Mais tais-toi crétin, et s’il comprenait, hein ?
- Mais, j’dis rien de mal, la dernière fois tu te rappelles bien qu’on avait fait la tournée des grands ducs avec lui et ses copains de la NSEA de Houston !
- Mais bien sûr que si, qu’il comprend le pépé, p’tit gars, t’en fais donc pas, on se baladera au retour !
S’exclame tout à coup Orson Trueman, dans un russe approximatif.
- Mais monsieur Trueman, avant vous ne disiez aucun mot en russe, qu’est ce qui vous est arrivé ?
- En réalité, nous sommes toujours en contact les uns avec les autres et avec nos collègues russes, tous les jours. Parfois ils nous apprennent quelques mots et même quelques phrases, d’ailleurs nous avons depuis toujours, plusieurs fois par semaine des cours de russe à Houston. Bien entendu pas pour tous ceux qui travaillent sur la base, mais pour tous ceux qui un jour auront quelque chose à voir avec Baïkonour et la cité des étoiles ou votre base de Plessetsk. Ça y est, on arrive, je reconnais le paysage. C’est joli chez vous, nous avons aussi des sapins et des bouleaux à Boston !
- Tous les pays sont beaux monsieur Trueman, ce sont les gens dont il faut toujours se méfier !
- Moi je ne suis jamais sur mes gardes ! Réplique Orson.
- C’est parce que vous êtes grand et fort monsieur Trueman, mais chez vous, vous avez tous des « guns », chez nous seuls les chasseurs sont autorisés à avoir des fusils chez eux à la maison. Ici dans la région de Moscou c’est interdit et encore, les chasseurs doivent avoir des permis spéciaux…
- Oh il y en a bien qui ont des « guns » chez eux et les dissimulent comme partout…s’exclame Orson.
- Je ne crois pas, trop dangereux vis à vis des autorités, ça ne se fait pas, non !
- Chez nous c’est un droit, et tout le monde défend ce droit, c’est le droit de se défendre en cas d’agression, il y a tellement de gens mauvais, qui aiment faire le mal. Ma femme est seule en ce moment et je me sens tranquille parce qu’elle peut se défendre avec ce que nous avons à la maison, vois-tu !
- Oh, ici aussi, et puis il y a des règlements de compte et c’est dangereux pour la population qui n’a rien à voir avec ces gens, ce sont bien souvent des règlements de comptes entre bandes…enfin, voici le terminal de Domodedovo que vous connaissez bien. Je vous accompagne à l’embarquement, d’ailleurs il y a d’autres passagers pour Baïkonour que vous connaissez.
- Oh c’est pas la peine de m’accompagner, je vois déjà William Lorren et Léo Templer, tiens voilà aussi Marc Peyratener et Stéphane Viardeau…merci, c’est quoi ton nom déjà ?
- Moi, c’est Vassili et lui c’est Anton, et bien bon vol et à bientôt, pour votre retour on m’enverra vous chercher ici « A la maison de grand père » !
- D’accord, à bientôt, à « la maison de grand père » !
Orson sait très bien, depuis le temps qu’il vient en Russie que « Domodedovo » veut dire « maison de grand père » et il utilise l’expression nonchalamment comme les Russes lorsqu’ils font une pointe d’humour. Il s’approche du petit groupe :
- Hi guies ! il faut aller s’enregistrer…
- Oui, c’est juste là au comptoir ! dit Marc et Orson annonce sa présence en présentant son billet.
– Embarquement à 14 heures 30 sur la « Touchka » dans quinze minutes guies ! Dit Orson.
– On le sait !
Répondent les autres. Une vingtaine de minutes après, le Tupolev-154 du vol spécial « Spetz-rejs » pour le cosmodrome de Baïkonour entame la piste de décollage. Dix minutes après le décollage, l’avion « Touchka » se positionne pour sa vitesse de croisière et les hôtesses s’affairent à apporter des plateaux repas, des brochettes réchauffées avec de la « gretchnevaya kasha » du sarrasin façon russe, vodka et jus de fruit à la framboise ou au cassis. Léonard fait la remarque suivante :
- Sur ce vol, l n’y a que des gars pour Baïkonour, il n’y a pas de passagers normaux, j’veux dire des habitants de la ville.
- Ouais, des Russes, des Américains, des Anglais des allemands et des Français ça fait déjà pas mal, je crois qu’il y a aussi des journalistes, comme d’habitude !
Répond Stéphane. En fait tous les passagers spéciaux de ce vol sont toujours des personnes qui ont quelque chose à faire ou à voir avec le cosmodrome de Baïkonour – des employés de tous les corps de métier, des spécialistes de tout ce qu’on peut imaginer et aussi des cosmonautes potentiels. C’est un vol vraiment spécial le « Spetz-rejs ». Parfois des sujets de conversation sont abordés et des passagers des rangs même éloignés de l’appareil viennent y prendre part. Ils s’expriment, parlent, font de l’humour surtout après quelques petits verres de vodka, disent leur angoisse ou décrivent leurs problèmes techniques et personnels, c’est une ambiance particulière à bord de chaque « Spetz-rejs » Moscou Domodedovo-Baïkonour. A travers les hublots, même à haute altitude, on aperçoit la forêt infinie de sapins parsemée de bouleaux, puis au bout de quatre heures de vol, des pins font leur apparition, puis trente minutes plus tard ce sont comme des garrigues aux arbustes à ras du sol et soudain d’immenses paysages ocres sans qu’on ne voit plus la moindre verdure ; paysage désertique agrémentés de quelques collines qui disparaissent peu à peu pour ne laisser apparaître que les étendues ocres de sable mêlées à de la glaise et de la terre permettant à l’herbe de la steppe de pousser. C’est à ce moment crépusculaire que le commandant annonce la descente sur l’aéroport de « Krayniy-Baïkonour ». Quelques soubresauts font tanguer les ailes dans un ciel limpide et l’on aperçoit d’immenses troupeaux de moutons qui broutent aux abords de la longue piste. Le « Spetz-rejs » roule et vient s’immobiliser tout près de l’aérogare. Descente de la « Touchka Spetz-rejs », au revoir aux gentilles hôtesses, contrôle rapide, il n’y a rien de vraiment spécial en ce qui concerne les passagers du « Spetz-rejs » sauf que des minibus attendent des cosmonautes potentiels. Nombreux sont ceux qui prennent le bus pour le « Spoutnik Hôtel » mais notre petit groupe prend celui de l’hôtel « Quatre vents ». « Kraynij Baïkonour » est une ville de cent mille habitants, elle se situe au sud-ouest du site immense de Baïkonour au bord de la rivière « Syr Daria » et c’est près des hôtels que se trouve la base vie de tous les personnels sur plus de 16 km2 de superficie. A l’hôtel des « Quatre vents » les occidentaux sont bien connus et ils sont accueillis comme s’ils revenaient au bercail. Chacun s’installe dans sa chambrée, et malgré une bonne douche revigorante, il fait très chaud le soir. Les voyageurs descendent dans la salle à manger vers 20 heures. Ici ce n’est pas un bon repas qui est servi, car c’est le « shvedski stol » la table suédoise, comme on dit ici pour le « self service » qui est rempli de bons hors d’œuvres et de desserts, les plats chauds sont servis par les marmitons qui font les cuisiniers l’air de jouer au piano. Une fois restaurés, rendez-vous est fixé pour le lendemain au centre des cosmonautes à 9 heures précises. Après une bonne nuit réparatrice d’un long voyage, Léonard Templer et Orson Trueman se séparent des jeunes qui s’en vont à leurs multiples occupations sur le cosmodrome, tous deux vont rejoindre la grande salle de conférence où déjà de nombreux spécialistes de tout acabit et des journalistes attendent, comme à Fontainebleau et à Houston. C’est la dernière conférence avant le début réel des opérations. Léo Templer monte rejoindre ses collègues et amis à la tribune. Dans la salle un certain brouhaha règne. Des personnes se parlent, d’autres cherchent leur place, d’autres encore invitent leur voisine à prendre place en dépliant le bras faisant signe de s’asseoir avec la paume de la main les doigts tendus indiquant le siège à côté d’eux. Sur la tribune présidée par Vladimir Toumanov se trouvent à sa droite, Igor Samsonov et à sa gauche Orson Trueman et Léonard Templer, puis une « directrice » toujours prête à faire l’animatrice de Baïkonour, Nadejda Feodorova. Les lumières baissent d’intensité, Nadejda Feodorova se lève en tenant un micro à la main, habituée à s’adresser aux auditoires, elle regarde en direction des techniciens à sa gauche sur la tribune l’air implorant, réclamant ostensiblement le son au départ de son micro qu’elle tient à la main gauche. Elle fait toc, toc avec les ongles de sa main droite et porte le micro près de sa bouche ; quelques mots de bienvenue et :
- Mesdames, Messieurs, le président de notre organisation de la NSEA de Baïkonour Monsieur Vladimir Toumanov !
Suivent les applaudissements et un silence attentif. Vladimir Toumanov est assis au centre de la tribune, il remercie Nadejda et entame son discours sur les derniers thèmes qui rassemblent l’auditoire.
- Mesdames, Messieurs, ici à Baïkonour les dernières informations de notre programme « Mars Pneuma » concernant différents sujets qui n’ont pas encore été évoqués auparavant, vous seront données aujourd’hui. La NSEA étant présente sur trois bases de lancement à l’échelle de notre planète, chacune des bases vous dévoile une part de son programme à partir de sa situation géographique, cela permet au monde d’avoir une vision globale de toutes nos activités et nous espérons en même temps, obtenir le soutien de toutes les bonnes volontés à notre égard. Les lancements de nos fusées-vaisseaux spatiaux se feront comme indiqué à Fontainebleau, notre quartier général de commandement européen, à partir de la base française de Kourou, sur des critères que la NSEA a partagés entre les pays participant au programme « Mars Pneuma ». Les quatre modules d’habitation construits à Stuttgart vont partir à Kourou le 20 septembre prochain par un avion cargo russe, Antonov-124. C’est par souci du respect des délais, que nous avons opté pour un embarquement non pas à bord d’un navire cargo comme cela avait été prévu auparavant, mais par un avion cargo, car nous voulons avoir une marge de manœuvre de quelques jours supplémentaires. Nos lanceurs sont de type « EN » tout comme les « SAT », ils bénéficient d’un moteur alternatif ionique qui prend très peu de volume et qui se situe en bout de vaisseau avec ses quatre petites tuyères latérales escamotables. Ce moteur n’occasionne absolument aucune gène à l’ensemble lanceur-fusée-vaisseau, mais au contraire nous permet de faire l’économie, pendant le transfert, de se mettre en action, au lieu de puiser sur nos précieuses réserves d’ergols nécessaires à l’atterrissage sur Mars et surtout pour le retour de nos deux fusées-vaisseaux. Leur départ se fera par nos techniques habituelles, premier étage suivi du deuxième étage qui placera l’ensemble après un tour de Terre, sur l’orbite martienne profitant de l’effet de fronde. Toutes les manœuvres sont prévues par les calculs de nos ordinateurs en ce qui concerne les horaires, les impulsions données aux moteurs, la mise sur orbite et tout le suivi en général. L’ensemble de l’opération de mise sur orbite doit être accomplie en 16 minutes exactement. Le deuxième étage ayant consommé la totalité de sa capacité est largué sur une orbite qui le fera redescendre comme d’habitude dans l’atmosphère terrestre où il se consumera. Le troisième étage servira à l’atterrissage sur Mars. Pendant le transfert, le moteur ionique consomme peu de carburant, qu’il va puiser dans la fission des atomes de gaz xénon pour expulser un flux ionique pas puissant du tout, comparable à votre souffle par la bouche sur votre main placée à 20 centimètres devant vous, disent les techniciens atomistes, mais suffisant pour corriger la trajectoire de nos vaisseaux et même favorisant une accélération qu’il faudra réfréner à mi chemin pour atteindre une vitesse raisonnable à l’approche de la planète rouge. L’atterrissage se fera à l’aide du troisième étage plein d’ergols. Le troisième étage servira encore plus tard. Nous verrons que les étages « 3 » des vaisseaux « VUSA » et « VREN » sont interchangeables. L’atterrissage de l’ensemble troisième étage et vaisseau ou plutôt container cargo se fera en douceur sur le « Site de Gale près du Mont Sharp ». Ce site étant déjà connu, nous avons décidé de nous y poser. Les autres vaisseaux suivront la même trajectoire à quelques jours d’intervalle, suivis des vaisseaux habités par nos cosmonautes en novembre de l’année 2015. Le retour des cosmonautes au départ de Mars vers la Terre aura lieu le 10 décembre 2017 pour une arrivée sur Terre le 25 juin 2018 et le 12 décembre 2017 pour une arrivée sur Terre le 27 juin 2018. Voilà ainsi résumé le complément de notre programme « Mars Pneuma ». Je passe maintenant la parole à Igor Samsonov notre directeur du programme de Baïkonour !

Igor Samsonov est un camarade de longue date de tous les astronautes, cosmonautes. Il suit tous les entraînements, avec le précieux concours de tous les experts russes, américains et européens qu’ils soient physiciens, médecins spécialisés dans la santé des hommes en apesanteur, spécialistes des engins spéciaux semblables à ceux qui serviront dans des conditions totalement différentes de ce qu’on peut imaginer à la surface de la terre et tous les autres techniciens qui travaillent dans les moindres détails de l’ingéniosité humaine, dans un seul but : celui de la réussite des voyages spatiaux. Igor Samsonov tient des discours toujours en relation avec tous ses collègues européens et américains. Voici son intervention :
- Mesdames, messieurs, honorable assemblée (comme disent les Russes), vous vous posez inévitablement des questions qui se basent sur vos connaissances techniques existantes, celles que vous avez connues jusqu’à présent en ce qui concerne les lanceurs que nous allons très bientôt utiliser pour nos vaisseaux en direction de Mars. Rassurez-vous, nous allons utiliser pour les hommes que nous enverrons vers Mars, nos amis, nos frères terriens, les meilleures techniques les plus élaborées, comme si nous-mêmes nous participions à cette grande aventure pour l’Humanité. Nous utiliserons les fusées-lanceurs vaisseaux que nous considérons comme étant les plus sécurisants. De tout ce que l’Homme a inventé et expérimenté, seuls les moyens les plus fiables et les plus sécurisants sont retenus – ce sont ceux-là mêmes qui enverront nos équipements et surtout nos frères terriens sur Mars qui reviendront en toute sécurité en juin 2018. Les moyens que les nations ont décidé de mettre à la disposition de la NSEA sont considérables à tel point, que notre programme statuera définitivement sur une décision irrévocable, pour des centaines d’années et peut-être pour le futur en général, de continuer ou non l’aventure de la recherche dans le domaine spatial, l’exploration de mondes extra terrestres. Nous devons explorer Mars pour nous persuader que des nuances existent dans l’univers, ou tout au moins dans notre système stellaire, d’une possibilité de domptage des conditions locales de ces mondes pour nous les approprier, et nous adapter à eux pour un temps intermédiaire. Poursuivons le raisonnement un peu plus loin, vivre en symbiose avec des créatures autres que celles qui nous sont familières, par exemple sur une autre planète, ou un jour découvrir des conditions égales à celles de notre Terre permettant aux Terriens de s’y installer, comme sur Gliese-581g près de son étoile Gliese-581. Le système de Gliese est bien trop éloigné pour nous ; 20,5 années-lumière, cela représenterait des centaines d’années de voyage extrastellaire dans notre propre Galaxie. Pour les centaines d’années à venir ce rêve est loufoque, donc bien entendu irréalisable et abandonné. Cela ne veut pas dire qu’à l’avenir l’être humain ne trouvera jamais la possibilité de propulser des engins à une vitesse proche de la lumière. Mais admettons qu’il l’atteigne cette vitesse, posons-nous la question : « Servira t-elle vraiment et pourra t-on vraiment l’exploiter ? ». A notre avis la réponse est simplement « non ». A cet effet, permettez-moi de faire une petite parenthèse. En ce qui concerne les voyages cosmiques, prenons l’exemple de la périphérie de notre système stellaire ou de celle de toute autre étoile. Certaines étoiles comme un vaisseau spatial pourraient prendre la tangente et s’éloigner dans le cosmos vers de lointaines destinations. Dans les galaxies spirales comme la notre, il existe des étoiles à la périphérie qui ont une vitesse de rotation autour du centre gravitationnel galactique étrangement supérieure à celles qui se trouvent à l’intérieur de cette même Galaxie. Ces étoiles périphériques sont en quelque sorte aspirées par d’autres champs gravitationnels et aussi par l’énergie sombre. Parvenu dans l’espace un objet ou une fusée de création humaine subit d’abord une propulsion pour échapper à l’attraction terrestre. Puis pour échapper à tout champ gravitationnel dû aux autres corps célestes comme les planètes, le Soleil, les étoiles et surtout le centre galactique qu’on situe dans la direction de la constellation du Sagittaire, notre fusée file à grande vitesse qui semble imperceptible aux spationautes, astronautes à l’intérieur de leur vaisseau. La fusée semble tout simplement immobile. En donnant des impulsions répétées, la fusée subit des accélérations toujours croissantes augmentant ainsi sa vitesse. Elle pourrait continuer les accélérations et s’approcher de la vitesse de la lumière pourrait-on espérer, mais elle ne l’atteindra jamais, pas même de 50% et ses réserves de carburant ne lui donnerait qu’un champ d’action très réduit du fait qu’il faille conserver de l’énergie pour d’autres manœuvres et surtout pour le retour. Bref, certaines étoiles périphériques, au lieu de suivre tous les autres corps célestes sans jamais les rattraper et qui se dirigent plutôt à l’intérieur du trou noir, finalité de toute la Galaxie dans quatre milliards et demi d’années, s’échappent de ce flux galactique. Notre fusée s’écarte de cette attraction et trouve un parcours divergent à l’exemple de ces étoiles. Celui de s’éloigner pour aller vers l’espace et à grande vitesse – en tout cas à une vitesse nécessairement supérieure aux corps attirés par le trou noir, devrait-on penser, et bien non leur vitesse est la même, mais leur espoir c’est d’échapper à la couche périphérique supérieure du champ gravitationnel entourant le trou noir. En d’autres mots notre fusée comme de nombreuses étoiles sont suffisamment éloignées et se trouvent « hors champ ». Ces étoiles avec leurs planètes et autres corps célestes, comme notre fusée envoyée dans le cosmos, prennent un chemin déviant échappatoire, avec un effet de fronde, attirés aussi par l’énergie sombre. Auparavant au sein de notre système stellaire notre fusée prend des trajectoires telles, qu’elle frôle Mercure en s’approchant du Soleil, puis revient vers Vénus et subit le fameux effet de fronde sur une trajectoire gravitationnelle elliptique de laquelle elle prend la « tangente » et s’en va vers le bord de notre système stellaire solaire pour bénéficier d’un autre effet de fronde et peut maintenant se diriger par exemple dans le système stellaire de « Gliese-581 » découvert par une équipe d’astronomes portugais et suisses le 4 avril 2007, découverte dont on sera déçu quelques années plus tard, en 2015. Nous prenons l’exemple de l’étoile Gliese-581 qui abrite plusieurs planètes comme « Gliese-581g » sur lesquelles les conditions atmosphériques ressemblent à celles de notre système solaire, y compris la Terre (il n’en était rien, Gliese avait été comme un mirage, une malinterprétation). Notre aventure martienne pourra servir à de futures explorations si l’humanité améliore ses moyens de propulsion, mais tant que ces moyens restent ceux que nous maîtrisons, nous pourrons tout de même « terraformer » Mars et installer une base habitable sur la Lune. Au sujet de la Lune, les lois internationales des Terriens doivent être respectées, ce n’est pas parce que les Chinois y installeront bientôt une base que toute la Lune leur appartiendra, non. Dans ce cas les Américains y ont déjà un territoire depuis le programme « Appolo ». Il existe des lois internationales, les Chinois se tiennent à part mais ils doivent respecter ces lois, je voudrais simplement à cette occasion le leur rappeler. Quels type de lanceurs sont à notre disposition, pourriez-vous vous demander…Nous avons testé et expérimenté depuis des décennies tous les moteurs les plus puissants, les plus, économiques, les moins dangereux, les plus performants. Nous utiliserons les lanceurs classiques consommant un carburant classique « les ergols » utilisés aussi bien sur les lanceurs-fusées « EN » que « SAT » ou « AR ». Selon les pays les carburants ont quelques nuances, néanmoins pour les besoins communs la « raffinerie » que nous installerons sur Mars produira un carburant adapté à tous nos besoins. Ces besoins se résument d’abord aux réserves qui serviront (éventuellement) en ergols pour les fusées-vaisseaux de retour vers la Terre, qui resteront 18 mois sur une orbite basse martienne et aussi aux besoins immédiats pour nos cosmonautes sur place sur la planète rouge. Nous vous communiquerons tous les détails le moment venu. Comme vient de préciser Vladimir Toumanov, nos fusées seront tout de même munies d’un moteur ionique qui nous permettra une certaine économie déjà répertoriée dans le calcul des charges. Les nations membres de l’OMN ont octroyé tous les moyens à notre disposition pour le programme unique « Mars Pneuma » tous les autres programmes spatiaux seront pris en charge par chaque nation individuellement à l’avenir, si tel en sera son souhait, seul notre programme est commun à titre exceptionnel. Nous aurions pu faire preuve d’économie sur ce programme mais le caractère exceptionnel de notre démarche nous permet d’envoyer des équipements supplémentaires en comparaison avec toutes les autres alternatives, c’est à dire 16 vaisseaux spatiaux à la surface de Mars ou en orbite de Mars au lieu des sept prévus auparavant. Neuf vaisseaux supplémentaires apporteront davantage de sécurité, d’approvisionnement et aussi de carburant pour le retour sur Terre. Nous avons déjà évoqué la nature des contenus de chaque vaisseau. VREN-3 et VREN-4 feront atterrir quatre modules d’habitation pour nos cosmonautes. Ils partiront de la base européenne de Kourou. A l’intérieur des modules pliés seront stockés six tonnes de produits alimentaires français dans chacun des deux vaisseaux. Ces deux vaisseaux munis du dernier étage moteur atterriront sur le sol martien et resteront intactes sur le site, en réserve. VUSA-5 apportera sur Mars « l’unité-usine » qui fabriquera du carburant à partir de l’atmosphère carbonique de Mars combinée à l’hydrogène que nous enverrons avec le vol VREN-7. VUSA-5 atterrira à l’aide de son moteur du dernier étage à rétro-réacteur. VUSA-6 atterrira toujours à l’aide de son moteur et de ses rétro-réacteurs pour déposer en douceur « l’usine nucléaire » de fabrication américaine. Cette usine miniature sera placée par les astronautes dès leur arrivée sur Mars à un kilomètre du campement de la base des Terriens, il est très probable que VUSA-6 la placera au bon endroit au moment de son atterrissage. VREN-7 et VREN-8, départs prévus les 12 et 14 octobre 2013 de Baïkonour. Ils apporteront dans des containers en priorité tous les produits chimiques, la réserve d’hydrogène et quelques équipements fabriqués en Allemagne et en Russie. Ces deux vaisseaux atterriront également en douceur sur le site martien et les vaisseaux seront parqués et bien protégés des vents violents, près des autres, toujours « en réserve ». VREN-9 départ le 16 octobre 2013 de Baïkonour, débarquera le carburant de Plutonium sous forme de barrettes en containers BU pour l’alimentation de l’unité nucléaire. Ces containers avec quelques équipements spéciaux justifient un seul vol VREN. Les vaisseaux VUSA-15 et VUSA-16 partiront de la base de Houston les 24 et 26 novembre 2015 avec des chargements d’équipements de vie et de confort, comme les bouteilles de gaz des scaphandres et autres en plus d’un chargement de produits alimentaires permettant aux huit astronautes-cosmonautes de vivre sur Mars comprenant aussi les réserves de retour sur Terre pour des périodes supérieures à 1000 journées. VREN-10 et VREN-11 partiront également d’ici, de Baïkonour départ les 14 et 16 novembre 2015, ils transporteront le carburant « SL ». VREN-10 et VREN-11 resteront en orbite martienne basse pendant presque 18 mois – les corrections se feront depuis la base martienne. Ces deux vaisseaux auront chacun 120 tonnes de carburant en orbite pour le retour sur Terre prévu le 10 décembre 2017 et le 12 décembre 2017 Ces deux vaisseaux réservoirs font partie de notre nouvelle procédure. VREN-12 aura pour seul chargement 8,3 tonnes d’H2O, de l’eau par mesure de sécurité. Cette eau servira uniquement de réserve de boisson en cas de nécessité absolue, mais dans notre programme, nous comptons sur la production locale le plus rapidement possible. L’eau sur Mars est notre meilleure garantie de mener à son terme notre mission avec confiance. Mesdames, Messieurs, VUSA-17H et VUSA-18H seront les numéros de vol des deux vaisseaux qui rapatrieront nos huit astronautes-cosmonautes. Chacun de ces deux vaisseaux sera arrimés à deux étages restés en orbite martienne basse. Les aller et retour entre les vaisseaux et Mars se feront à l’aide de nos deux puissants vaisseaux-modules intermédiaires. Les trajectoires que la NSEA a choisies sont celles des périodes favorables d’opposition déjà mentionnées à Fontainebleau et à Houston. Quelques mots sur notre nouvelle conception de lancement de nos fusées-vaisseaux. Les raisons sont simples. Les puits catapulteurs « PCHP » de Houston et de Baïkonour nous font économiser jusqu’à 20% de carburant. Nous avons pu augmenter nos réserves sur Mars, pour ne manquer de rien ; Alimentation, eau, carburant en quantités plus importantes par mesure de sécurité. Les vols d’après pourront être plus « légers » car la production martienne d’eau et de carburant s’améliorera avec le temps et les réserves apportées de Terre pourront être plus importantes. Nous vous invitons à venir visiter cet après-midi le « PCHP » de Baïkonour qui se trouve à 16 km d’ici sur la nouvelle base. Comme vous le savez certainement, nous construisons notre nouvelle base de lancement de Krasnoyarsk où les travaux ont commencé et le puits « PCHP » deviendra fonctionnel très prochainement. Nous transférons déjà bon nombre de nos équipements sur le nouveau site car nous voulons l’exploiter au plus tôt. Baïkonour avait été choisi pour sa position géographique plus proche de l’équateur, bien que très éloigné tout de même, alors avec notre système « PCHP » nous gagnons en puissance d’extraction de l’attraction terrestre, ce qui nous permettra aussi d’exploiter notre site de Plessetsk au nord de Moscou. Pour l’instant Baïkonour est notre base principale, car la plus fonctionnelle. Merci pour votre attention.

Igor Samsonov se lève et quitte la salle de conférence pendant que Vladimir Toumanov invite l’assistance se restaurer dans les restaurants de la base et pour ceux qui le souhaitent, aller visiter le site du « PCHP ». En dehors de la salle de conférence, tous les astronautes, cosmonautes se trouvent ensemble dans des réunions de travail et à 13 heures, les cosmonautes russes suggèrent à leurs collègues européens et américains d’aller tous ensemble au restaurant « Tchaïka ». En réalité c’est Igor Samsonov qui avait préparé l’invitation et le personnel du restaurant les attendait déjà. Igor Samsonov accompagne une délégation américaine, tandis que Léo Templer accompagne Vladimir Toumanov et une délégation européenne dans deux autres restaurants éloignés de la base. Il faut dire que tous ceux qui viennent en visite à Baïkonour sont toujours étonnés par l’environnement presque désertique à perte de vue, où la couleur ocre du plat terrain domine, où le ciel est souvent bleu et sans nuages. Un curieux tournis leur saisit la tête et un vertige à perdre pied les envahit devant l’immensité de l’ocre steppe à l’infini. Trois groupes se départagent dans quatre limousines qui emmènent les hommes de l’espace, par l’ocre route parsemée d’herbe sèche, sans arbres à l’horizon jusqu’au restaurant « Tchaïka », à une vingtaine de minutes du centre d’étude et d’entraînement des cosmonautes de Baïkonour. Les douze hommes montent les uns près des autres les quelques marches en marbre d’un long perron et pénètrent dans le hall du restaurant. Des jeunes femmes habillées en uniforme chemisette blanche et jupe bleu-nuit avec un petit tablier blancs et un bavolet blanc également dans les cheveux, leurs souhaitent la bienvenue. Elles les connaissent tous, mais mieux tout de même, leurs compatriotes.
- Bonjour les garçons, venez rentrez, dehors il fait si chaud, ici l’air conditionné vous fera du bien !
- Bonjour, bonjour mesdemoiselles ! Répondent les cosmonautes russes, comment allez-vous, comment vont les affaires, êtes vous de bonne humeur…
- Mais oui tout va bien venez dans la grande salle, nous avons installé deux longues tables pour que vous soyez tous ensemble et à l’aise.
Dans la grande salle, les fenêtres donnent sur la steppe d’un côté, au-dessus des fenêtres se trouvent des rebords en prolongation du toit qui protègent aussi bien de la pluie que des rayons chauds du soleil. Sur la longue table plusieurs petits bouquets de fleurs, une nappe exagérément rouge. La chaleur extérieure est atténuée par les ventilateurs et l’air conditionné ainsi que l’atmosphère tamisée de la salle aux rideaux épais en velours bleu. De l’autre côté, à travers des fenêtres on aperçoit les hangars et les rampes de lancement des fusées aux colonnes métalliques. Une serveuse arrive et dit :
- Vous retournez au travail vers quelle heure ?
Et la réponse se fait unanime, celle-ci est traduite par Mikhaïl Avkcentiev :
- Galia, ne plaisantes pas on reste avec toi !
- Cela veut dire que vous ne travaillez pas cet après midi, ai-je bien compris ? Dans ce cas vous voulez faire le lunch à la russe, n’est-ce pas ?
- Tu as tout compris Galia, notre Galina ! Apportes tout ce que vous avez de bon et mets tout ça sur la table, nos amis ont l’habitude et c’est ce qu’ils aiment le plus, choisir dans la multitude !
S’exclame Sergueï Koniakov et Galia demande :
- Oui d’accord, mais qu’allez-vous boire ?
- Nous allons boire ce que les cosmonautes boivent lorsqu’ils sont sur terre, apportes-nous vodka et vin du Caucase et des jus de fruit, cassis, orange et un peu d’eau gazeuse, vous êtes d’accord les gars ?
Là, même les Français, l’Anglais, l’Allemand et les Américains répondent :
- Da ! Davaï, c’est bien ce que nous voulons, yes we’ll have that…
Ils connaissent tous le restaurant « Tchaïka » et d’après leurs expériences passées dans cet endroit, loin de tout, c’est là qu’ils se sentent mieux. Ils savent que les serveuses vont apporter toutes les zakouskis disponibles et que des plats chauds suivront, des plats de toutes sortes, il ne restera qu’à choisir. Alors Galia, Valia, Katia, Sveta, Irina, Natacha, Macha, Nadia, Liouba, chacune apporte quelque chose, dans des plats qu’elles dévoilent en les posant sur la longue table, quant au sommelier Alekseï, il les suit et apporte dans un beau panier en osier quatre bouteilles de vin de Géorgie, plus quatre bouteilles de 75cl de vodka et une bouteille de whisky. Dans la salle spacieuse, autour d’eux quelques jeunes gens du site de Baïkonour avec des camarades de travail ou d’autres avec leur compagne se regardent dans les yeux et discutent tranquillement. Le restaurant est loin d’être bondé et les serveuses ainsi que le personnel en cuisine tous se mettent au service des cosmonautes. Les hors d’œuvres arrivent dans de longs plats certains en inox, d’autres en porcelaine, jambon fumé en tranches, tranches de saucissons divers, sur des feuilles de salade avec des bouquets d’aneth et de persil, des pots en terre contenant des terrines de différents pâtés, notamment le pâté aux champignons sauvages de Sibérie, des pots de champignons marinés, des plats ovales en terre cuite contenant des filets de harengs fumés entouré d’aneth et d’oignons blancs dans l’huile, des longs plats en inox avec des tranches de saumon fumé sur lit d’aneth. La longue table arrangée avec deux tables l’une à la suite de l’autre est envahie par toutes ces bonnes choses. Alekseï revient, il apporte plusieurs paniers contenant des tranches de pain de seigle, du pain blanc et aussi du pain noir parfumé. Galia et Natacha reviennent encore pour poser chacune deux pots contenant des cornichons salés et marinés dans leur jus. Les verres sont remplis à moitié, il s’agit de vodka, les Américains prennent leur whisky et inévitablement quelqu’un comme Anatoli Volkov lève son verre en se levant lui même et il déclame :
- Nos très chers amis astronautes, spationautes, ici à Baïkonour vous êtes chez vous, nous sommes tous les douze entre-nous chez nous, frères de l’aventure qui attend ceux qui seront désignés très bientôt, nous sommes persuadés que huit d’entre-nous partiront, c’est à dire pratiquement nous tous sauf quatre. Je lève ce verre en vous souhaitant à tous ce que je souhaite aussi pour moi, une aventure extraordinaire et un retour sain et sauf pour chacun d’entre nous, pour pouvoir revenir ici à la fin du mois de juin 2018 revoir nos gentilles serveuses ! – à vous tous !
Et Anatoli avale d’un coup sec le contenu de son verre et s’assoit pour s’en resservir un deuxième. Les toasts continuent. Robert Hick lève le sien et dit :
- Tu as raison Anatoli, je partage tes vœux mais avec du whisky, à la votre chers amis !
Hans Gotten avale sa vodka comme du schnaps et prend immédiatement un morceau de hareng fumé sur du pain noir, il partage son plaisir avec les autres :
- Alors ça, ça réchauffe le cœur !
Stéphane Viardeau se verse un verre de vin et Marc qui connaît bien les vins du sud le suit. Stéphane a une idée précise :
- Moi ces alcools forts, je les garde pour les grands froids, d’après ce que j’ai pu entendre à Fontainebleau on en aura sur Mars, parce que là haut, la nuit il y fait bien plus froid qu’à Verkhoïansk.
- Bien sûr qu’on en aura sur Mars, sinon nous ne pourrons pas survivre, le seul moyen de faire repartir la circulation par grand froid sera l’alcool fort, la vodka sera un véritable remède mes amis, alors ceux qui n’ont pas l’habitude, il faut vous exercer dès maintenant.
Dit Mikhaïl Avkcentiev, en reprenant des zakouskis, tout à coup Jimmy Strattford se lance dans une discussion en rapport direct avec la mission de Mars :
- Nous savons nous autres, tout ce qu’ils racontent pendant les conférences puisque nous sommes en plein dans la mission, nous savons que les gouvernements ont donné tous les moyens pour permettre aux hommes de réaliser la conquête de Mars, nous savons qu’ils veulent se rendre compte une fois pour toute que les expéditions d’exploration spatiale pourront déboucher sur une véritable conquête d’exoplanètes pour l’avenir de l’humanité ou bien, au contraire se rendre à l’évidence qu’on ne pourra jamais y parvenir, voilà ce que je pense ! (this what I think personally).
Sergueï Koniakov veut répondre, car Sergueï est cosmonaute potentiel et aussi chercheur en astrophysique :
- Jimmy, tu as raison, tiens passe-moi du pâté là, merci – tu as raison en ce sens qu’aller sur la planète Mars est bien du domaine du possible, toutes les estimations et les calculs précis nous ont permis de mettre en application un projet parmi des centaines de propositions et les nations ont pris la décision de mettre en chantier depuis des décennies la construction de nos lanceurs, nos fameuses fusées américaines, russes et européennes et en plus tous les équipements nécessaires connexes pour non plus aller sur la Lune, mais bien plus loin, sur Mars. Je pense à titre personnel, cela n’engage absolument personne, ni moi-même d’ailleurs, je pense que plus loin, nous n’irons jamais. Encore une fois c’est mon opinion personnelle !
Marc Peyratener le spationaute français n’est pas de cet avis, il voit les choses d’une manière plus large :
- Tu sais pourquoi je ne suis pas d’accord avec toi Sergueï, c’est parce que tu t’arrêtes sur les seules acquis techniques contemporains, je crois qu’il faut laisser les hommes du futurs, qui seront toujours des terriens d’aller au-delà de nos connaissances, au-delà de nos techniques qui paraîtront bien naïves dans cent ans ou mieux dans cinq cents ans, tu comprends ce que je veux dire, ils découvriront des choses dont nous n’avons pas encore la moindre idée, comme le fond diffus de l’univers que nous avons découvert à 380,000 ans après le « big bang », que nous avons réussi à répertorier et photographier – l’univers tout entier en une image qui nous fait découvrir des recoins qu’on ne soupçonnait pas.
- Oui tu parles des exploits de la « WMAP » Willkinson Microwave Anisotropy Probe de la NASA et de la fantastique sonde « PLANK » de l’ESA avec leurs résultats de 2010 et 2012. C’est vrai que c’est fantastique et je pense qu’on ne pourra plus jamais aller au-delà de tout ce que nous avons découvert, nous allons améliorer certaines données, mieux les expliquer quant à découvrir les mystères du cosmos, nous ne le pourrons jamais, moi aussi c’est mon avis personnel, à moi !
S’exclame William Lorren et Oliver Fergusson dit :
- Et attendez, voilà qu’on nous apporte les plats chauds !
Nadia et Katia enlèvent les longs plats qui contenaient les zakouskis et simultanément Galia, Sveta, Natacha et Marina déposent encore sur de longs plats des « schachliks », des brochettes de viande de mouton, des morceaux accrochés à des morceaux de poivrons, d’aubergines et de courgettes, des demi poulets grillés sur d’autres plats le tout avec des garnitures de pommes de terre, de haricots verts et de la semoule de sarrasin bien cuite à la vapeur qu’affectionne particulièrement l’équipe russe ; des sauces à la menthe et des sauces tomate à coté de la ratatouille. Les serveuses retirent les bouteilles de vodka et de whisky et remplissent maintenant les verres à vin. Chacun se sert et les conversations continuent. Frank Guillem arrache avec ses dents les morceaux de viande grillée de sa brochette, avale une rasade de vin de Géorgie et regardant ses amis et collègues, tantôt à gauche, tantôt à droite du milieu de la grande table où il est assis, leur dit :
- Je vais vous dire une bonne chose, sur tout ce que vous racontez, ce que vous dites est absolument sensé, vous avez tous raison, car vous savez que tout ce qui touche au cosmos est si peu connu de nous autres terriens, et que tout ce qui reste à découvrir est mystérieux. Le mystère en matière de cosmologie, pour notre compréhension a trois critères déterminés. D’abord le premier critère est le fait de se pencher sur la science, d’être à l’écoute de la science de faire de notre mieux pour comprendre ce qui a été découvert par l’homme, considérer les découvertes, les études, les analyses et les explications en gardant toujours la tête froide – cela est le premier critère. Le deuxième critère est celui de la psychologie de l’homme, de sa compréhension de ce qu’il est convenu d’appeler le « réel », la réalité des choses, de ce qu’on voit, de ce qu’on entend, de ce qu’on touche, le « cogito ergo som » de Descartes, sans oublier qu’il est très possible que chacun voit les choses à sa manière et là encore le verbe « voir » est pris dans le sens large de ce que je veux dire, mes amis – autrement dit, chacun peut avoir une conception des choses de la vie à sa manière qui lui est propre et toujours au moins légèrement différente du voisin. Le troisième critère est celui qui est commun à nous tous. Nous, dans notre formation spécifique, nous avons tous cette aptitude qui nous a dégagés sur une voie assez exceptionnelle, celle d’être devenus des cosmonautes ou astronautes pour vous nos amis américains. Si je vous dis que c’est Einstein qui a fait la part des choses en faisant de nous ce que nous sommes devenus, oui ce troisième critère est bien celui de la relativité. C’est par les mathématiques et aussi par la réflexion mathématique que nous sommes devenus des cosmonautes. La réflexion mathématique effleure la philosophie et aussi la psychologie.
- D’accord avec toi Frank, mais pourquoi fais-tu appel à la relativité d’Albert ?
Dit Guenadi Vorobiev grand blond aux yeux bleus qui fixent toujours son interlocuteur. Il est assis presqu’au bout de la table à la droite de Frank et il ajoute :
- Tiens passe-moi du poulet s’il te plaît, laissez-moi vous dire une chose sur la relativité d’Albert Einstein. Quelque chose qui me fait justement penser à la relativité dans les possibilités que nous avons à notre disposition pour aller toujours plus loin dans le cosmos. Nous parlons souvent du niveau technologique que l’humanité a atteint. Certains affirment qu’on ne pourra plus jamais aller au-delà de toutes les découvertes humaines en matière de physique et de chimie, mais que dans les sciences, nous ne pourrons qu’améliorer nos connaissances et nos réalisations. Il n’y a rien de mal dans le souhait d’améliorer les choses, au contraire dirais-je, car par exemple ne croyez-vous pas qu’il faille justement améliorer les conditions de vie de toute l’humanité sur notre Terre avant toute autre aventure, ne croyez-vous pas qu’il faille combattre la famine dans le monde, la criminalité, l’injustice, la pollution répandue sur toute la planète, dans les océans et dans l’atmosphère. Ne croyez-vous pas qu’il faille assurer la distribution de l’eau potable à tous les humains sur notre Terre – tout cela est la vraie priorité, mais comme le disent nos présidents de la NSEA à Fontainebleau à Houston et ici à Baïkonour, une autre priorité a pris une place importante – celle de l’exploration spatiale car déjà notre planète est surpeuplée, nous devons examiner les possibilités de trouver d’autres endroits dans le cosmos pour y loger une partie de l’humanité – d’ailleurs ce que j’ai compris de cette bonne intention éventuelle de sauver l’humanité, c’est que seulement quelques centaines, au mieux un millier ou deux pourraient s’exiler sur une exoplanète dans mille ans ou plus. Il n’y aura jamais de grands vaisseaux spatiaux pour déménager toute l’humanité à n’importe quel moment du futur. Mais, voici ce que je voudrais vous dire justement au sujet de la relativité, c’est en relation avec les transports spatiaux, c’est Albert Einstein qui avait donné cet exemple marrant : Un homme se promène avec son chien. Tandis qu’il marche posément sur la route, le chien va et vient, fait cent mètres devant lui et revient, fait cent mètre derrière lui en courant à vive allure. La longue queue du chien s’agite rapidement de gauche à droite, de droite à gauche. Quand son maître fait un kilomètre, le chien en fait cinq, tandis que la queue du chien en fait vingt-cinq. Le soir venu un constat se fait : le chien est plus jeune que son maître et la queue du chien est plus jeune que le chien !
Tous les hommes se mettent à rire. Marc Peyratener assis en face de Guenadi lui dit :
- Mais où veux-tu en venir Guenadi, moi je pourrais te parler des jumeaux de Langevin, il y en a un qui s’en va dans sa fusée pendant trois mois à l’horloge terrienne, il fait un grand tour dans notre galaxie à une vitesse proche de la lumière à frôler d’autres étoiles, mais lorsqu’il revient sur Terre un siècle a passé et il est reçu par les petits-fils de son frère jumeau depuis des années disparu. Lui n’a vieilli que de trois mois, t’as vu ça toi, où est la relativité. La notion du temps et celle de l’espace sont directement influencées par la vitesse.
Guenadi répond :
- Tout cela nous le savons, toi, moi, nous tous ici mais ce que je voulais mentionner c’est que nos fusées se déplacent pour le moment à une vitesse relativement semblable à celle du chien, tandis que dans le futur, les vaisseaux spatiaux se déplaceront à une vitesse relativement semblable à celle de la queue du chien ! Tu comprends, c’est ça la relativité en matière de transport spatial. Je suis certain que nous aurons de nombreuses occasions de parler de tous ces sujets passionnants pendant le voyage Terre-Mars, sur la planète rouge et aussi pendant le retour Mars-Terre. Nous devrons occuper notre temps. Peut-être rapporterons-nous de nouvelles notions des choses générales de notre expérience. C’est un peu prétentieux de dire cela, mais je suis persuadé que nous ne serons plus les mêmes lorsque nous reviendrons, c‘est ce qu’il me semble. Macha, apporte-nous du vin, c’est la fête aujourd’hui !
Sergueï Koniakov demande :
- Cela fait combien de temps que nous sommes ici chez « Tchaïka », vous avez raison, je ne m’en rends pas compte, mais on est bien ici au frais, dehors il fait une chaleur insupportable – hé les gars, faut pas sortir sous cette chaleur, malgré nos entraînements, on tomberait comme des mouches !
Robert Hick lui répond :
- Mais qui t’a dit qu’on va sortir, nous restons ici jusqu’à la nuit, on est bien là. Tiens on nous apporte des desserts et de la glace.
Dans une atmosphère détendue, les hommes de l’espace dégustent leur dessert et des glaces, finissent les vins de Géorgie qui paraissent légèrement doux et commencent à boire de l’eau gazeuse rafraîchissante. Ils vont prendre place dans des fauteuils confortables, continuent leurs discussions et regardent les chaînes de télévision, parfois par groupe de pays.

Dehors dans l’aridité des étendues de Baïkonour se profilent au loin des bus qui s’en vont en direction du « PCHP ». Trois bus climatisés arrivent sur le « site numéro 8 » celui du « PCHP ». Nadejda Feodorova la dynamique, demande aux personnes présentes de se regrouper autour d’elle, car elle n’a pas de microphone. Il faut dire que sa voix autoritaire est assez puissante surtout lorsqu’elle atteint ses notes basses de contralto et que c’est à ce moment là que son menton s’efface dans son cou agrémenté d’un collier de perles, montrant le haut de sa tête enchignonée brune aux petits yeux qu’on aperçoit à travers des fentes bien asiatiques et qu’adore son mari kazakh, c’est ce que disent d’elle les cosmonautes qui l’adorent aussi. Nadejda dans sa robe noire à grand décolleté commence ses explications :
- « Devotchki, molodoï tchelovek » (les filles, jeune homme) approchez-vous. Le « PCHP » se trouve à seize kilomètres des installations principales. A en croire certaines sources bien informées le « PCHP » deviendra rapidement le centre stratégique principale de la base de Baïkonour et cela est compréhensible, la plupart des fusées emportant vaisseaux ou containers spéciaux pour Mars partiront de cet endroit. Comme vous pouvez le voir, les bâtiments techniques sont éloignés comme sur la base principale. Ici dépassent du sol ces murs en béton armé insensibles aux hautes températures – les bétons ayant reçu un additif spécial lors de la coulée. Il faut dire qu’à la base du puits les bétons sont proportionnellement d’autant plus renforcés qu’en haut, car on a tenu compte, comme vous vous en doutez de la chaleur intense ainsi que de la pression qui atteint les limites de ce qu’on a jamais imaginé auparavant en force hydraulique. La force que le système hydraulique doit supporter est semblable à celle des turbines des plus importants barrages hydrauliques sur les fleuves. Ce que vous voyez en direction du puits c’est son orifice d’expulsion. Durant des semaines des essais avaient eu lieu pour tester l’efficacité du système « PCHP » et surtout sa compatibilité avec les lanceurs-fusées qui partiront d’ici dans l’espace. Lors des essais on faisait retomber les fusées à quelques kilomètres d’ici dans la steppe. Tout fonctionne à merveille avec des charges égales à celles qui partiront d’ici dans quelques semaines. Longtemps nous avons eu de l’appréhension pour ce système qui fonctionne à l’aide de plusieurs composants, tels qu’un explosif qui donne l’impulsion au système hydraulique pour se déployer à une vitesse puissante et croissante jusqu’à 20 mètres en dessous du sol. C’est à 25 mètres au-dessous du sol que la fusée est portée par ses propres réacteurs qui la font s’élever plus rapidement dans le ciel. Vous comprendrez que l’impulsion première de catapultage, fait bouger le complexe lanceur-fusée-vaisseau, lui donne cette force pour s’élever à transporter en trois secondes à vitesse croissante sa masse jusqu’au niveau du sol d’où le complexe prend son envol en puisant avec un petit retard sur ses réserves emmagasinées. Ce que je veux vous dire, c’est ce que vous ont expliqué nos directeurs de projet, c’est qu’en utilisant notre propulseur « PCHP » nous économisons aux alentours de 20% de carburant et ces 20% sont utilisés autrement. Ces 20% sont pris en charge, absorbés par la Terre, déduits de l’attraction terrestre immédiate. Dans son lancement le complexe lanceur-fusée-vaisseau ne peut en aucun cas subir le moindre retard sur le programme précis de la mise à feu des réacteurs du premier étage, en aucun cas car le lancement pourrait avoir des conséquences dramatiques pour notre programme « Mars Pneuma ». Nous allons maintenant descendre pour ceux qui le veulent bien par l’ascenseur du puits parallèle, jusqu’à la salle des machines. Suivez-moi. Douze personnes à la fois, l’ascenseur reviendra autant de fois que nécessaire pour chercher les autres, les chauffeurs vous guideront. Allons les douze premiers venez avec moi.
Les douze premiers prennent l’ascenseur et descendent avec Nadejda. L’impression est comme si on descend d’un immeuble d’une trentaine d’étages, on ne voit même pas les parois et on peut se parler, on ne ressent presque rien. Arrivés en bas, Nadejda éloigne le petit groupe dans une salle technique et donne rapidement quelques explications complémentaires :
- Par ce couloir, on arrive à une pièce étanche, complètement isolée du puits de lancement mais à partir de laquelle on contrôle le déroulement de la mise à feu du système hydraulique. Le vitres ont une épaisseur de quatre mètres et résistent aux plus hautes pressions. Au-dessus vous pouvez voir la plate-forme sur laquelle reposera le complexe lanceur-fusée-module à Baïkonour. A Houston la troisième partie sera le vaisseau habité. Voilà, vous pouvez remonter, et envoyez moi le groupe suivant.
Nadejda Feodorova donne trois fois les mêmes explications et remonte avec le troisième groupe de journalistes et de personnes autorisées. La visite terminée, les trois groupes remontent à la surface. Les bus ramènent les curieux à leur point de départ. Tout le monde se disperse chacun de son côté et les départs se font par bus vers l’aéroport pour prendre l’avion du soir le « Spetz-rejs » du retour sur Moscou certains s’en vont vers la gare de Baïkonour pour prendre le train de nuit qui mettra trois jours pour arriver à Moscou. Léonard Templer revient à son hôtel des « Quatre vents ». Les quatre spationautes européens, qui sont revenus dans la soirée après avoir passé toute l’après midi au restaurant « Tchaïka », Hans Gotten, William Lorren, Stéphane Viardeau et Marc Peyratener sont descendus prendre une légère collation accompagnée de thé dans la salle à manger en compagnie de leur ami Léonard qui leur explique qu’il a signé tous les protocoles selon les dispositions prises d’avance par Arnaud Rivière, les quatre jeunes gens suivront quelque entraînement à Baïkonour pour une dernière répétition pour se familiariser avec le matériel russe qu’ils retrouveront sur Mars. Le maniement, les mises en route, les façons de procéder, le suivi, les notes techniques, les pièces détachées de secours, le maniement des scaphandres en tous points semblables aux scaphandres américains, les schémas électriques, les tuyauteries des vaisseaux, les circuits de secours en cas de diverses pannes, les instruments d’observation optiques et radar. Dix journées d’absence de Fontainebleau et de leur centre de Bons en Châblais sous la montagne et bientôt les tout derniers préparatifs du suivi des vols non habités de l’année 2013.
Léonard Templer leur dit :
- Hé les gars d’ici novembre 2015, on a le temps, il y en a qui parmi vous voudront peut-être rester avec leur famille, ou une femme, plutôt que de se lancer dans cette aventure. C’est encore loin la prochaine fenêtre de tir pour Mars par rapport à la Terre, c’est dans 27 mois, c’est vrai tout peut arriver avec des événements imprévus. Bon quant à moi je vais téléphoner à Béatrice, roupiller un peu et demain après le p’tit dej, j’vous dirai au revoir. J’irai prendre le « Spetz-rejs » du retour sur Moscou, le « Touchka ». Nous ferons le voyage ensemble avec Orson qui regagnera Boston.
L’équipe européenne est bien fatiguée, les responsables des projets également et chacun s’endort au « Quatre vents » jusqu’au lendemain matin. Léonard descend avec sa valise à roulettes parmi les premiers, vers sept trente du matin. A peine qu’il s’assoit à la table habituelle, arrivent un à un les spationautes européens suivis des astronautes américains. Orson dit bonjour et va immédiatement se servir à la grande table du buffet suédois comme ils l’appellent ici ; les astronautes le suivent et prennent tous des corn flakes avec du lait. Orson et Léonard déjeunent tranquillement, devant leur café. Le petit déjeuner terminé, ils disent au revoir avec les encouragements habituels à tous les jeunes gens qui s’entraîneront pendant quelque temps avec les cosmonautes russes de Baïkonour. Une limousine vient chercher Orson et Léonard – direction de l’aéroport de Baïkonour. On devine la tour de contrôle à l’horizon ainsi que la silhouette du « Touchka » assurant le vol « Spetz-rejs » pour Moscou.
Arrivés à Moscou Domodedovo, Orson demande à Léonard :
- Tu savais toi que Domodedovo c’est la maison du grand-père ?
- Tu me prends pour qui, bien sûr que je le sais et depuis longtemps déjà, tiens v’la les jeunes qui viennent se charger de nous !
- Bonjour, bonjour, vous avez fait un bon vol ?
Disent-ils comme d’habitude en prenant les valises qu’ils mettent dans le coffre, puis ils assurent le transfert sur Sheremetyevo-2 dans le nord de Moscou. Le chauffeur demande :
- Vous rentrez directement ou vous voulez faire un tour à Moscou Monsieur Trueman avec votre collègue ?
- Non, non Vassili, nous sommes fatigués et nous devons prendre chacun notre vol du soir.
- Comment connais-tu son nom ?
Demande Léonard. Et Orson lui répond :
- Comment je le connais, comment je le connais, je le connais c’est tout et l’autre son copain, c’est Anton !
- Oui d’accord l’autre c’est Anton, moi aussi ils m’avaient accompagné, mais avec un minibus, puisqu’il y avait nos quatre spationautes que j’accompagnais. Ils ne m’avaient pas donné leur nom à moi.
- Oui, mais moi j’avais fait la fête avec eux il y a deux ans, quand j’étais venu avec mes hommes à moi.
- Ah bon, je comprends.
Au terminal de SVO-2 Vassili et Anton disent au revoir, tandis que Léo dit au revoir à Orson. Chacun prend son vol de son côté.
Orson attrape son Boeing-767 et Léonard son Airbus-320.

19 septembre 2013 de Stuttgart airport à Kourou. La NSEA de Baïkonour a fait appel à la compagnie russe qui possède huit gros avions qu’ils appellent le « Ruslan » c’est à dire l’Antonov-124. Naguère ces avions étaient destinés aux transports de troupes soviétiques et au matériel de guerre, tanks, camions mitrailleurs, canons, hélicoptères et avions de chasse en pièces détachées. Un autre avion, l’Ilyouchine-76 construit en bien plus grandes quantités avait les mêmes fonctions, la plupart avaient des visières parfois équipées de mitrailleuses en cas de nécessité, mais sa lourdeur malgré son élégance dans les airs, ne lui permet pas de faire la course avec un avion de chasse ennemi qui s’adonne aux acrobaties. Ces gros avions ont été construits par deux constructeurs russes différents. Ils n’en construisent plus, mais s’occupent plutôt de leur maintenance et ils ont aussi d’autres projets aéronautiques, d’ailleurs comme les Américains avec leur « Galaxy ». Ces avions sont en priorité à la disposition du ministère de la défense russe et à cet effet ils sont opérationnels immédiatement. Depuis le début des années 1990 la guerre froide entre l’est et l’ouest n’existe plus et les relations entre les deux grandes puissances ne laissent pas penser qu’un conflit dramatique puisse se créer, sauf des railleries assez habituelles dues au franc parler des dirigeants et aux informations indéniables circulant notamment par le biais d’Internet. Certains de ces avions sont rendus disponibles au commerce aéronautique – il faut simplement les louer. Le centre de contrôle de Baïkonour de la NSEA a un bureau qui s’occupe de la logistique terrestre. Jusqu’à dix wagons chargés de citernes aux parois métalliques épaisses de 6 centimètres arrivent chaque jour dans la gare de Baïkonour. Les trains convoyant ces citernes transportent au départ des grandes villes industrielles russes de l’hydrogène et de l’oxygène liquide et autres gaz dont le xénon en plus petites quantités. Ces gaz sont stockés pour remplir les réservoirs des étages des fusées. Le xénon est transvasé dans les petits réservoirs des moteurs ioniques à bord de chaque vaisseau spatial. Lorsque de grosses pièces de fusée sont fabriquées dans les villes industrielles russes et qu’un certain retard se fait sentir, immédiatement le service logistique terrestre fait une demande spéciale pour utiliser l’Antonov-124 et les pièces sont acheminées pour l’assemblage sans aucun retard sur le programme. Cet avion peut traverser l’Atlantique au départ de Stuttgart avec aisance jusqu’à Kourou. Afin de faciliter la tâche de chacun, la décision avait été prise d’utiliser le « Ruslan » et c’est chose faite, toutes les dispositions sont prises depuis plusieurs semaines. « Ruslan » s’envole de sa base d’Ulyanovsk le 19 septembre à 12heures locales (9heures ut). Le personnel de la « Spacien Konstruktzion Gessellshaft » attend près des hangars où sont entreposés les quatre modules d’habitation destinés à Mars. Les opérateurs de la tour de contrôle viennent d’indiquer que l’An-124 est en approche. Les gens sur la piste regardent au loin sur leur droite et voient effectivement un petit avion avec une légère traînée qui s’approche et qui devient de plus en plus gros – soudain, juste devant eux, une grosse masse volante sombre est à deux mètres du sol, puis le touche. Le crissement des 26 pneus de ses roues sur le tarmac font penser à un monstre vivant ayant légèrement souffert de l’impact et le bruit assourdissant de ses réacteurs se combine au souffle de son immense stature. Le spectacle fait plier les personnes qui l’attendent en faisant voler leur tablier blanc, leur imperméable et une ou deux jupes. L’avion atterrit sur la piste Est de l’aéroport de Stuttgart à 14 heures locales (13h.gmt). L’équipage prend son temps pour descendre. Les portes latérales s’ouvrent dix minutes après l’atterrissage et le « Loadmaster » descend avec la sangle de son cartable sur l’épaule et un bloc note sur lequel volettent des documents agrafés. La douane arrive, accompagnée de quelques autres officiels et responsables. Des conversations aboutissent à des accords et quelques minutes plus tard le hayon arrière se déplie, puis le hayon avant sous le nez de l’appareil, des vérins stabilisateurs hydrauliques glissent de son corps, se déplient pour toucher le sol en quatre endroits, l’équilibre est parfait et les roues ne souffrent pas de surpoids d’une manière isolée par essieu – on voit le jour au bout d’un tunnel de plus de quatre mètres de haut et long de 36 mètres. C’est dans ce volume de 1000m3 que seront chargés les modules emballés sur des palettes en bois, spécialement conçues pour ce transport exceptionnel. Deux des quatre modules sur palette sont acheminés vers le hayon avant du « Ruslan ». Chacune des palettes est tirée par un tracteur des services aéroportuaires. Le premier tracteur monte jusqu’en haut du hayon à deux mètres cinquante du sol et roule le long de la carlingue de l’avion cargo, jusqu’à un point au milieu, où l’arrête un technicien. Le tracteur est détaché, le module « 1 » fixé sur sa palette est solidement arrimé avec sangles et filets aux crochets-taquets de la plate forme du plancher. Le tracteur roule et descend par le hayon arrière. Il traverse la carlingue d’un bout à l’autre. Le module « 2 » est poussé par un deuxième tracteur toujours par le hayon avant jusqu’au premier module sans le toucher, et sur sa palette il est arrimé comme le « 1 ». Le hayon avant se referme et le nez de l’appareil reprend sa forme naturelle. Le troisième module est poussé par un autre tracteur par le hayon arrière et arrimé sur sa palette comme les deux premiers. Le tracteur roule en marche arrière et le quatrième module est à son tour chargé et arrimé – sangles, filets et crochets taqués fixés au plancher. Le hayon arrière se referme. Quelques responsables de l’appareil après avoir fait une petite promenade sur le terrain pour se délasser, viennent maintenant discuter avec deux agents aéroportuaires qui viennent brancher sous le ventre de l’avion dans une trappe, d’abord la grosse prise à cinq cosses pour recharger certaines batteries et assurer l’électricité à bord et aussi la prise du tuyau à crans d’arrêt qui assure la recharge en air comprimé des bonbonnes qui n’ont plus leur pression maximale. Le générateur fonctionnera le temps du stationnement. Les hommes membres de l’équipage remontent à bord après la petite promenade. Des plateaux repas chauds du service « catering » de l’aéroport de Stuttgart leur sont apportés en queue de l’avion où sont situées les plus grandes cabines. L’avion reste sur sa place de parking, comme au repos pendant des heures. A dix huit heures trente, Le commandant, tranquille avec le copilote, le navigateur et deux ingénieurs s’en vont avec plusieurs membres de l’équipage guidés par les responsables de la firme allemande, dîner dans une brasserie en ville. Ils passent la nuit dans un hôtel trois étoiles pour se reposer d’une journée bien remplie. Le réveil sonne à 6 heures le lendemain et après un petit déjeuner copieux, un minibus les ramène à leur « karable » comme ils disent pour désigner un vaisseau. Un navire fend l’eau, un avion fend l’air. A bord de l’AN-124 l’équipage débarque les dernières poubelles après avoir terminé le petit déjeuner et s’affaire déjà, chacun à son poste. Le générateur qui a fonctionné toute la nuit est déconnecté et un signe de la main d’un des agents indique à l’équipage que la manœuvre est bien effectuée. Les portes arrière et avant sont encore ouvertes. Le commandant et ses équipiers, chacun est à son poste. Les dernières mises au point se font d’une façon bien rodée. Dans la cabine de pilotage la check-list est égrenée, l’heure du départ est confirmée par un agent d’escale de l’autorité portuaire qui dit au revoir et descend de l’avion. Le départ est confirmé une nouvelle fois par radio par la tour de contrôle et le copilote donne l’instruction de fermer toutes les portes. Il est 9 heures. Les techniciens de bord exécutent toutes les manœuvres. Au sol le gros générateur déconnecté est tiré au loin par un tracteur. Un signal de l’imminence de départ est donné par la « tour » et les quatre réacteurs sont mis en marche, l’un après l’autre : le quatre, le un, le trois et le deux. Quelques minutes pour réchauffer tous les circuits, quelques mots entre la cabine et la « tour », toutes les coordonnées sont rentrées dans l’ordinateur de bord, les derniers réglages sont effectués, les sabots qui entravent le train d’atterrissage sont enlevés par les agents au sol habillés de jaune. Le « Ruslan » bouge, il est tracté par le plus gros tracteur de l’aérodrome qui le manœuvre et vient le positionner en bout de parking. Le tracteur se déconnecte, le chauffeur fait un signe au commandant sur le côté gauche – au loin devant le nez de l’avion, le pilote de piste fige ses deux panonceaux vers le ciel et se sauve vers le tracteur. Encore une minute freins bloqués, puis les moteurs montent en puissance presque maximale – le paysage défile de plus en plus vite, les roues du train cognent la piste, les oreilles encaissent le bruit qui s’estompe dès que le décollage prend effet, au bout d’une minute un bruit sourd indique que le train d’atterrissage est rentré avec ses nombreuses roues, une quinzaine de minutes de montée jusqu’au palier « 110 » et un vol de croisière commence en direction de Kourou.

Le premier épisode sera effacé à la suite du troisième.




Aventures sur Terre et dans l’ESPACE par wladimir vostrikov

20022017

IMGP0115
N S E A Agence d’Exploration Spatiale des Nations

Agence d’exploration spatiale des nations
Par Wladimir Vostrikov
Voir la page Focus de cet auteur
Couverture souple, 430 Pages

Etant « débordé » merci de visiter la page de l’édition comportant toutes les facilités de paiement sécurisé et d’expédition rapide.

Prix catalogue : 25,49 €

Aventures et technologies dans le domaine spatial international. Les pays qui ont développé des programmes spatiaux ou qui contribuent aux lancements des fusées avec plusieurs étages, contenant aussi les vaisseaux spatiaux et les réserves de comburant (carburant pour les lanceurs)font partie d’une organisation connue, la NSEA mais dont les activités demeurent secrètes pour la bonne marche des projets jusqu’à leur réalisation. Des équipes de chaque pays concerné collaborent pour la construction des infrastructures terrestres comme la nouvelle base de lancement aux techniques inédites à « Falaise Crevaux » avec la station géostationnaire au-dessus de la Guyane française, une région liée à la mémoire de l’aventurier Jules Crevaux ancien médecin des armées du dix-huitième siècle qui perdit la vie sur le fleuve Amazone…. Aventures terrestres internationales et spatiales.
Fiche détaillée du produit
ISBN
9781326847777
Copyright
Edition Distribution Lulu – Collection « Vladimyriade » (Licence de droit d’auteur standard)
Édition
Première édition complète
Edition Distribution Lulu – Collection « Vladimyriade » Wladimir Vostrikov
Publié
17 janvier 2017 Langue Français Pages 430 Reliure Couverture souple en dos carré collé – Noir & blanc – Poids 0,71 kg – Dimensions (centimètres) 14,81 (largeur) x 20,98 (hauteur)
Jeunesse – science-fiction – aventures terrestres et spatiales – technologies – voyages
Répertorié dans Science Fiction, Fantasy

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Comme au Ciel sur la… Par Wladimir Vostrikov Couverture souple : 12,50 € + frais d’envoi

Aventures sur Terre et dans l'ESPACE  par wladimir vostrikov dans Ascenseur spatial

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Feuilleton NSEA roman sf 1

7102017

NSEA
Agence Spatiale Secrète
Internationale des nations

suite au prochain numéro, chaque vendredi !

Aventures spatiales Science-fiction

Wladimir Vostrikov

Aventures spatiales
International Secret Space Agency

Avant propos

Je me délecte dans la lecture de mes auteurs astrophysiciens favoris et aussi dans les théories de Constantin Tsiolkovski – génie reconnu par le monde scientifique. Tsiolkovski qu’il ne faut surtout pas reléguer aux oubliettes, m’a donné une des idées de la trame à mon histoire de science-fiction. Comme beaucoup de terriens j’ai espéré que la Conférence internationale « COP-21 » qui s’était tenue à Paris en novembre 2015, apporterait de nombreuses solutions et de promesses pour l’humanité, notre planète et pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Il faut bien assimiler le fait lucide qu’il n’y aura pas de plan « B » comme l’avait indiqué le président des Etats Unis et comme nous en avertissent constamment les associations pour la préservation de la nature et de l’environnement.

Quand on nous dit : « Oh vous savez, on ne sait pas tout ! » cela peut-être vrai, mais ce qui est intéressant, c’est justement de tout faire pour savoir. Si l’on ne fait pas cet effort, c’est qu’on se contente de ce qu’on sait et parfois ce qu’on sait se limite à nos propres connaissances, à ce qu’on nous a enseigné et à ce qu’on a appris par soi même, soit en écoutant, soit en lisant. Bien entendu on ne sait pas tout et si l’on savait tout, on n’aurait plus rien à découvrir cela va de soi, mais on commencerait par s’ennuyer, puisqu’il n’y aurait plus ni recherche ni aventure, ni découverte. Alors oui il faut, semble-t-il s’intéresser à tout, à tout ce qui nous motive et à tout ce qu’on peut découvrir de nouveau, l’être humain est ainsi fait, il veut savoir un maximum de choses sans pouvoir en expliquer les raisons. On peut vivre dans un quotidien d’insouciance parfois ou se battre pour trouver sa place dans la vie professionnelle, se battre pour déjà trouver un emploi, se battre pour se défendre et se battre pour défendre les siens. Des raisons mystérieuses pour ne pas dire mystiques nous poussent aussi à nous pencher sur l’histoire de notre pays et aussi sur l’histoire du monde, l’histoire de notre planète, l’histoire du cosmos. On est inévitablement tenté par l’exploration spatiale, la découverte de nouveaux mondes, de nouvelles planètes, habitables seraient un plus. En 2016 on peut dénombrer plus de 3000 planètes repérées et identifiées comme intéressantes, car quelques unes semblent graviter autour de leur étoile à bonne distance, c’est à dire ni trop près, ni trop loin. Des études complémentaires sont en cours afin de déterminer la composition de leur atmosphère et celle du sol, les températures minimales et maximales et aussi point non négligeable, loin de là si l’on peut dire, la distance qui les séparent de notre Terre. Des événements pour le moins bizarres avaient eu lieu avant la deuxième guerre mondiale et aussi étranges pendant la période de l’après-guerre de 1945 à 1947 ; le survol des Etats Unis d’Amérique par des ovnis. Certains s’étaient même écrasés dans plusieurs états et aussi en Norvège. Toutes les informations concernant ces événements ont été tenus secrètes pendant des décennies, cependant certains journalistes commençaient à les décrire ayant eu vent de ces étranges affaires. Qui n’a pas entendu parler de soucoupes volantes et plus tard des objets volants non identifiés qu’on avait décidé de nommer par les abréviations ovni. A partir de la fin des années quarante, début des années cinquante l’Amérique était prise de paranoïa, ils en voyaient partout. Des apparitions de mêmes types ou différentes avaient eu lieu en Belgique, en France et dans les pays nordiques, des choses bizarres s’étaient produites dans les montagnes de l’Oural en Russie, on avait tenté d’expliquer qu’il s’agissait d’un accident plus ou moins naturel alors que d’autres les attribuaient aux extraterrestres. Très vite, toutes ces allégations avaient été étouffées pour ne pas créer de panique dans le monde qui était en pleine reconstruction après la guerre. Malgré cette atmosphère générale inédite sur les cinq continents, les Américains s’étaient amusés à sortir le film « La guerre des mondes ». Au début des années 2000 certaines informations ou certains secrets militaires étaient dévoilés et de nombreux livres écrits sur des événements qui auraient eu lieu à Roswell dans l’état du Nouveau Mexique. Des reportages reprenant d’anciennes actualités ont réapparu en noir et blanc à la télévision. On semblait ne plus garder le secret tout au moins dans les grandes lignes de ce qui s’était passé dans les années quarante et cinquante. Des ovnis auraient survolé de nombreux endroits des Etats Unis, certains s’étaient même crachés à Roswell où jusqu’à maintenant règne une atmosphère de mystère qu’il ne faut surtout pas dévoiler aux curieux de passage – leurs en raconter un minimum « autorisé » pour ne pas altérer le tourisme et le commerce. Oui, disent les marchands, les militaires avaient retrouvé onze corps d’extraterrestres et deux étaient même en vie. C’étaient de petits êtres qui ressemblaient aux humains, mais ils avaient une peau bizarre. Les militaires se sont vite aperçus que les deux qui avaient été récupérés vivants ne se nourrissaient pas. Un certain langage des signes avait fonctionné le premier jour et les terriens avaient compris que les extraterrestres étaient chlorophylophages. Les militaires avaient fait venir des botanistes et des agrobiologistes pour trouver les légumes et les fruits les plus appropriés à leur état. Les fruits et légumes des terriens avaient été approuvés par les extraterrestres qui s’en goinfrèrent tellement qu’ils en sont morts deux jours après. Avant de mourir, ils avaient laissé comprendre aux terriens que leur planète dans la constellation d’Orion était en situation d’extinction. Ils devaient trouver un autre endroit pour vivre. Ah oui, la mort pour eux était une dématérialisation. Toutes leurs technologies étaient extrêmement développées et les voyages entre leur planète dans Orion et la Terre étaient fréquents… Leurs congénères voyageaient aussi dans bien d’autres endroits du cosmos. En tout cas, après la guerre, à l’époque du président des Etats Unis Dwight Eisenhower, une société secrète avait été créée pour gérer les relations entre les extraterrestres et les humains. Certains affirment que dans tous les gouvernements des pays développés, Japon inclus malgré le tragique épisode des deux bombes « A » un département spécial gérait en secret les relations entre toutes les agences créées par les Américains. Ces agences se perpétuent jusqu’à présent et continueront dans le futur exactement de la même manière que dans le passé. Relations avec les extraterrestres car certains auraient réussi à survivre sur terre et seraient dans des endroits hyper protégés par les militaires de tous les pays concernés. L’entité commune à tous les pays, s’appelle la NSEA (Nations Space Exploration Agency) elle est chargée également du développement de la conquête spatiale en parallèle avec les agences spatiales de chaque pays concerné. Chaque agence spatiale d’un pays peut prêter ou louer du matériel spécialisé jusqu’à son site de lancement de fusées, les relations entre elles se font par factures interposées et les fonds semblent venir dans chaque pays à partir de la planche à billets.
L’agence spéciale des Etats Unis d’Amérique s’appelle NSEA Inc et son siège se trouve à Houston.
L’agence spéciale du Royaume Uni s’appelle NSEA Ltd et son siège se trouve à Londres.
L’agence spéciale française s’appelle NSEA SA et son siège se trouve à Fontainebleau, une cinquantaine de kilomètres au sud de Paris.
L’agence spéciale allemande s’appelle, NSEA Gmbh et son siège se trouve à Stuttgart.
L’agence spéciale italienne s’appelle NSEA Lta et son siège se trouve à Rome.
L’agence spéciale russe s’appelle NSEA AO et son siège se trouve à Moscou.
NSEA empresa spa agence spéciale d’Espagne.
L’agence spéciale chinoise s’appelle NSEA whu et son siège se trouve à Beijing.
L’agence spéciale japonaise s’appelle NSEA Ltd et son siège se trouve à Tokyo.
Des agences NSEA se trouvent aussi dans d’autres pays comme le Brésil, puis l’Australie et le Canada qui dépendent de Londres.
La NSEA ne dépend pas directement de l’Organisation des Nations Unies, l’ONU mais plutôt de l’OMN (Organisation mondiale des Nations) de New-York – the WNO (World Nations Organization). Jusqu’en 2008 toutes les activités de la NSEA étaient restées secrètes. Des bruits avaient couru que la NSEA avaient eu un soutien théorique et technologique de la part des extraterrestres qui avaient même réussi à convaincre les terriens de ne pas utiliser la bombe atomique à des fins guerrières car le monde entier en serait pollué et irradié pour des décennies ou des siècles, mais plutôt d’utiliser l’énergie nucléaire pour le bienfait des terriens. Ce fût chose faite, du moins jusqu’à présent. Même si l’influence des extraterrestres continue d’être importante sur les terriens, les terriens n’en savent strictement rien. Où se trouvent-ils, se promènent-ils parmi nous, nous côtoient-ils dans les villes et les campagnes – bien que tout le monde se soupçonne toujours d’on ne sait quoi, personne n’a jamais pu déterminer d’une manière concrète où trouver ces personnages étranges. S’ils se promènent parmi nous, jusqu’à maintenant impossible de les identifier. En Haute Savoie en France et aussi dans les Montagnes Rocheuses des Etats Unis de nombreuses personnes prétendent que de drôles de gens rentrent dans des cavernes bétonnées depuis la deuxième guerre mondiale, où se trouveraient d’immenses espaces militaires qui seraient en contact permanent avec les « aliens ». Les mêmes soupçons ont envahi les habitants autour d’une grande base militaire russe située dans des cavernes immenses dans les montagnes de l’Oural. Dans certains pays où se trouvent les agences de la NSEA, ces zones militaires sont énormes – de la taille en surface des petits pays européens, où personnes ne peut pénétrer. Les choses très sérieuses avaient commencé très vite après la conquête de l’espace par l’homme et surtout après le programme « Apollo ». Dès 2011 le programme « Mars pneuma » débuta et la plus grande aventure spatiale se déroula après 2013 – 2014 –2015 et continue de nos jours en toute confidentialité, sans que l’humanité en sache grand chose. Des étapes importantes seront peut-être dévoilées comme celle de « Mars pneuma » mais plus tard en 2020.

A la conquête de la planète Mars

Dans l’histoire. L’histoire des missiles à bord d’un cargo soviétique s’avançant vers la Baie des Cochons de Cuba est déjà très ancienne ; le drame avait pu éclater à tout moment entre Khrouchtchev et Kennedy pour déboucher sur une guerre atomique mondiale et bizarrement dans les rues des capitales du monde entier de l’année 1961 l’événement dramatique passait presque inaperçu du grand public. Les jeunes eux, pensaient au quotidien, à s’amuser, aller à l’école ou au lycée, faire les devoirs, écouter les parents et les professeurs et s’amuser encore. Léonard Templer a vingt ans, il est étudiant à l’école de Chimie de Paris. Ce jour là, dans la rame du métro de la ligne 12 Mairie d’Issy – Porte de la Chapelle, entre les stations Concorde et Madeleine, en se penchant sur le journal d’un voisin debout comme lui, se tenant à la barre verticale au milieu du wagon, l’information que Léo percevait semblait passer comme anodine pour tous, mais Léo eût un frisson qui lui avait parcouru tout le corps. Des gros titres dans « France-Soir » ils en font chaque jour, mais celui-ci mentionnait une possible guerre entre l’URSS et les Etats Unis. Oh, ils vont bien se calmer, se dit Léo dans sa tête. Enormément d’événements ont suivi, les tensions entre les pays du monde ne se sont pas vraiment apaisées, et le monde continue sans guerre « mondiale ». Vingt sept années ont passé depuis, nous sommes en 1988. Léo était jusqu’en 1980 sur la liste des candidats potentiels spationautes pour un prochain éventuel départ en mission spatiale. Il n’était pas le seul, ils sont toujours une douzaine, présents deux à trois jours par semaine dans l’un des centres de la NSEA, la Nations Space Exploration Agreement. Vingt ans plus tard, au mois de juillet 2008, la Commission Internationale de l’Espace est créée par l’OMN (L’Organisation Mondiale des Nations). Dans notre histoire nous ne parlerons pas des autres organismes ni de leur origine, d’où émane justement la NSEA. La NSEA a regroupé plusieurs grandes organisations du monde, en ce qui concerne l’exploration spatiale, en une seule pour un programme commun extrêmement précis. Un nom lui a été attribué : « Mars Pneuma ». Pendant des années après le fantastique « Programme Apollo » américain, l’idée d’aller explorer l’espace, visiter d’autres planètes a été suspendue. Seuls des sondes, des satellites spécifiques et des observatoires spatiaux extrêmement performants sont constamment mis sur orbites terrestres ou envoyés explorer l’espace – mais plus jamais de vols habités d’exploration. Les organismes d’exploration spatiale du monde rêvent depuis cette période de continuer, d’aller autre part que la Lune, ils rêvent d’aller sur Mars. Mais c’est impossible, cela coûte bien trop cher, il y a d’autres priorités pour les nations. Avec la NSEA, un programme est élaboré et le rêve devient possible, nous verrons comment. La NSEA est en relation étroite avec toutes les organisations de recherches et d’exploration spatiales, c’est un accord datant des années quarante. La NSEA des Etats-Unis d’Amérique, la NSEA européenne et la NSEA russe d’exploration du cosmos sont en étroite collaboration. La NSEA France est située sur la base de Fontainebleau et en Haute Savoie. Les candidats spationautes y suivent des cours très spéciaux ainsi que des entraînements très spécifiques. C’est en 1981 que Léo dut laisser la place à un autre, question d’âge. Depuis le mois de décembre de cette année 1981, Léo était professeur de physique chimie à la faculté de Montpellier. Dans les années qui suivirent, ses compétences avaient été récompensées par de prestigieux diplômes et jugées sur le travail accompli en matière de recherche astrophysique, comprenant ses aptitudes exceptionnelles en chimie et physique terrestre et spatiales. Auparavant Léo devait se tenir prêt pendant une vingtaine d’années, à embarquer à bord d’un vaisseau spatial avec un équipage qu’il avait appris à connaître et qu’il appréciait. Tous ses collègues d’équipe étaient devenus des amis. Sa mission devait être celle d’une présence incontournable, d’un physicien navigateur en plus d’un ingénieur mécanicien à bord d’un vaisseau lancé dans le cosmos pour une destination, qui aurait été dévoilée au tout dernier moment, bien qu’on se doutât toujours que ce serait la Lune ou bien plus tard Mars. Arnaud Rivière le président de la NSEA de Fontainebleau rassemble entre deux et trois fois par mois tous les collaborateurs de la base de Fontainebleau. A ces occasions les spationautes potentiels reviennent de leur base d’entraînement de Bons en Châblais en Haute Savoie. Arnaud Rivière avait demandé à Léonard Templer de préparer les membres de l’organisation à prendre conscience et de bien comprendre les buts et les enjeux de leurs activités que tout le monde qualifie de « mystérieuses ». Léonard Templer prend la parole dans la grande salle de réunion de Fontainebleau devant un auditoire surtout composé de ses amis et de ses collaborateurs. Léonard Templer à soixante et dix ans passés est toujours en fonction et ses appréciations sont considérées par l’ensemble de ses collaborateurs comme des références lucides basées sur son expérience professionnelle de scientifique et sa faculté pédagogique à expliquer les choses :
- Mesdames, messieurs, chers amis, Arnaud Rivière m’a demandé de faire le point aujourd’hui, comme nous avons l’habitude de le faire depuis toujours ici, sur nos activités et les buts que nous poursuivons pour l’avenir. Toutes les années d’après les grandes épopées soviétiques et surtout américaines avec le programme Apollo, douze Américains avaient été sur la Lune, il ne restait plus aux Européens qu’à aller simplement dans l’espace pour des missions bien ponctuelles, mais jamais au-delà de la station Spacelab, MIR ou de la station spatiale internationale ISS, ce qui n’était pas du tout négligeable ; d’ailleurs les Européens ont démontré leurs compétences technologiques spatiales à tel point, qu’aucune puissance mondiale ne peut nier cet état de chose. L’exploration spatiale menée par les grandes puissances a été gigantesque. Les coûts d’exploitation de tous les projets spatiaux ont sérieusement affecté les richesses nationales de chacun des pays qui s’y est lancé. Ces projets ont été analysés, remis en question et jugés quant à la nécessité de continuer l’exploration spatiale, au lieu d’utiliser ces mêmes fonds pour des buts bien plus pressants sur Terre – comme la lutte contre la faim et la pauvreté. Malgré de nombreuses réticences de la part de nombreux pays dans le monde à l’échelle de l’OMN (l’Organisation mondiale des Nations) les pays industrialisés maîtrisant les hautes technologies ont décidé de poursuivre leurs buts, de découvrir de nouveaux mondes dans le cosmos en commençant par les plus accessibles. Les raisons sont nombreuses et les discussions tournent toujours autour des mêmes préoccupations terre à terre et cela est normal. Il faut s’occuper de la planète Terre et de ses habitants avant tout autre chose, et non pas s’investir dans des rêves de scientifiques et d’aventuriers prêts à se lancer dans des situations telles que d’affronter les pires dangers et une mort possible dans d’affreuses conditions. Néanmoins nombreux sont ceux qui parmi les populations de notre planète estiment qu’il est non seulement nécessaire mais aussi urgent et inévitable d’essayer d’aller voir ailleurs les éventuelles possibilités, de vivre, respirer un air comme sur Terre, trouver des sources de subsistance pour s’alimenter, se loger, avoir de l’espace, pour ne plus vivre dans des villes de plus en plus peuplées, où les modes de vie très divers associés à l’industrie excessive, des usines polluantes, les moyens de transport automobiles et camions font se détériorer l’environnement de notre planète. On se sent de plus en plus confiné et l’on peut devenir pratiquement claustrophobe dans ces agglomérations. La population mondiale atteignait trois milliards d’habitants sur notre planète après la deuxième guerre mondiale et le non contrôle des naissances dans le monde a fait atteindre un chiffre de sept milliards d’habitants en 2010. En 2018 ce chiffre passera à huit milliards d’habitants – c’est l’explosion démographique. Qu’on se plonge dans toutes les philosophies, l’humanisme légitime et la liberté sacrée dont nous jouissons, le monde sait que tous les problèmes que connaissent les nations, sont liés à la surpopulation engendrant les migrations massives d’un pays vers d’autres, d’un continent à l’autre, des plus pauvres aux plus riches, des plus dictatoriaux aux plus libres, créant ainsi la promiscuité et l’exigence de trouver du travail, des moyens de vivre et de se loger, toujours en poussant des coudes, en créant le désordre jusqu’aux vols et les crimes. Dans ce raisonnement, de possibles guerres n’ont pas été prises en considération car il faut toujours et avant tout essayer de rester optimistes, pour nos proches, nos familles, nos nations, pour nous tous les habitants de notre Terre. Si des guerres mondiales auront lieu, il deviendra inutile de réfléchir, la plus grande partie des populations de la Terre aura simplement été effacée du globe et le reste irradié à tel point que l’humanité tout entière disparaîtrait en quelques années. Mort, ruines et pollution seront le résultat de la folie des hommes. Les survivants chercheront des solutions et ne les trouveront plus. Conscients de cette situation – si le monde ne redevient pas plus raisonnable et tant que cela est encore possible, il est certain qu’on ira un jour sur une autre planète, dans un siècle ou deux, l’exode commencera et il sera incessant. Dans 1000 ans les vols sidéraux seront des services réguliers, avec des vols plutôt sans retour. Il faudra construire d’une manière permanente des vaisseaux spatiaux et des lanceurs fusées de plus en plus grande capacité. Cette construction sera la plus grande activité mondiale des peuples. Les mines de fer et autres métaux viendront à épuisement, les produits chimiques seront restreints et la vie redeviendra peut être un peu plus paisible sur Terre, après un laps de temps. Les grands voyages feront que certains minéraux primordiaux seront importés en quantité très limitée à partir d’exoplanètes, car on ne les trouvera plus sur Terre. Ces événements auront bien lieu à l’avenir et l’Homme a déjà entamé des procédures préliminaires. Des satellites d’exploration de notre système solaire, de notre Galaxie la Voie lactée et de l’univers dans son ensemble, ont été envoyés dans le cosmos. Des vaisseaux d’observation avec des véhicules d’exploration ont été envoyés dans notre système stellaire et sur ses planètes, notamment sur Mars. Des satellites fantastiques nous ont apporté énormément d’informations sur la planète rouge, comme ceux qui ont été lancés par la NASA américaine, la sonde « Mariner-4 » qui avait survolé Mars en juillet 1965 avec ses 21 premiers clichés du sol martien qui n’ont jamais mis en évidence de trace d’hypothétiques canaux, « Mariner-6 » et « Mariner-7 » en 1969, « Mariner-9 » qui avait transmis plus de 7000 images au cours de son survol autour de Mars en 1971 pendant onze mois d’affilée, les sondes « Viking-1 » et « Viking-2 » le 5 septembre 1975, « Mars Odyssey en avril 2001, « Mars Climate Orbiter » et « Mars Polar Lander » qui s’étaient malheureusement écrasés sur le sol martien, mais qui ont tout de même réussi à transmettre beaucoup d’informations, puis les robots « Spirit » et « Opportunity » ainsi que la sonde européenne de l’ESA « Mars Express » et plus récemment « Curiosity » le véhicule à six roues qui continue inlassablement à explorer, creuser, analyser, déambuler, photographier, filmer, enregistrer et envoyer tous ses résultats qui parviennent à la NASA entre quatre et vingt minutes selon les positions de Mars sur l’écliptique. Ces renseignements nous donnent une cartographie précise de la géographie martienne ainsi que de la géologie, le climat, la composition chimique de l’atmosphère et du sol. Nous avons maintenant suffisamment de résultats et d’informations pour nous aventurer très bientôt sur cette planète. Je vous remercie pour votre attention et à très bientôt !

Lors de sa mise en réserve de son état de spationaute européen, l’entraînement de Léonard Templer, que tous ses collègues ont toujours appelé Léo était planifié de sorte à ce qu’il soit présent trois jours d’affilée à Fontainebleau sur des périodes de deux semaines. Le reste de son temps était consacré aux recherches astronomiques et aux calculs mathématico-physico-chimiques en laboratoires des sciences cosmologiques appliquées de Paris, les observatoires du Pic du Midi, de Meudon et les radars de Nançay. Les voyages étaient incessants pour les spationautes des équipages européens sur toutes les bases du monde, que cela fût Kourou, Cap Canaveral, Houston ou Baïkonour, ou Plessetsk ainsi que dans des villes dédiées aux recherches astrophysiques et de mise en application et d’organisation en vue des voyages spatiaux ; comme Washington, Houston, Chicago, Londres, Manchester, Chesterfield, Edinburgh, Moscou la cité des étoiles, Krasnoyarsk, Tcheliabinsk, Rome, Milan, Berlin, Stuttgart, Frankfurt-am-Main et bien entendu Montpellier, Orsay et Paris. La recherche scientifique spatiale n’a pas d’implication directe dans le domaine militaire, mais certaines avancées du domaine spatial peuvent très bien servir l’armée d’un pays comme la France, l’Angleterre et conjointement l’Allemagne et l’Italie en Europe sans inclure d’autres pays en dehors de la CEE, sauf ceux avec qui des accords de coopération existent comme les Etats-Unis d’Amérique et la Russie. Les drônes en sont le meilleur exemple. L’Europe est passée de l’euphorie, aux diverses crises économiques internationales et se tient toujours sur ses gardes en cas de conflit au niveau mondial. De nouveaux soupçons de menaces de la part des deux plus grandes puissances belligérantes de notre planète mettaient mal à l’aise la communauté internationale à la fin des années quatre-vingt. Le président Mikhaïl Gorbatchev et le président Ronald Reagan s’étaient rencontrés à plusieurs reprises à Washington, Reykjavik, Moscou et notamment à Genève en 1987, pour signer des accords de non prolifération des armes nucléaires, pour stopper la course aux armements. A cette même époque Margaret Thatcher première ministre britannique supervisait la préparation de sa guerre dans les Malouines, et le jour qu’elle visitait une « High school » elle avait surpris le monde en s’adressant aux lycéennes et aux lycéens dans un laboratoire de chimie, en affirmant qu’il ne fallait surtout pas manger le jaune d’un œuf à la coque avec une cuiller en argent, car le jaune altère l’argent comme de l’acide et qu’il fallait utiliser une cuiller en inox. La France quant à elle, reste en dehors des fanfaronnades et des menaces inutiles et poursuit sa stratégie militaire en développant son armement sophistiqué aussi bien aérien que terrestre. Le démantèlement du Mur de Berlin et la levée de la frontière entre la RFA et la RDA en 1990 est l’œuvre incontestable reconnue par tous, du président « soviétique » grâce à son courage face aux peuples de l’Union Soviétique et à son sens de discernement ainsi que de sa détermination à l’époque des événements. Toute l’Europe se sentait sensibilisée émotionnellement par des drames quotidiens entre les deux Allemagnes, comme des membres d’une famille voulant rejoindre les leurs, y perdaient bien souvent la vie. L’Europe avait souffert le martyr pendant la dernière guerre par l’aveuglement de l’Allemagne nazi, mais il ne fallait pas surenchérir une vengeance qui n’était plus dans l’ordre du temps. En 1990 le « rideau de fer » n’existant plus avec la démolition du mur entre les deux Allemagnes, il était urgent de tout faire pour baisser les tensions mondiales. Dans le domaine aérien et spatial, la France suit son programme d’abord dans des études méticuleuses de toutes les théories concernant les techniques de lancement des fusées, comme cela a été prouvé toutes les dernières années. La France et l’Europe persévèrent aussi dans la discipline rigoureuse de la propulsion des engins spatiaux dans le cosmos pour les lancements de satellites, sans tolérer la moindre faille, avec une précision millimétrée des paramètres géographiques atmosphériques et cosmiques. Les Américains et les Russes restent seuls à envoyer non seulement des fusées de plus en plus puissantes mais aussi des équipages avec plusieurs spationautes. Dans les lancements de fusées les ajustements se font sur des fractions de seconde et ces fractions de seconde ont une répercussion immédiate sur la trajectoire – la correction est permanente, bien entendu à l’aide d’ordinateurs performants conçus à cet effet, mais toujours sous le contrôle direct humain. Le travail de recherche lié aux entraînements exigeait de Léo Templer d’habiter parfois sur place pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Il y a déjà bien longtemps qu’il côtoyait la vie des spationautes réservistes et il connaît bien le quotidien de ces nouveaux jeunes gens téméraires. Ces jeunes comme lui avant, partagent les mêmes conditions de vie entre les centres de Fontainebleau ou de Bons-en-Châblais de Haute Savoie dans les souterrains de la montagne des Alpes châblaisiennes. Léonard est le directeur de l’équipe des physiciens européens en collaboration étroite et indispensable avec celle d’Orson Trueman à Houston et celle de Vladimir Toumanov à Moscou et Baïkonour en Russie et au Kazakhstan. A elles trois, elles ont réalisé tous les travaux logistiques. Ceux qui ont composé ces équipes ont établi tout le programme minuté à la fraction de seconde près de chaque engin selon ses performances précises, dès que celui-ci enclenche ses boosters et même avant dans le « Puits de catapultage hydraulique pyrotechnique », le nouveau système « PCHP ». La trajectoire de chaque engin spatial est évaluée avec précision, d’abord dans le cerveau des génies mathématiciens, puis les données sont introduites dans les surpuissants ordinateurs qui compulsent les formules physiques avec les chiffres, les tangentes, les cotangentes, les sinus et cosinus, les formules de la force gravitationnelle de notre étoile avec ses racines et les élévations à des puissances impressionnantes, puis les attractions des autres planètes, les forces de libération, les vitesses inculquées aux engins, les moments précis des corrections de trajectoire qui peuvent altérer totalement tout ce qui a été évalué. Dans leurs estimations le point « temps » d’arrivée sur le sol martien est donné à la seconde près sur plus de six mois d’un voyage spatial.
Depuis l’année 2010 des transformations s’opèrent à très grande échelle sur les deux bases de Houston et de Baïkonour. A quelques kilomètres des installations traditionnelles des centres des opérations, des chantiers colossaux opèrent dans les sous-sols. Les deux bases éloignées l’une de l’autre de plus de 12,000 kilomètres, avancent au même rythme des transformations. Les plans et les consignes sont identiques pour les deux agences de la NSEA. A Houston, deux parfois trois gros camions bennes Volvo d’une capacité de 50 tonnes, comme ceux qu’on peut voir dans les mines à ciel ouvert, ou dans les régions d’Amazonie où l’on chasse les autochtones pour construire d’énormes et larges autoroutes, font le va et vient entre les grues au-dessus d’un puits déjà profond de plus de cent mètres et le lieu de déchargement au bout du site où une niveleuse de couleur orange rehausse une route. A Baïkonour le même genre de chantier opère depuis quelques mois aussi, le puits principal a atteint plus de cent mètres de profondeur et le deuxième puits parallèle atteint déjà plus de cinquante mètres ; là aussi deux ou trois énormes camions bennes « Saviem Renault » font le va et vient entre les grues et un lieu approprié où le remblai sert de paravent contre les flux des réacteurs des fusées. L’atmosphère régnant au milieu des travailleurs est entraînante, car on construit quelque chose de grand pour de grands buts en direction de l’espace, malgré que l’on creuse étonnement la terre, en profondeur. Des tensions existaient entre l’ancienne URSS et les Etats Unis d’Amérique comme avec les pays européens, puis au cours de certaines périodes ces tensions s’étaient estompées, mais malheureusement elles reviennent de temps en temps après les années 2010, 2013 – des désaccords fondamentaux provoquent des critiques des gouvernements l’un envers l’autre et chacun se croit au-dessus des incompréhensions de l’autre, les tensions reviennent et continuent en 2016. Les droits de l’homme, les crimes et les passe-droits touchent tous les niveaux sociaux et les grandes théories pour le bien des peuples capitalistes, communistes ou socialistes sont interprétées d’une manière complètement inhérente à chaque pays. 0,35% de la population mondiale détient toutes les richesses de la planète Terre, richesses et autorité imposées des uns sur les autres. Peut-être de grandes révolutions fomentent déjà dans les esprits des peuples de l’avenir, chez les jeunes, encore des guerres peut-être. Dans la société mondiale passionnée par l’exploration spatiale, la réflexion fait abstraction de tous les problèmes et pour ces passionnés il faut œuvrer vers la découverte de quelque chose de nouveau.

C’est en permanence que l’on communique par vidéo conférence sans jamais couper ces lignes entre Houston, Baïkonour, Kourou et quelques autres centres de lancement de fusées dans le monde. La NASA et l’ESA ont bien pris en considération la pollution que crée chaque lancement sur les orbites basses entourant la Terre. Ils veulent créer un énorme filet pour capturer toutes les ordures qui gravitent au-dessus de nos têtes pour les piéger et les envoyer brûler dans des couches denses basses de l’atmosphère au-dessus de lieux désertiques pour éviter tout danger qu’une météorite fabriquée par l’homme ne revienne de l’espace et heurte des innocents. Avec les nouvelles technologies, on enverra les engins plus loin, mais il restera toujours des détritus épars intermédiaires. Des études balistiques ont été faites et on s’est rendu compte qu’en envoyant des engins, des vaisseaux, des déchets nucléaires ou une fusée nucléaire obsolète aux fins fonds de l’espace, les spécialistes astrophysiciens n’excluent pas l’éventualité d’un danger, que pourrait représenter un retour inopiné sur une orbite imprévue, qui reviendrait croiser l’orbite terrestre et l’objet dont on voulait se débarrasser en l’envoyant dans l’espace infini – ne revienne nous mettre en danger, sur Terre. En janvier 2013 les puits « PCHP » avec leur puits auxiliaire ont été creusés, fortement bétonnés, aménagés et sont devenus opérationnels après quelques essais concluants.

10 Août 2013 Fontainebleau. Les voyages en TGV sont quotidiens entre Bons, Annemasse et Paris-Gare de Lyon. Etrangement la trajectoire du TGV reprend parfois l’ancienne ligne, à soixante kilomètres au sud de Paris, comme ce jour du 10 août 2013 et le TGV s’arrête en gare de Fontainebleau, sans que cet arrêt ne soit mentionné ni dans les horaires, ni sur les panneaux d’affichage dans les gares sur ce trajet. A l’arrêt, descendent huit jeunes gens et le train à grande vitesse repart comme s’il s’agissait d’un arrêt intempestif pour une cause inconnue comme cela arrive de temps en temps. Lorsqu’un train s’arrête dans un endroit où il ne devrait pas s’arrêter – c’est qu’il s’agit peut-être de spationautes qui en descendent pour aller rejoindre d’urgence leur base de Fontainebleau et partir en mission… Les huit spationautes de la CEE font partie de la NSEA ; toutefois l’OSE existe toujours étant une organisation européenne directement issue des gouvernements européens. A la sortie de la gare de Fontainebleau, comme ils le font de temps en temps, les jeunes gens montent dans le minibus qui les attend et dix minutes plus tard, ils s’installent de nouveau dans la grande salle de conférence au rez-de-chaussée du bâtiment administratif de la NSEA de l’autre côté de la Seine. Cette fois-ci, dans la salle sont présents des ministres des affaires étrangères des principaux pays de la CEE, les ingénieurs de la NSEA, des observateurs avec badges autorisés à être présents et le personnel propre à l’organisation spatiale européenne. Le directeur de projet est assis près du président de séance, c’est lui qui en réalité est à la direction de toutes les réalisations récentes. Au milieu de la tribune le président de la base de Fontainebleau, Arnaud Rivière prend la parole :
- Mesdames, Messieurs les ministres, nos invités les observateurs et chers amis, la raison de nous rassembler aujourd’hui concerne une décision pour laquelle le compte à rebours a déjà commencé. En juillet 2010 des décisions importantes avaient été prises par la Commission Internationale de l’Espace de l’OMN. Nous allons voler, mais, pas voler en entraînement sur nos avions de chasse comme nous avons l’habitude de le faire pour ne pas perdre la main, non – nous prendrons notre envol vers l’espace. Le programme que nous avons mis en place avec tous les pays participants, a été longuement élaboré dans tous les détails et nous l’avons baptisé « Mars Pneuma » tout simplement (Le souffle de Mars). La trajectoire que nous utiliserons sera celle de « l’opposition » de nos planètes, l’une par rapport à l’autre avec le Soleil au-delà de la Terre et non le Soleil entre la Terre et Mars, ce qui serait « la conjonction » que nous écartons. Nous utiliserons toujours sur une période de trente mois, la vitesse de notre planète pour aller à l’encontre de Mars. Au retour nous utiliserons le retard de six mois de Mars par rapport à la Terre pour prendre la trajectoire à sa rencontre. Notre programme en ce qui concerne uniquement les vols habités aller et retour s’échelonnera sur 30 mois et 20 jours c’est à dire 930 jours d’absence de Terre pour les spationautes. Des lancements auront lieu deux ans avant que les hommes viennent marcher sur Mars. La procédure que nous avons choisie est la plus longue, mais elle sera plus avantageuse pour nous. Avec l’autre procédure, nos spationautes auraient pu rester seulement 30 jours sur Mars, mais nous avons ajouté 520 jours de plus pour les besoins de notre cause. Les protocoles personnalisés seront distribués à chaque spationaute, exactement trois semaines avant leur départ. Le grand départ de deux vols habités est prévu, pour le premier le 20 novembre 2015 et le deuxième le 22 novembre du même mois 2015. Toutes les études préparatoires avaient commencé après l’année 1990 en coordination avec nos travaux communs effectués à bord des stations spatiales, Spacelab, MIR et ISS et les autres par la suite, en collaboration avec notre NESA mondiale et les autres agences nationales. Les données exploratrices de nos satellites ont atteint un niveau de sophistication sans précédent ; toutes ces compétences réunies, nous permettent de mettre en application notre programme, qui dans un mois et 22 jours débutera sa deuxième phase. A vrai dire la première phase a déjà commencé, puisque le compte à rebours poursuit son décompte depuis le 12 juin 2012. En quelques mots seulement, j’aimerais vous dire d’une manière générale, que pour les années à venir, nous n’irons pas, vers l’une des lunes de Jupiter ou de Saturne, Europe, Io, ou Titan, mais notre destination est : Mars ! Vous savez tous que la priorité avait été jusqu’à ces dernières décennies portée sur Mars, la planète dont certaines propriétés spécifiques sont en adéquation avec notre Terre, mais où tout de même, les conditions ne sont pas vivables pour nous les Terriens, avant des centaines d’années. Il faudra « terraformer » la planète rouge, ce qui est du domaine du possible pour nous, mais cela ne prendra certainement, pas moins de deux cents ans. Néanmoins entre-temps, je ne veux pas dire que le monde scientifique abandonnera Mars, non loin de moi cette pensée, puisque nous y allons au mois de novembre 2015 prochain. L’homme foulera le sol martien et passera 550 jours à sa surface. Comme je viens de vous l’indiquer, deux vols ont déjà eu lieu au départ de la base de Kourou en Guyane française. Le premier lanceur-fusée « AR » porte le numéro de vol VFAR-1, il est parti de Kourou le 5 octobre 2011, il a placé le satellite de télécommunication sur la trajectoire de Mars qui s’est positionné en orbite martienne haute le 3 mars 2012. (Mars et mars sont une coïncidence remarquable). Ce satellite géostationnaire est au-dessus d’un site déjà connu, qui est celui de « Gale près du Mont Sharp ». Il assurera les communications, l’observation et les transferts des données entre La Terre, les modules en orbite martienne et la base de Mars. Ce petit vaisseau pèse 640kg, il nous sera de première nécessité pour envoyer et recevoir toutes les impulsions électromagnétiques des commandes à distance avec tous les vaisseaux qui feront partie du programme « Mars Pneuma ». Le deuxième satellite a été placé en orbite haute autour de Mars par le deuxième lanceur-fusée « AR » qui porte le numéro de vol VFAR-2 parti le 7 octobre 2011 également de la base de Kourou. Ce satellite de 560kg renferme la radio spatiale certainement la plus complexe de tous les temps, et aussi la plus performante pour communiquer par téléphone entre les spationautes où qu’ils se trouvent en cours de voyage à bord des vaisseaux ou sur la planète rouge. Ce même satellite gérera les communications Internet, télévision et les contacts son et vidéo entre vaisseaux, modules martiens et la NSEA dans son ensemble. Les deux capteront des données qui seront retransmises vers les bases sur Terre en très haute définition audio et vidéo télévisuelle en plus des commandes électromagnétiques à distance. Notre système communication fonctionne en méthode « croisée de données » ce qui augmente la définition des signaux. Ce satellite en orbite martienne depuis le 8 mars 2012 nous évitera les blockouts lorsque Mars sera en position de conjonction par rapport à la Terre. Les deux satellites sont arrimés à un étage comprenant un moteur et le carburant en gaz xénon, nécessaires aux manœuvres en cours de transfert et aussi pour la correction de leur positionnement respectif au voisinage de Mars. Une série de vols est programmée au cours de l’année 2013, aux dates que nous avons arrêtées avec précision à l’aide des ordinateurs de la NSEA. Les lanceurs-fusées sont ceux de RossiyaKosmos pour leur association avec notre organisation NSEA. Le vol que nous appelons le VREN-3 assurera le transfert vers Mars avec un lanceur-fusée « EN » russe pesant à pleine charge 2500 tonnes, il ne pèsera plus que 400 tonnes sur l’orbite terrestre basse après s’être débarrassé du premier étage, le plus lourd. Il se positionnera pour le transfert vers l’orbite basse de Mars où il perdra encore du poids lors de ses ultimes manœuvres pour atteindre 120 tonnes seulement. Seuls 8,3 tonnes de charge utile atterriront sur Mars à l’aide des rétro-réacteurs du troisième étage que nous voulons conserver. Ce vol assurera le transfert de Kourou à Mars de deux modules d’habitation pliés de 3 mètres de diamètre qui feront le double sur le sol de la planète rouge, une fois dépliés. Leur hauteur sera de 5 mètres chacun. Pour le vol portant le numéro VREN-3, le départ aura lieu le 2 octobre 2013 et l’atterrissage sur Mars est prévu le 7 avril 2014. Un quatrième vol que nous avons appelé le VREN-4 sera assuré par un lanceur-fusée russe « EN ». Il aura exactement les mêmes caractéristiques que le précédent. Le vol aura également pour départ la base de Kourou, et il devra assurer le transfert de Terre à Mars d’une charge utile de 8,3 tonnes comme le précédent, c’est à dire, deux modules d’habitation de 3 mètres de diamètre et qui une fois dépliés sur Mars feront 6 mètres de diamètre et 5 mètres de hauteur. Le module devra atterrir comme le précédent à l’aide de rétro-réacteurs sur le sol martien. Je dois tout de même mentionner que les atterrissages sur Mars doivent être réalisés avec une extrême précision. Le vaisseau spatial doit se positionner à l’approche, de telle sorte qu’il ne doit en aucun cas rebondir sur les couches atmosphériques de Mars, bien que ces couches soient ténues comme on a pris l’habitude de les qualifier, elles sont suffisantes pour freiner nos vaisseaux ou les modules qu’on envoie à partir d’une orbite basse en activant le parachute. Le plus grand danger et vous le savez, nous maîtrisons cette manœuvre depuis bien longtemps, c’est d’entrer par rapport à la tangente que représente une ligne partant du vaisseau à la première couche atmosphérique à l’intérieur d’un angle vu à partir du vaisseau, inférieur à 1 degré. Le vol VREN-4 partira de la base de Kourou le 6 octobre 2013 et son atterrissage sur Mars est prévu pour le 9 avril 2014.
La NSEA prépare aussi les vols suivants au départ de la base américaine de Houston : Départ du vol VUSA-5 le 8 octobre 2013. Le lanceur-fusée est un « SAT » américain, il emportera une masse totale de 3050 tonnes et au bout de 900 secondes, il larguera son premier étage, en orbite terrestre haute il ne pèsera plus que 420 tonnes avec la charge qu’il emportera dans son transfert vers Mars, pour arriver sur son orbite basse le 10 avril 2014. A partir de l’orbite martienne basse, l’étage rétro-réacteurs fera atterrir sur la planète rouge, toujours en visant très précisément l’angle délicat à partir du poste de commandement de Houston de la NSEA, l’ensemble VUSA-5. Le fret de VUSA-5 sera du matériel de haute technologie, il s’agira de la « raffinerie de carburant et eau » américaine, qui pèsera exactement 10 tonnes. Cette unité atterrira sur le sol de Mars le jour même de son arrivée sur orbite, le 10 avril 2014. Nous aurons l’occasion de revenir sur la raffinerie plus tard. Le vol VUSA-6 partira de la base américaine de Houston le 10 octobre 2013. Il s’agira aussi d’un lanceur « SAT » le plus puissant de notre époque, qui emportera en modèle réduit, une centrale nucléaire. Le lanceur-fusée avec son compartiment cargo pèseront 3050 tonnes que « SAT » soulèvera de la surface de la terre, pour se lancer avec précision dans l’espace. Au bout d’une quinzaine de minutes la longue traînée blanche s’estompera et le premier étage s’échouera dans l’Océan Atlantique, tout brûlant et à peine endommagé qu’on récupérera, il ne restera que 420 tonnes lancées sur la trajectoire en direction de Mars. La trajectoire sera la même que celle de la veille à quelques kilomètres près. Mais qu’est ce que quelques kilomètres devant les 93,000,000 de kilomètres que l’ensemble aura parcouru ? Arrivé à proximité de Mars, l’ensemble de l’usine nucléaire avec son étage porteur de carburant, actionnera les rétro-réacteurs par l’impulsion électromagnétique précise de la NSEA de Houston qui agira à la centième de seconde près pour déclencher l’allumage et le guidage des rétro-réacteurs, comme pour tous les autres engins déjà atterris sur la planète rouge, en ayant aussi pris en compte le décalage précis du jour et de l’heure à la fraction de seconde près par rapport à la distance exacte entre Terre et Mars. La distance change chaque jour, à toute heure, à toute minute, à toute seconde, un parcours de plus de 500,000 km terriens quotidiens, soit un tiers de plus que la distance Terre-Lune. L’ensemble posé sur Mars pèsera exactement 10 tonnes utiles. Pour le vol VUSA-6 l’arrivée est prévue exactement le 12 avril 2014, l’heure sera précisée plus tard. Sur Mars tout matériel atterri en douceur, reste en état de marche et sera nécessaire dans des buts précis ultérieurs. La NSEA de Baïkonour procédera à 5 lancements. 2 sont déjà partis de la base de Kourou, dont nous venons de parler et 3 de la base russe de Baïkonour. Les lanceurs-fusées pour les vols que nous appelons « VREN » sont des lanceurs-fusées russes « EN » comme les deux que nous ferons partir de Kourou. Les missions de ces lanceurs-fusées sont d’acheminer dans leur soute « cargo » des approvisionnements indispensables au programme « Mars Pneuma ». Des réservoirs containers de nombreux produits chimiques, du gaz comprimé liquide d’hydrogène, d’oxygène, du Xénon, plus une certaine quantité de carburant « SL-ergols » ainsi que de l’alimentation et de l’eau. Un vaisseau sera chargé du carburant nécessaire au fonctionnement de l’usine nucléaire miniature américaine, c’est à dire un container « BU » très lourd contenant les « Barrettes de Plutonium ». Le poids de la protection est 50 fois supérieur à celui des barrettes elles-mêmes. L’isolation protectrice est importante non pas par rapport à l’espace, puisque là les radiations peuvent aller dans tous les sens sans que cela n’affecte en quoi que ce soit le vaisseau, mais plutôt par rapport à son arrivée sur Mars. Nous ne voulons pas qu’elles occasionnent une radioactivité supérieure aux normes des centrales nucléaires terrestres, sur nos spationautes qui seront déjà exposés aux dangers des autres radiations du cosmos. Chaque lanceur-fusée aura une masse au décollage de terre de 2500 tonnes. Une fois le lancement effectué chaque vaisseau-cargo aura perdu un poids énorme pour se retrouver sur l’orbite terrestre haute où il ne pèsera plus que 280 tonnes. Ces tonnes serviront à la propulsion et aux nécessaires corrections en cours de voyage vers l’orbite basse de Mars ainsi qu’à l’usage des rétro-réacteurs pour atterrir sur la planète de poussière rouge. Seuls 8,3 tonnes de produits divers toucheront la terre martienne dans leur container respectif. Le vol VREN-7 quittera Baïkonour avec sa charge le 12 octobre 2013 et arrivera sur mars le 14 avril 2014. Le vol VREN-8 décollera de Baïkonour le 14 octobre 2013 et touchera le sol martien avec sa charge le 16 avril 2014, nous vous préciserons les heures exactes d’arrivée plus tard. Quant au vol VREN-9, il partira le 16 octobre 2013 pour arriver le 18 avril 2014. C’est sur ce vol qu’il s’agira de transférer la cargaison d’un nombre plus que nécessaire de barrettes de Plutonium dans un conditionnement blindé, étanche spécial contre toute radiation, placées à l’intérieur de containers « BU » très lourds que nous venons d’évoquer et qui serviront donc de carburant pour la petite centrale nucléaire, que la NSEA placera à une distance de la base des Terriens, à environ un kilomètre. Mars portera donc le premier laboratoire-usine spatial pour la production de carburant, dont nous aurons grand besoin à l’avenir, soit pour continuer nos voyages vers des destinations plus lointaines soit plus simplement pour recharger en carburant les réservoirs de nos vaisseaux lors des retours sur Terre. Mars a une gravité de 0,38 par rapport à la Terre, c’est à dire 2,65 fois moindre. L’usine miniature de production de carburant à partir du gaz carbonique CO2 représentant 98% de la composition de l’atmosphère martienne est du dioxyde de carbone. Ce gaz est en surabondance, on devra le combiner à de l’hydrogène, que nous enverrons dans l’un des cargos russes, ainsi l’usine sera prête à fonctionner immédiatement. L’hydrogène est nécessaire pour effectuer une stœchiométrie aboutissant au carburant qui nous est nécessaire dans cette atmosphère ténue que compose aussi quelques 2% d’azote avec très peu d’oxygène. Les formules stœchiométriques sont les suivantes : CO2+2H2O→CH4+2O2 pour obtenir le carburant pour nos fusées. Les mêmes ingrédients martiens qu’on pourra aussi, grâce à notre raffinerie transformer par électrolyse 2H2O→2H2+O2. Avec 8 tonnes d’hydrogène que la NSEA de Baïkonour acheminera, nos astronautes produiront plus de 112 tonnes d’un mélange de méthane et d’oxygène qu’ils utiliseront comme « ergol » pour les lanceurs-fusées. Ces quantités seront augmentées dès que tous les containers et réservoirs seront remplis. Lorsque nos recherches aboutiront à la découverte de l’eau martienne, nous aurons la possibilité de produire rapidement par électrolyse de l’hydrogène sur place. Les pannes sur cette usine seront rares et nous pensons qu’elles seront même inexistantes du fait d’une certaine rusticité du procédé ainsi que de tous ses éléments. Les autres raisons vous les connaissez, Mars a des ressemblances avec la Terre, Mars est inhospitalière, mais aussi, moins inhospitalière que toutes les autres planètes de notre système solaire ou d’autres exoplanètes qui sont bien trop éloignées pour qu’on s’intéresse à elles. Je vais passer la parole à notre ministre des affaires étrangères dans un instant, mais avant cela quelques précisions sont nécessaires.

Nous sommes le 10 août 2013. Il y a exactement 18 mois, en octobre 2011, la décision avait été prise très concrètement avec les premiers satellites de télécommunication que nous avons envoyés en périphérie de Mars. Nous utiliserons la procédure « d’opposition » entre notre Terre et Mars pour tous nos vaisseaux mais surtout pour les deux vaisseaux VUSA-13H et VUSA-14H, les vaisseaux principaux de notre épopée, puisque ce sont ceux-là mêmes qui transporteront nos spationautes. Ils atterriront avec leur quatrième étage propulseur et se serviront du troisième étage à moitié plein de carburant pour la phase d’approche d’atterrissage sur Mars. Ils largueront cet étage « 3 » qu’ils feront atterrir en douceur sur Mars une fois vide à l’aide de parachute et de cousins gonflables. C’est notre nouvelle conception des vaisseaux pour les vols de l’avenir. Les ensembles « quatrième étage vaisseau bouclier thermique » atterriront sur le sol martien avec chacun quatre spationautes, à l’aide de leur moteur rétro-réacteurs, ce quatrième étage dégagera une poussée de 95 tonnes. Ces deux ensembles seront également utilisés pour le retour sur Terre. La partie cargo sera embarquée dans un « module séparé » du quatrième étage. Ils contiendront des équipements indispensables sur Mars, notamment une petite ruche avec des abeilles. En ce qui concerne le véhicule « S-6 » à six roues à crampons, il partira à bord du vaisseau cargo VUSA-15. Nous allons recourir au système des parachutes que dans trois cas précis pour certains modules et cela se fera comme d’habitude avec les capsules explosives que tout le monde connaît maintenant ; ce sont celles qui actionnent les cousins gonflables sur nos voitures en cas d’accident, sauf sur celles de nos pauvres retraités qui n’ont pas eu le temps de s’en acheter une, ils utilisent toujours leur vieille voiture, jusqu’au bout malgré toutes les restrictions. A la base des modules propulseurs, seront fixés des ballons gonflés à l’hélium pour amortir le choc à l’arrivée sur le sol martien. Les couches atmosphériques de la planète Mars sont neuf fois moins denses que celles de la Terre mais en contre partie la gravité est plus de deux fois moindre que sur Terre, tout cela nous permettra d’envoyer sur son sol nos équipements, en relative douceur. Pour le retour sur Terre, nous en parlerons à notre conférence de Houston dans une dizaine de jours le 20 août 2013, mais je vais tout de même vous indiquer que les deux étages « 3 » restés en orbite, ces 2 VREN seront les moteurs qui ramèneront nos équipages dans leur vaisseau sur Terre, une fois la mission achevée. La raison de laisser deux étages « 3 » en orbite martienne avec leur propulseur, fait partie du nouveau processus que nous avons adopté. Chaque étage « 3 » aura un plein de propergols de 100 tonnes environ. Il s’agit de deux réservoirs citernes auxquels viendront s’arrimer chaque vaisseau amené sur la même orbite avec un étage « 3 » du sol de Mars. Les étages « 3 » sont interchangeables et possèdent leur propre moteur d’égale puissance de 95 tonnes de poussée. De plus, ces mêmes « troisième » étages des vaisseaux VREN russes sont identiques aux étages des vaisseaux VUSA américains – même capacité, mêmes branchements des commandes, les moteurs sont construits en commun, et mêmes fixations pour l’arrimage et le décrochage. Les vaisseaux étage « 4 » s’arrimeront donc instantanément, à l’étage « 3 » VR. Les étages « 3 » de remontée qui se seront vidés pendant la remontée seront redescendus sur le sol martien à l’aide d’un bouclier thermique gonflé à l’hélium et de deux parachutes de 100 mètres de diamètre. A partir de ce moment, chaque vaisseau donne une courte pichenette d’une poussée de 4 tonnes et en quelques minutes, le vol de retour se poursuit vers la Terre, aidé de son moteur ionique. Nous avons décidé d’adopter ce processus pour garantir le potentiel énergie du retour sur Terre. Maintenant, nous maîtrisons parfaitement l’atterrissage vertical de nos vaisseaux à l’aide des rétro-réacteurs. C’est le résultat de nos recherches, toujours orientées d’abord vers la sécurité des hommes. Les vaisseaux VUSA-13H et VUSA-14H départs prévus le 20 novembre 2015 pour le premier et le 22 novembre 2015 pour le second. Les autres, les précéderont ou les suivront, mais nous en parlerons le moment venu à notre conférence de Houston. Je vous remercie pour votre attention !

Entre les spécialistes concernés, chacun dans son domaine, des conversations passionnées se font dans des petits groupes. Il est nécessaire de revenir sur l’aspect général des missions du programme « Mars Pneuma ». Les deux premiers vaisseaux du programme ont déjà placé en orbite haute martienne, deux satellites de communication perfectionnés à l’extrême. Arnaud Rivière prend dans sa main gauche le micro et reprend sa place à la tribune :
- Mesdames, Messieurs, je passe maintenant la parole à notre ministre des affaires étrangères, Monsieur Hervé de la Planque.

Hervé de la Planque tient à son discours, très court mais dont la teneur a tout de même été suggérée dans certains de ses propos, par le ministre du commerce et de l’industrie :
- Mesdames, Messieurs les ministres des affaires étrangères européens, Mesdames, Messieurs les observateurs et les directeurs des programmes de la NSEA de Houston, de Paris, de Londres et de Moscou, Mesdames et Messieurs de la presse, Mesdames et Messieurs, mais quelles peuvent être les raisons d’envoyer des vaisseaux spatiaux si loin dans le cosmos – quels sont nos besoins de nous aventurer dans des endroits dangereux inconnus, froids, sans air respirable, dans l’espace où si nous nous aventurions sans scaphandre adéquat pour nous protéger, notre corps ne s’apercevrait de rien, et exploserait instantanément. Des molécules flotteraient dans le néant pour alimenter un nuage stellaire, une nébuleuse aveugle en mouvements lents dépourvue d’aucun de nos cinq sens. L’espace, le cosmos est dangereux, nos avancées technologiques, notre expérience de la vie, notre observation de notre planète Terre et de notre système solaire, de notre Galaxie et de l’univers – tout cela nous amène à réfléchir sur l’avenir de l’humanité. L’exploration spatiale est reconnue par tous les pays membres de notre organisation « Accord des Nations pour l’exploration spatiale » la NSEA, comme utile. Cette exploration spatiale est non seulement utile mais indispensable pour les pays de la CEE, des Etats Unis d’Amérique, de la CEI et des pays du Commonwhealth. Certains pays n’adhèrent pas à cette conception du futur, d’autres préfèrent se tenir à part, éloignés de nos technologies spatiales comme la Chine qui a l’ambition de conquérir l’espace par elle-même. La Chine enverra d’ici quelques mois son premier vaisseau spatial, elle aussi se lance à la conquête de la Lune – n’empêche que lorsque la Chine a besoin d’une technologie occidentale, elle n’hésite pas à nous faire appel, ou venir copier nos idées. Par ailleurs, en ce qui concerne ce grand pays, nous profitons de leur savoir-faire pour de très nombreuses réalisations qui font aussi partie de nos inventions et entre toutes les autres, nos technologies aérospatiales. Nous partageons avec eux ces technologies, selon les accords conclus. Nous reparlerons de toutes les positions prises par chaque pays séparément le moment venu, mais ce n’est pas de notre ressort, car ces questions sont discutées à la Commission spéciale des affaires spatiales de l’OMN. Quatre modules d’habitation seront envoyés sur Mars pour commencer un début de colonisation, d’une manière pérenne de notre planète sœur, que notre monde apprivoisera. Ces modules ont été commandés par la NSEA et fabriqués dans des usines à Stuttgart qui ont su réaliser une carrosserie et des protections en matières composites contre les grandes fluctuations de températures, entre les modérées et les très basses. Chacun des cylindres mesure exactement trois mètres de diamètre et cinq mètres de hauteur selon les standards de la NSEA déterminés en commun. Les modules seront tous les quatre assemblés à Kourou selon nos normes d’où ils partiront arrimés aux vaisseaux russes « EN » qui portent les numéros de vol « VREN-3 » et « VREN-4 ». En ce qui concerne l’unité usine pour la fabrication du carburant sur Mars, dont Monsieur Arnaud Rivière vient de nous parlé, c’est la NSEA qui a réalisé la technologie stœchiométrique de la séparation des molécules du CO2 en les combinant à l’hydrogène apporté sur Mars. C’est leur spécialité, bien que nous exportions dans le monde entier la nôtre, mais chacun contribue à sa façon. Vous trouverez toutes les coordonnées techniques et les explications pertinentes auprès de nos experts. Après le début de notre programme avec la mise sur orbite martienne de deux satellites de télécommunication, notre pays en accord avec nos partenaires a décidé la poursuite effective du programme « Mars Pneuma ». Dans les circonstances qui nous préoccupent aujourd’hui, les ministres et les directeurs ici présents m’ont confié l’honneur de lancer la dernière phase du compte à rebours avant les lancements de nos 14 vaisseaux spatiaux en direction de Mars. Mesdames et Messieurs je déclare au nom du gouvernement français, des gouvernements britannique, allemand et italien qui m’ont donné leur accord, pour ce qui concerne notre communauté européenne, ainsi qu’au nom de tous nos collègues, la dernière phase préparatoire du lancement des 14 vaisseaux spatiaux, qui emporteront nos huit spationautes avec notre technologie mondiale du programme « Mars Pneuma », entamée dès cet instant, en ce jour du 10 août 2013.
Le président de séance Arnaud Rivière annonce :
- Chers amis, je vous propose maintenant de prendre le verre de l’amitié pour fêter cet événement primordiale pour l’humanité, le premier d’une série que nous débutons aujourd’hui. Allons aussi nous restaurer vers les tables, le long des fenêtres derrière nous. Merci de votre précieuse présence ! Un petit groupe se forme autour d’Arnaud Rivière où se trouve aussi Léonard Templer. Un autre groupe se forme autour du ministre des Affaires étrangères Hervé de la Planque. Quelques astronautes-spationautes viennent rejoindre d’autres groupes et les discussions reprennent sur de nombreux détails du programme « Mars Pneuma » ainsi que sur le voyage imminent à Houston, et aussi la sélection des prochains spationautes.
Arnaud Rivière précise :
- Vous savez très bien qu’il ne nous est pas possible de vous choisir tous et que la commission de la NSEA a déjà fait son choix en collaboration avec nos partenaires. Ce n’est pas un choix dans la course aux réelles compétences de chacun, car chacun de vous est engagé pour l’aspect exceptionnel de votre caractère selon les tests psychologiques que vous avez accepté de subir et ce sont ces tests qui ont déterminé les noms des quatre spationautes potentiels de notre organisation européenne. Vous savez qu’en ce qui concerne les compétences acquises, celles-ci sont absolument communes à vous tous, c’est ce qui donne le caractère exceptionnel à votre état de spationautes potentiels. Nombreux sont ceux qui se préparaient pendant des années – dix, quinze, vingt ans et qui se sont vus un jour dirigés vers d’autres responsabilités car les places pour aller dans l’espace sont très restreintes et sujettes à des critères comme l’âge. Parmi les quatre d’entre-vous seuls deux prendront place à bord d’un vaisseau spatial. Malgré cela, vous avez tous séjourné dans l’espace qui vous grise tant. Chacun de vous a effectué un ou plusieurs vols à destination des six stations en orbite à plus de 350 km d’altitude, bien que le terme altitude ne soit plus adéquat dans cette dimension comme nous le savons. (Spacelab, MIR,ISS,ISE,IRS,IBS). Une dizaine de spationautes potentiels de l’OSE pour des missions futures seront réunis à Kourou dès la semaine prochaine pour la poursuite des cours et des entraînements spécifiques que vous connaissez. Cela ne veut pas dire que tous partiront sur les deux prochains vaisseaux, non ils seront là dans le cadre des entraînements habituels, pour toute éventuelle mission à accomplir dans le temps ou l’urgence. Tout ceci pour dire que, d’Europe, de France, seuls deux des quatre candidats partiront selon des critères draconiens comme par exemple, être célibataire, ou sans attache, ou sans famille, pour vivre une longue, très longue séparation.
William Lorren l’astronaute anglais précise :
- En fait il est inutile de discuter des places, les dix spationautes potentiels vont trinquer avec ceux qui sont déjà sur le départ sans savoir qui partira concrètement.
Les discussions sont prenantes et les astronautes essaient de satisfaire tous ceux qui leur posent des questions qui seront répercutées dans la presse. Les astronautes spationautes revêtus de leur combinaison bleue discutent dans une bonne ambiance, entre eux, mais déjà des journalistes et des passionnés viennent leur poser leurs inévitables questions :
- Vous croyez que vous aurez des menus sur Mars comme ceux qui sont sur ces tables là ?
Hans Gotten spationaute allemand répond :
- Bien sûr, même meilleurs, dès que la cuisinière à gaz sera installée on pourra faire mijoter des petits plats !
- Et qui est bon cuisinier parmi ceux qui partent ? Demande quelqu’un et Marc Peyratener l’un des spationautes français répond :
- Cuisinière à gaz, ce n’est pas vraiment prévu et il semble que de bons cuisiniers, on n’en a malheureusement pas, tant pis nous lirons les instructions sur les emballages, faudra mélanger les poudres avec de l’eau.
Un autre spationaute français, Stéphane Viardeau reprend :
- Ouais de l’eau, si on pouvait en trouver de l’eau sur Mars, ça serait bien, bof en attendant on aura l’eau des citernes.
Un journaliste demande incidemment :
- Dans votre programme des 30 mois et 20 jours ou des 930 jours, pendant lesquels vous resterez sur Mars, parmi vos missions, vous aurez celle de rechercher de l’eau, n’est ce pas ?
Et Stéphane répond :
- Vous avez raison jeune homme, et c’est une des missions principales de notre véhicule à six roues, que nous appelons simplement le six roues ou le « S-6 ». Une des missions parmi beaucoup d’autres prospections sera bien entendu d’essayer de trouver de l’eau et si possible en grande quantité.
Le journaliste veut en savoir plus :
- Pourquoi en grande quantité, un peu pour vous laver, faire la lessive, la vaisselle et peut être pour boire – vous n’aurez pas besoin de grandes quantités !
Un autre reprend :
- Et pourquoi pas en grande quantité, moi ça me plairait, on pourrait remplir une grande piscine et se baigner aux heures de petite chaleur, vous savez que la température ne monte que très rarement au-dessus de 10° en été, c’est plutôt 5° que 10°, on pourrait de toute façon se baigner dans une eau à température dirigée, sous un habitacle gonflé et très peu transparent à cause des radiations cosmiques !
Le journaliste ajoute :
- Et comment allez-vous vous protéger des ces rayons solaires ou cosmiques meurtriers ?
Marc Peyratener donne quelques explications :
- Toutes les précautions sont prises, les matériaux qui couvrent les espaces de vie sont des matériaux très spéciaux, ils ont la capacité de gérer des températures acceptables à l’intérieur des tunnels opaques des espaces vie et aussi de refouler la chaleur inutile par réverbération contrôlée – c’est un ordinateur qui gère, nous on contrôle le bon fonctionnement de l’ordi.
Le journaliste :
- Et si l’ordi tombe en panne ?
- Vous en avez de bonnes questions, et bien on le remplace !
Un homme du petit groupe croit deviner la situation, il s’exclame en hochant la tête :
- Faudra faire vite ! Et Marc reprend :
- Et ouais, remarquez ça sera encore pire la nuit en période de très grand froid, vous savez ça va très vite sur Mars, on passe d’une minute à l’autre d’une température déjà froide pour les humains, à un froid intense de moins 80°C, un froid à congeler sur place. Moins 120°C en hivers. Heureusement tout est prévu par nos spécialistes ici sur notre bonne vieille Terre. Si vous voulez tout est modulé selon des normes prédéterminées avec un système de thermostats sophistiqués.
L’homme remplace le journaliste dans ses questions :
- Et comment connaissez-vous d’avance ces normes ?
Stéphane Viardeau reprend la conversation :
- Oh simplement par les sondes spatiales que nous avons posées sur Mars auparavant et qui avaient tout enregistré sur des périodes de quatre ans et plus, à des périodes différentes. Par rapport à l’endroit géographique où les relevés ont été faits, soit dit entre parenthèses, ces endroits sont précisément ceux que nos spécialistes ont choisis pour notre séjour, ça tombe bien n’est ce pas ?
Le journaliste reprend le fil de sa pensée :
- Cela tombe bien en effet, et pour l’eau, vous n’allez pas trouver de l’eau tout de suite derrière un caillou ?
Un autre spationaute, entraîné, prêt à partir répond :
- Comme mon ami vous l’a expliqué tout à l’heure, notre véhicule le « six roues S-6 » est équipé de panneaux solaires ainsi que de batteries, ce véhicule aura la faculté de nous emmener jusqu’à l’un des pôles de Mars si on le décidait où il a été déterminé qu’il y a justement énormément d’eau sous forme de glace. Vous savez les pôles nord et sud de Mars sont de très épaisses calottes de glace, reste à savoir, quels sont les ingrédients chimiques qui rendent cette eau impropre à la consommation directe ou le raisonnement poussé un peu plus loin, impropre au développement d’une forme de vie, ou à sa consommation…
Le journaliste avance un autre aspect des questions que son public se pose :
- Dans la presse internationale, on peut souvent lire que la vie a existé sur Mars, allez-vous la rechercher ?
Stéphane explique ce qu’il a retenu de ses cours maintes fois revus :
- Des bactéries ont été localisées sur Mars et les spécialistes américains, européens français, allemands finlandais, russes et britanniques sont persuadés que des extrêmophiles y pilullent au moins depuis deux milliards d’années terrestres. Ces extrêmophiles n’ont pas eu l’opportunité de prendre une autre forme de développement, nous espérons y trouver des formes de vie plus développées que de simples bactéries ou des bestioles qui se contentent de vivre dans des conditions extrêmes. Mais rien n’est sûr.
Le journaliste :
- Pensez-vous que si l’eau est présente aux pôles de Mars, il y aura une possibilité de la capter et de l’utiliser ?
Un des spationautes de réserve reprend
- Bien entendu, nous capterons cette eau, la difficulté sera l’acheminement vers le site où la vie s’organisera.
Le journaliste perdure dans ses questions :
- Et par quel moyen, les températures extrêmes feront tout pour vous en empêcher ?
Et Marc lui répond :
- Ma foi, vous avez raison. D’abord nous prendrons de petites quantités de quelques centaines de litres dans des bidons, ces bidons il faudra les protéger des très grands froids qui les feraient éclater et glacer l’eau à l’extrême. Comme vous pouvez l’imaginer, il faudra penser à tout, à chaque instant, à chacun de nos mouvements. Il faudra penser constamment « comment nous habiller » comme disent les nanas… quel scaphandre prendre, quelle protection choisir pour le véhicule, où placer les bidons de glace… Une fois revenus à la base, il faudra faire fondre la glace en la plaçant en température dirigée dans des récipients prévus à cet effet, et à l’état liquide en synthétiser les composants, les séparer les uns des autres ; ça on sait faire, c’est la technologie des Russes. Dès qu’on aura réussi cette étape primordiale, nous pourrons utiliser l’eau de la planète Mars et nous n’aurons plus besoin d’emporter du poids supplémentaire à bord de nos vaisseaux de ravitaillement en provenance de notre chère Terre.

En fin d’après midi tout le monde se disperse, chacun rentre chez soi. Léonard Templer donne rendez-vous à l’aéroport de Roissy CDG aux spationautes ainsi qu’aux concepteurs de tous acabits en science et en ingénierie, qui feront le voyage de Houston avec lui. Dans une semaine Léo les accompagnera jusqu’à Houston. Deux Français, Stéphane Viardeau et Marc Peyratener, un Allemand Hans Gotten, et un Anglais William Lorren représentent avec de nombreux autres collègues, l’organisation spatiale européenne de Fontainebleau de la NSEA. Chaque membre en plus des entraînements physiques, psychologiques et les cours des professeurs, physiciens et chimistes dont il doit assimiler les sujets et les loger dans les profondeurs de sa conscience logique et mémorielle, a aussi une spécialisation qu’il a choisie. Tous les spationautes ont une culture mathématico-astrophysique à laquelle s’ajoutent d’autres connaissances. Hans Gotten sur les traces de Freud et de Young aura une mission spéciale, celle de l’analyse psychanalytique du comportement du groupe. Stéphane Viardeau aura une responsabilité orientée vers l’agronomie. William Lorren, une responsabilité de chimiste et Marc Peyratener une responsabilité en mécanique et physique, s’ils sont choisis. Les Américains et les Russes ont les leurs.

Le 14 août 2013 à Stuttgart. A Stuttgart, le 14 août 2013, c’est « journée portes ouvertes à la « Deutsche Spacien Konstrukzion Gesselshaft ». Quelques journalistes et autres curieux sont allés visiter en se tenant au-delà d’une corde de protection rouge, les quatre modules d’habitation tout neufs, pour établir le quartier général et le logement des cosmonautes sur la planète Mars. Les modules se trouvent dans un grand hangar de la compagnie « Deutsche Spacien Konstrukzion Gesselshaft » dans les environs de Stuttgart. Un des accompagnateurs de l’usine explique :
- Ces quatre modules serviront d’abord de containers pour du matériel et de l’approvisionnement alimentaire pendant leur transfert sur Mars, car bien que pliés en trois il faudra utiliser le volume restant. Ces quatre modules seront livrés à l’aéroport de Stuttgart, dans trois ou quatre semaines par convoi exceptionnel, car avec leur emballage ils débordent en largeur sur la route. Ils seront chargés à bord d’un avion cargo Antonov-124 russe qui les débarquera sur le site aménagé de Kourou, le jour même de leur départ, c’est à dire le 20 septembre, le mois prochain. A Kourou, ils seront reconditionnés pour leur amarrage respectif, mais deux par deux, sur des lanceurs-fusées « EN » russes, pour les vols VREN-3 et VREN-4 de la NSEA. Le lancement vers Mars est prévu dans un peu plus d’un mois, le 2 octobre 2013 pour le premier et le 6 octobre 2013 pour le deuxième. Ces lancements seront effectués depuis la base de Kourou de la Guyane française.
Quelqu’un parmi les visiteurs intervient :
- Mais ces modules d’habitation qui serviront de containers lors de leur envoi sur Mars, ils prendront vraiment beaucoup de place dans les vaisseaux !
L’accompagnateur de l’organisation lui répond :
- S’ils prendront beaucoup de volume, en revanchent ils pèseront moins lourds en poids payant, mais là n’est pas le problème car les calculs réalisés par les ordinateurs nous obligent pratiquement à respecter le poids de chaque élément des lanceurs-fusées. Je veux dire par là, que si les modules prennent énormément de volume, nous sommes obligés de les charger avec des masses correspondantes aux évaluations, un peu moins peut-être, mais en aucun cas, plus. Autrement dit, l’espace vide sera comblé de provisions et de matériels – aucun volume ne sera perdu. Encore une fois, aucune surcharge n’est tolérée et rassurez-vous, toute les consignes sont suivies scrupuleusement. Tous ceux qui travaillent à la NSEA et au sein des autres organisations spatiales connexes sont motivés comme s’il s’agissait d’écarter du moindre danger leur propre vie. A nous tous réunis, Américains, Russes, Britanniques et Européens, notre intrépide aventure spatiale avec nos 16 vaisseaux sera la première d’une série d’expéditions, avec de nouvelles aventures. Nous préparons déjà les missions futures. Dans ce nouveau programme, notre organisation conjointe la NSEA prévoit vingt deux nouveaux vaisseaux spatiaux pour les vingt ans qui viennent et comme pour le programme « Mars Pneuma » chaque vaisseau aura son utilité par la charge qu’il transportera. Certains de ces vaisseaux atterriront sur le sol de Mars et d’autres, comme dans notre programme actuel, resteront en basse orbite de Mars 18 mois avant le retour sur Terre. Il faudra les surveiller en permanence pour leur donner les impulsions nécessaires pour qu’ils restent exactement sur l’orbite prévue.
Un jeune homme à lunettes demande :
- Quel genre de marchandise peut-on charger dans ces containers ?
- Absolument toutes sortes de marchandises à conditions qu’elles soient correctement emballées selon les normes d’emballage des marchandises dangereuses comme celles de l’IATA comme pour les avions de ligne. Pour ce qui concerne les marchandises comportant un certain risque, des précautions supplémentaires adéquates sont prises. Vous savez bien que des marchandises très dangereuses, dans nos fusées – il n’y a que cela, mais tout est évalué à la juste nécessité prévue et calculée d’avance. Il est impensable de ne pas embarquer de grandes quantités d’ergols, d’hydrogène, d’oxygène et aussi du xénon, gaz nouvellement utilisé pour la poursuite de nos missions spatiales, nous en reparlerons plus tard, sans parler de toutes les autres quantités de produits chimiques, absolument nécessaires à la poursuite de notre programme « Mars Pneuma » – comme des explosifs ou de l’eau en réserve avant d’en trouver sur Mars. Car pour l’eau de Mars, il faudra la débarrasser de tout ce qui pourrait nuire à l’organisme humain, bien entendu. Les containers emportent également, dans des emballages spéciaux du lait en poudre, des corn flakes, des purées de pommes de terre, des légumes déshydratés, des desserts…
Le même jeune ose une autre question :
- Vous n’avez pas mentionné des denrées comme la viande, le poisson !
- De la viande et du poisson sont embarqués normalement, mais nous avons une charte d’entente avec les Etats Unis et les pays du Commonwealth, ces produits, même salés sont conditionnés en conserves ou déshydratés ne comportent pas de viande de cheval ni du lapin ni autre extravagance.
- Dans les produits déshydratés en sachets, je suppose qu’il y a aussi des œufs. Emportent-ils du vin ?
- Tout à fait, cela fait partie de tout ce que les spationautes emportent avec eux et qu’ils auront sur place, sur la nouvelle planète qu’ils fouleront bientôt. D’ailleurs la plupart des produits de consommation seront déjà sur place sur le site d’atterrissage, dans les deux premiers vaisseaux que nous allons envoyer en premiers. Bien sûr qu’il y aura du vin, mais pas de bière ni de vin mousseux. Si vous voyiez les emballages, ça vous ferait rire. Ce n’est pas du verre ! Nous avons très bien évalué les quantité, si les spationautes additionnés des cosmonautes et des astronautes sont huit, comptez vous-même: une bouteille de vin par personne, non pas par jour, quoique cela se pourrait, hé, hé, hé, non mais une par semaine – sur trente mois cela fait : 30×4=120×8=960 bouteilles, on en a rajouté 40 pour faire un compte rond pour ceux qui pourraient avoir le moral en berne, cela fait donc 960 bouteilles de 75cl ; total 720kg et non pas 960kg, c’est tout à fait raisonnable.
- Mais monsieur, cela fait du poids en surplus !
- Oui, mais c’est nécessaire !
- Vous rendez-vous compte ? Les spationautes embarqueront 960 kg de vin, dites-vous, en plus de tout ce qui est indispensable…ça coûte cher en carburant et c’est nous qu’on paye !
- Ah, si ça coûte si cher, personne n’ira sur Mars, comprenez-vous monsieur, vous n’iriez pas vous non plus ! Et puis ce n’est pas 960 kg comme vous dites que nous emmènerons, mais plutôt une tonne que nous emmènerons ! De toute façon, le vin est déjà sur place. Rassurez-vous, le vin est en poudre, seul l’alcool est réel et les quantités en sont minimes, le poids est insignifiant. Par ailleurs, ceux qui boivent moins ou pas du tout de vin, boiront de l’eau ou de l’orangeade à la place, et le reste de vin, et bé il reste en attente. Le vin une fois dilué dans sa poudre se conserve très bien, comme sur Terre. Quant aux œufs, vous vous doutez bien que ce sont des œufs en poudre, mais vous savez les « marsonautes » ont été formés à se débrouiller dans les pires situations et ils sont très bons cuisiniers malgré ce qu’ils disent.
- Du vin, ce n’est pas un peu contraire au mœurs puritaines des Américains ?
- D’abord cela n’engage que vous monsieur de vouloir essayer de fixer une morale et puis, les quantités ne sont pas énormes. De plus le corps médical des quatre communautés dont nous faisons tous partie, préfère que nos spationautes, cosmonautes, astronautes boivent du vin qui leur fera circuler le sang et équilibrera les globules, plutôt que de prendre des médicaments type somnifères ou antidépresseurs qui leur feront maigrir les chairs et décalcifier les os. Mieux vaudra pour eux qu’ils chantassent plutôt qu’ils ne s’adonnassent à une mortelle dépression. Par ailleurs, c’est une opinion personnelle de votre part que de dire que les Américains sont puritains…
Une journaliste au milieu d’un autre petit groupe qui grignote des canapés, chacun avec un verre de Riesling à la main demande à un des hommes vêtu d’une combinaison rouge carmin avec le sigle de la NSEA sur la poitrine :
- Les pires des situations seraient quoi ?
- Difficile d’en parler, puisque les spationautes partent avec un esprit de conquistadores et nous tous ici, n’envisageons aucune défaillance dans nos programmes. Si vous posiez la question à un spationaute, savez-vous ce qu’il vous répondrait madame, moi je peux vous le dire à leur place, parce que je les ai déjà entendus répondre à de telles interrogations, il vous dirait « j’ai plus confiance à bord de notre fusée ainsi que de vivre dans nos modules sur Mars, que de prendre le train et vivre dans une maison de la petite banlieue ». Voilà ce qu’il vous dirait tellement ils se sentent tous en sécurité. Mais évitez de leur poser de telles questions qui ne peuvent être que négatives pour leur moral.

Journalistes et curieux se dispersent en fin d’après midi. Les sites européens d’assemblage de parties de fusées ainsi que de pièces diverses de moteurs divers ou tels que les modules d’habitation et autres prévues pour le programme « Mars Pneuma » sont nombreux et ces pièces sont rapidement acheminées soit à Baïkonour, soit à Houston. La coopération entre tous les pays concernés de la NSEA est réelle et efficace. Lorsqu’on traverse l’Europe et c’est pareil aux Etats Unis, en train ou en voiture, on voit bien des endroits étranges clôturés de hautes barrières avec des fils barbelés recourbés sur la partie haute, tout au long de plusieurs kilomètres – avec des petits panneaux blancs cadrés de rouge, du plus laconique au plus énigmatique : « Défense d’entrer, propriété privée » « Interdiction de pénétrer, zone électrifiée » ou « Zone protégée – haut voltage » ou « Toute personne non autorisée interdite sur le site » ou « Pénétrer dans cette zone est à vos risques et périls », avec des signes en « ZZZ » non équivoques. Depuis longtemps des sociétés, des compagnies et des entreprises travaillent dans le domaine de l’aérospatial sans faire de remous autour de leurs activités – tranquilles, sereines et déterminées. Les personnels ne se plaignent jamais. Si à l’extérieur, on leur demande : « Es-tu bien rémunéré ? » la réponse reste telle qu’on peut se l’imaginer : « comme ci, comme ça…». Il semble que pour ces gens-là, il est inutile de revendiquer, de manifester ou de se mettre en grève, car la situation est loin d’être dramatique sans être non plus, mirobolante. Tout va à peu près bien, et les buts sont toujours atteints sans attirer l’attention sur personne au sein de ces organisations productrices qui font tout par elles-mêmes. Seuls quelques composants bien spécifiques sont fabriqués en Chine. Les panneaux recourbés en alliage léger à l’épreuve des plus hautes températures des fusées, les coques de carrosserie, les tuyères des réacteurs, les systèmes de circuits électroniques top secrets, les peintures légères contre toute oxydation et le feu des très hautes températures, ainsi que les tuyauteries en alliages inox spéciaux pour le carburant et les expulsions des gaz à très haute température atteignant plus de 2000°C – tout cela ne peut être confié à l’étranger pour un tas de raisons compréhensibles. La fabrication se fait aux Etats Unis, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie et en Russie, mais pas autre part. Pour le savoir-faire mis en commun entre tous les pays membres du projet « Mars Pneuma » les réalisations ingénieuses sont très nombreuses. Europe, Russie, Commonwealth, Etats-Unis d’Amérique forment une communauté spécifique pour un intérêt que ces états ont décidé de partager pour l’avenir de l’humanité. Il y a de cela quelques décennies, l’Union soviétique et les Etats Unis d’Amérique entretenaient ce qu’on appelait « la guerre froide ». Cette « guerre froide s’étendait à l’Europe, et au Commonwealth également. En Europe la situation avait dégénéré sur la construction du mur de Berlin à la fin des années cinquante et les tensions étaient ressenties dans tous les pays d’Europe occidentale, des Etats Unis et de l’URSS. Le Pacte de Varsovie faisait face à l’OTAN, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Ces organisations étaient devenues de grosses administrations stratégiques militaires entre l’Est et l’Ouest. N’oublions pas que dans sa philosophie politique expansionniste, le marxisme qui a généré le soi-disant socialisme menant au communisme, devait envahir toute la planète de son idéologie. Certains savaient dès le début de l’hégémonie déterminée par des leaders dictatoriaux, que les « bons sentiments envers les peuples » allaient mal tourner. Certains prenaient leurs affirmations à la lettre et bénéficiaient de quelques privilèges, d’autres n’y adhéraient pas par simple manque de confiance, seuls quelques intellectuels avaient compris par leur raisonnement équilibré, que tout allait un jour ou l’autre contrer la Révolution par une volte-face. Cette volte-face a bien pris en considération certaines libertés, mais méprisait tout simplement le sens de la liberté réelle, celle de l’expression et des idées contradictoires, pour ne déboucher que sur l’éternel profit personnel, jamais avoué. Comme dit le vétérinaire qui soigne nos animaux de compagnie, que nous considérons comme membres de notre famille, s’exclame Léonard Templer : « Le capitalisme exploite l’homme par l’homme et le communisme, c’est le contraire ! ». Devant tant de dommage imposé à l’idéologie humaine et à la vie en société et ce depuis les Grecs et les Romains, des groupes émanant de tous les anciens belligérants d’entre les peuples, se sont créés. Ces personnes depuis la dernière guerre se réunissent, presque en secret. Leur idéologie pour la vie future s’est enrichie d’abord de l’écologie pour notre planète la Terre, pour sa sauvegarde en remédiant à tous les problèmes liés à la santé des êtres humains, à la dépollution de la terre et de l’atmosphère. Il faut tout faire pour contribuer à l’embellissement de l’environnement et une production de richesses raisonnée. Quant à explorer d’autres possibilités… seule restait l’exploration spatiale. Les spécialistes en odyssées spatiales ne manquent jamais d’expliquer les raisons qui les font croire dans leur persévérance des buts qu’ils se sont établis.

20 août 2013 Conférence de Houston. Le 20 août 2013. Un Boeing B-777 de Delta Air Lines emmène les quatre spationautes à Houston. Debout dans le hall des départs du terminal 2C de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, Léonard est le premier arrivé. Il est là depuis sept heures trente du matin. Sa femme l’a réveillé à cinq heures en même temps que sonnait le réveil. Après sa douche, Léo a pris tout son temps pour le petit déjeuner. A six heures quinze il embrasse Béatrice et descend en bas de son immeuble de la rue du Fer à Moulin à Paris. Il s’apprête à se rendre à pied avec sa valise à roulettes tirée de la main gauche avec sa mallette de commandant en cuir noir posée dessus, en direction de la Gare d’Austerlitz. Il ne se donnera pas la peine de parcourir les 450 mètres qui le séparent de la station de taxis de la gare, car après quelques pas seulement, il voit arriver un taxi avec l’ampoule verte allumée sur le toit. Il le hèle en levant le bras droit. Il profite de son bras levé pour faire un signe d’au revoir à Béatrice qui le regarde partir par la fenêtre de son quatrième étage. Le taxi l’emmène directement à travers les petites rues du cinquième arrondissement, le long du Jardin des Plantes, longe le Pont Saint Michel, le boulevard Sébastopol, l’avenue Magenta, sans s’arrêter aux feux qui tous sont au vert, puis l’autoroute A1 jusqu’à Roissy CDG terminal 2C, en à peine quarante minutes. Tôt le matin la circulation dans Paris et sa proche banlieue est tellement paisible qu’elle en est agréable. La musique de fond de Radio Luxembourg diffuse « Paris s’éveille » avant les divers commentaires et le journal du matin et déjà Léo doit payer le chauffeur ; quarante euros tout de même ; aux « autres » ils prennent facilement plus de cinquante, embouteillages exigent, se dit-il… Au revoir monsieur, et Léo se dirige vers le grand hall du terminal en arc de cercle. Il déambule, regarde les panneaux. Il est vrai qu’il est encore un peu tôt, mais Léo a ses habitudes, jamais il ne se permettrait d’être en retard à un rendez-vous. D’être en retard, cela lui était déjà arrivé par le passé et pendant des années il ne pouvait se le pardonner. Il regarde vers les baies vitrées qui donnent sur les arrivées des voitures et des taxis et aussi en face, le terminal B, toujours rien, personne. C’est vrai qu’il est encore un peu tôt, répète t-il en lui-même tout en recevant une légère tape sur son épaule droite. Un grand jeune homme brun, cheveux courts, les yeux marrons, visage souriant lui fait tourner la tête, Léo lui demande sur le champ :
- Ah te voilà, bonjour, bonjour tu vas bien ? Et sans attendre de réponse, lui demande : « Stéphane, où sont les autres ? »
- J’en sais rien ! Lui répond Stéphane, puis il ajoute : « j’crois qu’ils sont partis picoler à la cafétéria. »
- Picoler quoi à la cafète, celle qui est là au bout à droite ? Y a rien à part du café et des croissants ?
- Oh mais ils sont un peu stressés je crois !
Réplique Stéphane.
- Ah mais pour picoler ils ne sont pas stressés et de bon matin en plus ! Répond Léo et Stéphane continue :
- Ils s’en foutent, surtout Hans et William ils adorent la bière, on ne va pas leur en vouloir pour ça non ?
- Non, pas vraiment, mais ils vont puer la vinasse dans le zinc ! S’exclame Léo. Stéphane lui répond :
- Mais non, Marc est avec eux et il leur a commandé aussi du café avec des croissants. Le vol de Delta est à 10h50, on a le temps. On embarque quand ?
Léo précise :
- Ah non pas à 10h50 tu confonds avec Miami, nous c’est à 10h15 on peut aller aux contrôle dès huit heures trente. Stéphane répond :
- Ouais mais tu sais comment ils sont, ils veulent en profiter, dans 27 mois on va planer dans l’espace, de la bière on n’en aura pas…
- Oui mais, il faut qu’ils soient en forme, tu te rends compte s’ils vous feront des analyses pendant vos tests ?
Stéphane continue :
- Oh non je ne crois pas, on y va pour les briefings, toujours les briefings. En octobre nous sommes attendus à Kourou pour voir partir les VREN-3 et VREN-4, après je sais que pour moi ça sera Houston pour voir partir les VUSA-5, VUSA-6. Nous n’irons pas à Baïkonour, les Russes n’auront pas besoin de nous pour le VREN-7, le VREN-8 et le VREN-9. Des voyages en perspectives, nous en aurons. Il faut nous comprendre d’abord ils disent : « On ne peut pas être certains à cent pour cent que vous décollerez un jour » et ensuite, nous on se dit, « Qu’on n’est pas vraiment certain qu’on sera un jour dans l’espace et en plus qu’on marchera sur Mars », c’est du délire. Moi je le prends comme ça hein, s’ils nous choisissent, on part, sinon on reste. J’y pense de temps en temps et je me dis, le retour de Mars, si j’étais choisi, sera le plus beau jour de la vie ! De pouvoir revenir ici chez nous, sur Terre aller danser avec les filles en boîte et tout ça tu vois, alors il faut en profiter tant qu’on est là !

Léonard ne se considère pas comme une espèce de commandant mais il est avec eux pour coordonner les choses, pour faciliter la vie des spationautes et il dit à Stéphane :
- Hé, mais tu parles comme La Palisse toi, « si on part, on part s’ils ne nous choisissent pas, on ne part pas ! » C’est du La Palisse pur et simple. Pour l’instant on a des missions à respecter. Il faut être sérieux quand on s’engage dans une telle responsabilité, on ne peut pas mettre en péril des années de travail des plus grands savants et le travail des hommes qui ont tout élaboré pour ce programme, nous sommes responsables devant eux ?
- Tiens, arrêtes Léo, les voilà ! Il est neuf heures, allez les gars, on y va. Embarquement dans une demi-heure et décollage dans une heure et quinze minutes.

Des flashes d’appareils photo numériques et classiques retentissent de tous les côtés, alors que la petite équipe était persuadée d’être dans une situation incognito, comme à l’habitude de la NSEA. Lorsque les hommes se trouvent devant les appareils photo ou les caméras, ce sont les journalistes qui posent quelques questions et quelques réponses suivent :
- On ne sait pas encore, qui de vous sera à bord dans deux ans et trois mois dans les vaisseaux pour Mars, vous savez quelque chose de votre côté ?
- Malheureusement non, nous ne pouvons rien vous dire parce que nous ne savons rien.
Hans a une idée qui le fait sourire :
- Ils vont nous tirer au sort !
- Ça sera long à bord ! Quelqu’un dit et Stéphane répond :
- Vous voulez dire, avant de monter dans l’avion, oui, ça sera long comme d’habitude.
- Oui mais, je veux dire pour le voyage vers Mars, vous supporterez ?
- Ne vous inquiétez pas pour nous, nous vous enverrons des nouvelles, mais d’ici là on a bien le temps et puis ce n’est pas du tout sûr que ce sera l’un de nous qui partira, vous savez c’est bizarre les décisions qui se prennent, parfois il nous semble qu’ils font des complications, que même nous autres, nous ne comprenons pas !

Après le contrôle des passeports, la police et la douane les cinq passagers de la NSEA européenne prennent tout de même chacun une bouteille de whisky dans la boutique Duty free et attendent encore une vingtaine de minutes dans le hall d’embarquement. Le chef d’escale de Delta Air Lines annonce : « Les passagers du vol DL-8314 à destination de Houston sont invités à embarquer à bord de notre Boeing 777-300. Le départ est prévu très précisément à dix heures et quinze minutes. La compagnie Delta Air Lines vous souhaitent un très bon voyage ! ». Embarquement terminé, les hôtesses passent dans les allées de l’avion spacieux et regardent bien que les ceintures soient attachées car malgré le panneau allumé « fasten your seat belt » bien nombreux sont les passagers qu’elles doivent rappeler à l’ordre comme à chaque vol, à croire qu’ils prennent l’avion pour la première fois, ce qui n’est jamais le cas. L’énorme B-777 aux réacteurs colossaux bouge, tourne, retourne, les réacteurs vrombissent par à coups avec ce léger sifflement qui indique bien qu’on est encore sur le tarmac. Tout à coup les freins sont lâchés et l’énorme tube ailé s’élance en accélérant sa vitesse pour s’élever en souplesse dans le ciel. A bord chacun est bien installé, les hôtesses passent encore et repassent dans les couloirs entre repas, thé, café, boissons, séances cinéma et commentaires du commandant de bord qui amusent les spationautes qui en verront bien d’autres dans moins de trois ans. A l’arrivée à Houston vers 14 heures, heure locale, les cinq hommes n’ont pas le temps d’aller s’amuser, un minibus de la NSEA vient les chercher et les emmène directement à la base spatiale. Léo et les quatre spationautes européens arrivent à quinze heures trente à leur hôtel. Ils sont logés comme d’habitude lorsqu’ils viennent ici, à l’hôtel « Flying Saucer ». Ils connaissent bien cet endroit et se sentent comme chez eux. Les cinq hommes ne semblent pas endurer le décalage horaire dans le sens Europe-USA et ils sont en forme. Le soir un dîner est servi, un petit briefing suit avec quelques collègues de la NSEA et le directeur du programme « Mars Pneuma » est venu leur souhaiter la bienvenue. Le lendemain matin du 21 août 2013, le réveil est laborieux même pour des spationautes qui ont l’habitude des décalages horaires, d’une vie en dehors du temps terrestre qu’ils subissent pendant les entraînements, dans l’obscurité ou à la lueur des lumières artificielles sous les montagnes de Bons-en-Châblais. Le rendez-vous pour tous, est fixé à la base dans la grande salle de réunion. Aux spationautes européens, se joignent d’autres hommes et deux femmes – tous entre trente cinq et quarante deux ans, ni moins, ni plus. La rencontre se fait dans un semblant désordre qui en fait n’en est pas un, sur le sol uniformément bétonné devant l’immeuble principal de la base. Dans cet immeuble sont renfermées les bases de données et douze salles de commandement, chacune regroupant une centaine de sièges agrémentés d’écrans plats, d’ordinateurs et de claviers. Une espèce de tableau de bord au-dessus des claviers fait clignoter plusieurs diodes avec des codes à rentrer dans les systèmes. A l’arrière des salles d’opérations se trouvent des niches vitrées où viennent commenter en direct des reporters de télévision et de radio, toutes les manœuvres extraordinaires qui se font dans l’espace proche ou très lointain. La plupart du temps, chacune des salles dirige les opérations d’une mission précise. Les salles opérationnelles en relation avec les satellites spatiaux non habités comme les sondes spatiales, météorologiques, géographiques, militaires d’observation et les télescopes spatiaux se trouvent dans deux autres bâtiments parallèles au bâtiment principal. Dans l’immeuble du quartier général de la NSEA sont regroupées les salles opérationnelles en relation avec les vols habités et c’est devant ce bâtiment qu’on se rassemble d’abord pour se saluer et discuter un peu avant de pénétrer dans la grande salle de conférence.

à suivre prochainement !




Lys Editions Amatteis

16092017

http://www.culture-et-traditions.fr/663-lys-%C3%A9ditions-amatt%C3%A9is

Très grande collection de livres des régions de l’Ile de France
villes, villages, cartes postales anciennes, intercalaires, marque-pages, affiches, banderoles – Spécialiste d’événements régionaux de toutes catégories sportive, conviviale, repas d’anciens, festivités, manifestations diverses dans les villes et les villages. Vidéo et photos d’événements.




CASSINI la sonde étonnante

15092017

CASSINI dans le programme Cassini-Huygens de la NASA a effectué une mission riche à tous les points de vue. Le mieux est bien entendu se reporter aux informations de la NASA et l’ESA. En regardant les chiffres défiler juste à deux heures avant l’impact inévitable sur la planète essentiellement composée d’hydrogène liquide, on a de la peine de voir une telle richesse d’ingéniosité humaine s’anéantir, mais Cassini a beaucoup ouvré pour la science et la recherche spatiale. On ne peut s’empêcher de réfléchir sur les données à chaque dixième, centième de seconde affichées par l’ordinateur du programme mis à disposition on monde entier et s’apercevoir que la sonde était tout à l’heure au tiers de la distance Terre-Lune environ 120,000km du lieu de son impact qui surviendra dans une heure et cinquante minute. Sur le compteur de la NASA figurent deux données concernant la vitesse de déplacement de la sonde. L’une par rapport à Saturne et l’autre par rapport à notre Terre et cela pour que les choses soient plus claires dans notre esprit. « Velocity » la vitesse s’accélère continuellement, de plus en plus élevée – alors on pourrait aussi se poser la question: Puisque les conditions sont complètement différentes déjà d’une planète à l’autre, rien que notre Système solaire, ces mêmes données sont encore plus flagrantes d’un système stellaire à l’autre – dans notre galaxie de la Voie lactée et complètement différentes d’une galaxie à l’autre. Dans la théorie des Cordes, c’est une évidence et tout à fait aussi dans la théorie MOND MORDEHAI MILGROM. Si de telles disparités sont flagrantes d’une planète à l’autre et encore plus d’un système stellaire à l’autre, d’une galaxie à l’autre, d’un superamas galactique à l’autre et pourquoi pas d’un univers à l’autre. Dans tous les univers dotés du plus grand trou noir, ces univers se créent à partir d’un moins que rien et s’anéantissent dans des dimensions exorbitantes. Les rayonnements et les ondes quant à elles subsistent dans des espaces inter-universels.




Astronomes donnez des précisions sur la planète X

10092017

Elle est au delà de la « Ceinture de Kuiper » dans le « Nuage d’Oort » à environ douze à treize UA, on soupçonnait son existence depuis un certain temps, car cette « Neuvième planète » qui prend la place de Pluton qui n’en demeure pas moins planète mais naine, sans avoir encore été débusquée influe sur tout son entourage lointain. Elle influence les objets célestes autour d’elle. Les astronomes ont découvert les orbites que font ces corps au confins de notre système solaire conventionnel, comme des ellipses très inclinées par rapport à l’écliptique de notre plan système stellaire autour du Soleil. Cette grosse planète encore non identifiée prend peu à peu la place de Pluton. Pluton semble perturbée, comme Charon et les autres qui sont toutes influencées par cette grande planète dont la taille doit dépasser celle de notre Terre puisqu’on avance des chiffres d’au moins 1,4 à 1,8 fois notre planète. Pluton est donc toujours dans le système solaire, mais avec d’autres elles sont influencées par une très grosses masse qui leur fait faire des orbites sur un autre plan que celui du système solaire. Pluton demeure dans notre système comme Eris, Charon, Makémaké. Ce sont des planètes un peu exotiques et qualifiées de « planètes naines ». La « Ceinture de Kuiper » juste avant le Nuage d’Oort comprend un certain nombre de planètes naines dont le diamètre maximum ne dépasse pas celui de Pluton qui est de 2326km. « Cérès quant à elle avec un diamètre de 1000 km fait la belle dans la « Ceinture d’astéroïdes » tout en étant aussi planète, mais naine également.
Wladimir

Bientôt sur vladi.unblog.fr « mysticisme »




FONTAINEBLEAU siège de la NSEA dans le roman SF

9092017

Disponible chez tous les distributeurs:

FONTAINEBLEAU, en Seine et Marne est un endroit secret extraordinaire pour la recherche et l’entrainement des astronautes dans le roman:  » NSEA Agence d’exploration spatiale des nations » – Fontainebleau est le siège de l’administration NSEA de France.

La France avec des villes comme Bons en Chablais, Kourou en Guyane détiennent une place primordiale dans ce roman de science fiction mondial ! Dans l’exploration spatiale.

N S E A Agence d’exploration spatiale des nations
Par Wladimir Vostrikov

Aventures et technologies avancées dans le domaine spatial international. Les pays qui ont développé des programmes spatiaux, ou qui contribuent aux lancements de fusées avec plusieurs étages, contenant les vaisseaux spatiaux et les réserves de comburant (carburant pour les lanceurs) font partie d’une organisation connue: la NSEA mais dont les activités demeurent secrètes pour la bonne marche des projets jusqu’à leur réalisation. Des équipes de chaque pays concerné collaborent pour la construction des infrastructures terrestres comme la nouvelle base de lancement aux techniques inédites à « Falaise Crevaux » avec une station géostationnaire au-dessus de la Guyane française, une région liée à la mémoire de l’aventurier Jules Crevaux ancien médecin des armées du dix-huitième siècle qui perdit la vie sur le fleuve Amazone…. Plus voir descriptif Edition lulu.

Voir la page Focus
Couverture souple, 430 Pages

Prix catalogue : 25,49 €
à l’occasion du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget juin 2017IMGP0115Ariane_5_liftoff_on_flight_VA222_small
Imprimé en 3 à 5 jours ouvrés




HAUTE SAVOIE

9092017

Disponible chez tous les distributeurs:

BONS EN CHABLAIS, en Haute Savoie est un endroit secret extraordinaire pour la recherche et l’entrainement des astronautes dans le roman:  » NSEA Agence d’exploration spatiale des nations »

La France avec des villes comme Bons en Chablais, Kourou en Guyane détiennent une place primordiale dans ce roman de science fiction mondial ! Dans l’exploration spatiale.

N S E A Agence d’exploration spatiale des nations
Par Wladimir Vostrikov

Aventures et technologies avancées dans le domaine spatial international. Les pays qui ont développé des programmes spatiaux, ou qui contribuent aux lancements de fusées avec plusieurs étages, contenant les vaisseaux spatiaux et les réserves de comburant (carburant pour les lanceurs) font partie d’une organisation connue: la NSEA mais dont les activités demeurent secrètes pour la bonne marche des projets jusqu’à leur réalisation. Des équipes de chaque pays concerné collaborent pour la construction des infrastructures terrestres comme la nouvelle base de lancement aux techniques inédites à « Falaise Crevaux » avec une station géostationnaire au-dessus de la Guyane française, une région liée à la mémoire de l’aventurier Jules Crevaux ancien médecin des armées du dix-huitième siècle qui perdit la vie sur le fleuve Amazone…. Plus voir descriptif Edition lulu.

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Sur l’oeil du cyclone – une bombe

8092017

A propos du désastre à Saint Barth et Saint Martin, un cyclone en provoque un autre et le tout se dirige sur les Etats-Unis, Miami, la Floride. Un avion volant à très haute altitude, ne pourrait-il pas déverser des cristaux ou lancer une bombe déflagrante sur l’œil du cyclone – cela était déjà envisagé. Contre grand désastre – grande initiative, mais faire en sorte qu’il n’y ait aucune nuisance pour les habitants. Il y a urgence à réagir, faire quelque chose.




РОССИЯ с городами как Плесецк, Москва, Звёздный городок плюс Байконур

5092017

Disponible chez tous les distributeurs:

РОССИЯ с городами как Плесецк, со сталицой Москва, Звёздный городок плюс Байконур в Казахстане на первом месте в этой повести которая описывает космические будующие миссий

A science-fiction novel where RUSSIA is among the main nations in space exploration !

N S E A Agence d’exploration spatiale des nations
Par Wladimir Vostrikov
ПОВЕСТЬ
http://vladi.unblog.fr/files/2016/12/3484537055-proton-photo-credit-roscosmos-2016.jpgFusée Proton
Aventures et technologies avancées dans le domaine spatial international. Les pays qui ont développé des programmes spatiaux, ou qui contribuent aux lancements de fusées avec plusieurs étages, contenant les vaisseaux spatiaux et les réserves de comburant (carburant pour les lanceurs) font partie d’une organisation connue: la NSEA mais dont les activités demeurent secrètes pour la bonne marche des projets jusqu’à leur réalisation. Des équipes de chaque pays concerné collaborent pour la construction des infrastructures terrestres comme la nouvelle base de lancement aux techniques inédites à « Falaise Crevaux » avec une station géostationnaire au-dessus de la Guyane française, une région liée à la mémoire de l’aventurier Jules Crevaux ancien médecin des armées du dix-huitième siècle qui perdit la vie sur le fleuve Amazone…. Plus voir descriptif Edition lulu.

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Prix catalogue : 25,49 €
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UNITED STATES with Houston, New-York, Boston are involved in NSEA novel

5092017

THIS IS A NOVEL, a SCIENCE FICTION NOVEL, involving the greatest Space industries in the world – guess what, UNITED STATES is the main country in this activity to try to discover exoplanets. Space developped countries are trying to do their best, but will they succed to reach such a planet, will they succed to build the cosmic lift. The answer is in the Lulu Editing book, title:

NSEA – Nations Space Exploration Agency

In English another novel at Createspace editing: THE VLADIKITE PROJECT

These novels are adequate for Hollywood filmakers, by the way.

IMAGES PHOTOS de l'appareil PENTAX 055
A science-fiction novel where USA is the main nation in space exploration !

N S E A Agence d’exploration spatiale des nations
Par Wladimir Vostrikov

Adventure and advanced technologies in international space activities.
Countries that developed space programs or have contributed to the launches of multistage rockets, with modules containing comburant fuel, plus space vessels and fuel reserve tanks with accessories for second, third and space vessel stages are actively participating in a well known organisation named NSEA, but whose activities remain secret until the final realization of a specific project. Every engaged country has appointed specially trained teams who cooperate in the building of heavy duty surface infrastructures for the new launch site with oversophisticated new technics at « Falaise Crevaux » in French Guyana and Houston. Above it a geostationary space station. An area linked to the memory of the French adventurer Jules Crevaux a former military army doctor in the eighteen century, who by the way, lost his life in the Amazon river area in Peru, eaten by savage wild tribes… more details in lulu description.

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Couverture souple, 430 Pages

Prix catalogue : 25,49 €
à l’occasion du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget juin 2017IMGP0115Ariane_5_liftoff_on_flight_VA222_small

printed in 3 to 5 days – special conditions for booksellers







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